N- du 19 mars
S. Les termes « majoritaire » et« minoritaire» avaient retrouvé au congrès de Bordeaux, en octobre 1917, quelque sens politique, après ravoir perdu devant la faiblesse de la majorité du parti socialiste unifié, imposant sa discipline, pratiquant Texclusion à sa prétendue droite; ne sachant faire respecter ni son règlement, ni ses décisions à sa soi-disant gauche; heureuse lorsqu'elle avait pu parveùir à satisfaire la minorité par un décevant dosage d'opinions contradictoires transformé en résolutions ; sacrifiant ainsi les idées Jus tes d'après elle, par peur de se voir séparée de ceux dont elle combattait les tendances; prête à capituler quand la minorité, peu à peu fortifiée par des concessions successives, lais-
3fO TROlSIEJifÈ PARJIB
sian pour les Bulgares Fameciait à louer M. Hervé; Intransigeant sur de prétendus pjrincipes pour son pays, il sut les plier au goût de nos ennemis. Après arvoir dit: n Tant que la Bulgarie n*aura pas obtenu satisfaction» qu'elle n'aura niMonastir où la majorité d'une population très composite est incontestablement bulgare, ni Kavala, elle demeurera boudeuse et demi-hostile », il osait ajou^ ter : <i( il ne s'agit pas ici de distributions arbitraires, d^annexions détestables, contre le vceu des populations »^ et « il laut que l'Angleterre, la France et la Russie, du dehors, tracent les conditions de l'entente et de la coopération » (u).
La où, comme pour Monastir, il parle de majorité, je constate qu'une appréciation personnelle, erronée d'ailleurs, paraît lui suffire ; je constate pour Kavala, ville « incontestablement » grecque, dont, contrairement à Monastir, il se borne à prononcer le nom en escomptant l'ignorance de ses lecteurs, son mépris de la majorité simple- ' ment escamotée ; il réclamait saps référendum l'annexion de Kavala, « annexion détestable, contre le voeu des populations » ; il allait jusqu'à la vouloir imposée du dehors, suivant le mot par lui-même souligné. Pourquoi donc Jean Longuet sut-il atténuer pour la Bulgarie ses exigences si rigoureuses pour la France?
Le Figaro estimait que « la Bulgaiie est Hen définitif vement revenue de ses erreurs. Personne n'y son^e plus
sait enti'evoir une possibilité de rébeUion ; et iriompbaiit àla fin' de capitulations qui la diminuaient moralement, &i <eiles conservaient inti'Cte l'apparence d'unité. Les majoritaires, récompensés de leurs faiblesses et devenus minorité au congrès d'i>ctpbre ij^i-S, à Paris, auront à prendre rinitia.tive de rompj^e avec ceux dosut ils firent la force, on à leur obéir sous peine d'exciu&ioB. a. U Humanité du 19 mai 1915.
' LA PRBMiftRE ANKÉB ^It
è une <;ollaboratk)a possible arec T Atitrîclie et la Tur- . quie » (i).
M. Clemenceau, en qui U France a enfin trouvé son Lloyd George (2), croyait à l'intervention « armée des forces bulgares du côté de la Triple Entente », savait sur la Bulgarie « que son roi autrichien ne pourrait jamais se lanœr contre la Russie » (3^, et jugeait possible l'union des peuples balkaniques (4).
Le Petit Parisien dont la direction compte plusieurs, parlementaires parmi lesquels l'un, membre de la commission des affaires extérieures du Sénat, devint accidentellement ministre d Etat, et un autre, diplomate de la carrière^ est vice-président de la commission des affaires extérieu?es de la Chambre, soutint toutes les thèses des Bulgares, « gens^raisonnables, modérés » (5), leur donna raison pour la Macédoine et pour leurs prétentions à avoir le plus fkit pendant la guerre contré les Turcs, quand ce dernier iûérit« revient à la Serbie : Andrinople fut prise grâce aux troupes et aux canons serbes. Il alla jusqu'à aiHrmer : « la Bulgarie veut employer son armée contre la Turquie seulement» (6), li réclama « la reconstitution loyale de la ligue de igia » (7), « la restauration de la ligue balkanique » (8)*