I. Le Temps du 11 avril 1917, bulletin
Le ministre bulgare en Grèce, devait-on apprendre plus tard, fut, le a3 septembre 1915, appelé par Ck)nstanlin q^ le chargeait d'abord d'une communication pour son souverain : c Je vous prie, lui dit-il, de déclarer à Sa Majesté que, dans votre action contre . la Serbie, vous n'aurez aucune opposition de notre côté b.
Constantin osait ensuite lui « demander le service » de faire au minisire des Affaires étrangères de Grèce, M. Veniselos, une déclaration mensongère. Il priait entin M. Passaroff « de lui faciliter la lutte pour se débarrasser sans bruit de M. Veniselos ». (Le Temps du 17 juillet 1918, 2* page, a* col.)
A la date de cette félonie royale, mon successeur avait sur sa propre habileté et sur les dispositions du roi des iUusions que je n'ai jamais partagées. De quel côté était la perspicacité nécessaire?
SSO QUATRIEME PARTIS
Que l*expëdition ait été mal comprise, mal aidée, insuffisante, ce n est pas douteux. Mais le principe de l'expédition était excellent ; mais on avait eu raison d'aller là- bas ; mais on eut raison d'y rester coûte que coûte, sous j)eiDe, en partant, de livrer aux Boches d'importantes bases sur la Méditerranée, de mettre en danger fe canal de Suez et l'Egypte (i).
Si, par suite de préparation défectueuse, nous n'avons pas, quand nous l'aurions pu, atteint Gonstantinople, nous avons du moins déjoué le plan germanique ; nous l'aurions, au contraire, favorisé par notre éloignément.
Le 29 octobre igiS, j'apprenais de très bonne source que le kaiser, anxieux de nous voir partir, avait envoyé à Athènes trois officiers chargés de s'entendre à* ce sujet avec le roi (2). C'était pendant les démarches de Briand
1. Si on ne l'a malheureusement pas assez- bien comprî» au début en Angleterre, on semble en avoir été depuis convsLiucu. Le chancelier de l'Echiquier, M. Bonar Law, disait, en effet, le 7 mars 1918 à la Chambre des communes : « L'installation des alliés en Grèce présente de sérieux avantages. Si ce pays était aux mains de l'ennemi et si celui-ci pouvait en utiliser les côtes comme bases de sous-marins,la Grande-Bretagne pourrait setroiiver dans l'impossibilité de maintenir ses communications » (Le Petit Parisien du 8 mars 1918, i" page, a* col.).
2, € Les journaux italiens, notamment le Mattino et la Stampa, rapportent qu'une mission militaire composée de quatre officiers allemands, venant de Sofia, est arrivée à Salonique où elle a été reçue parle consul d'Allemagne... Le 28 octobre, un torpilleur grec vint les prendre à Salonique pour les transporter au Pirée. Le consul d'Allemagne assistait au départ. Le correspondant du Mattino croit pouvoir assurer qu'il s'agit d'une mission spéciale allemande... Le journal italien dit que la censure grecque interdit de parler de cette mission, et ces détails ont été envoyés par la poste. L'Allemagne travaille fébrilement à Athènes dans des intentions faciles à deviner ». (Le Temps du 14 novembre 1916, a* page, 3' col.).
APRÂS MON DÉPART aSl
pour la iormation de son ministère, qui fut constitue le lendemain. Je cherchai, le jour môme, à le voir à la Chambre ; n'ayant pas réussi à causer soit avec lui, soit avec Vivian!, je m'adressai à Sembat. Je lui transmis mes renseignements et mon avis pressant de ne plus tarder" en Grèce à employer la « manière forte », la seule, lui répétai-je, pouvant être efficace avec le roi. <x. Je le^ crains », me répondit-il, et nous nous quittâmes sur ce mot.
• Les événements devaient démontrer combien mon opî» nîon était fondée. En dépit de toutes les illusions, on fut contraint d'avoir recours à cette manière; mais tFO]ï longtemps on le fît incomplètement, par intermittences, pour des cas limités. Seul cependant ce système permit d'obtenir quelque chose.
Que n'a-t-on pas essayé avant d*appliquer, même imparfaitement, la seule méthode pratique?