Le Temp» du aa décembre 1915, 4* page, a* col
2. a Dans les premiers jours d'octobre 191&, Constantin i" n'avait pas encore commis la série d'actes attentatoires à Tindépendance et à la constitution de la Grèce qui marquèrent les dix-huit mois
elle faites à la Bulgarie pour obtenir sa coopération contreles Turcs, étaient retirées.
Un cabinet Zaîmis comprenant les anciens présidents du conseil Theotoky, Gounaris, Dragoumis et Rhallys, c'est-à-dire bostile en presque totalité à la quadruple Entente, était constitué le 7 octobre. Ni la mobilisation bul« gare, ni la déclaration de guerre de l'Entente à la Bulgarie ne purent l'entraîner dans la'Toie du devoir, de l'honneur et, ajouterai-je, — ce qui est mieux compris d'htibitude par beaucoup, et peu de Grecs font sciemment exception — de Tintérêt. Attaqué par M. Veniselos à la Chambre, et battu, le 3 novembre, par 147 voix contre lI4^ M . Zaïmis donna sa démission.
Le roi se prononçant tout de suite pour la dissolution, pressa M. Zaïmis de Teffectuer,
M. Zaïmis, homme timoré, à scrupules intermittents,, voulait bien couvrir la funeste politique extérieure du roi, mais il jugea — ce en quoi, du reste, il avait tout à fait raison — que la dissolution étant cette fois une opération très irrégulière, il ne pouvait en assumer la responsabilité et il se retira définitivement.
Alors entra en scène un homme passant autrefois pour sympathique à l'Entente en général et à l'Angleterre en particulier, M. Skouloudis. Par haine envieuse de la
suivants. Mais tons ses actes étaient en germe dans la décision du 5 octobpe»,a écrit {Reçue de Paris du i" juin 1917, p. 671) M.Auguste Gauvain, un des rares publicistes ayant eu le très grand mérite, en matière de politique extérieure, d'échapper à la contagion des erreurs officielles et devoir presque toujours juste. Lorsqu'il s'est trompé, par exemple en pensant que M. Gounaris est devenu germanophile par la faute des alliés (p. 661), le défaut d'exactitude de ses renseignements, et non son jugement, parait «n être responsable.
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popularité de M . Veniselos qui Tayait cependant nommé commissaire de la Grèce lors de la. conférence de Londres, cet homme, comme M; Zographos, comme M. Rhallys, prit le parti du roi contre le droit. Il accepta de faire la politique extérieure flétrie par M, Veniselos et la politique intérieure devant laquelle reculait M. Zaïmis.
Le 7 novembre, son ministère était formé avec les quatre anciens présidents du conseil membres du cabinet précédent ; le Journal officiel du i«^ novembre publiait le décret de dissolution et fixait au 19 décembre les élections nouvelles.
Tels furent les événements au grand jour. Qu'y eut-îl dans les coulisses avant la chute de M. Veniselos due à ses déclarations du 4 octobre à la Chambre?
Voici ce que raconta, presque un an après, M. Antonopoulos dans le journal Eleutheros Tapos d'Athènes :
« Le a4 septembre igiS, c'est-à-dire deux jours avant Is^ mobilisation grecque, j'avais été chargé de sonder M. Veniselos, alors président du conseil, pour savoir si celui-ci serait disposé à s'entendre avec les empires centraux.
» J'assistai à un dîner où étaient également invités quatre anciens ministres, un aide de camp du roi Constantin et un officier supérieur réputé comme technicien ^t très bien vu à la cour. La conversation se porta sur la politique et, vers la fin de cette réunion, je fus prié de communiquer à M. Veniselos tout ce qui avait été dit en ma présence et qui pourrait se résumer ainsi :
» Si l'Allemagne garantit l'intégrité territoriale de la Grèce, son extension jusqu'à Durazzo, l'annexion de Doiran et de Guevgueli et le maintien de l'équilibre entre la Bulgarie et la Grèce, il s'ensuivra des conversations
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qui devront rester absolument secrètes. Si M.vVeniselos démissionne, le. pays s'exposerait à être considéré comme pratiquant une politique germanophile. M. Veniselos, seul, pourrait engager des négociations semblables et conclure éventuellement un accord sans que la Grèce ait à se heurter à l'Entente.
» En échange, la Grèce promettrait d'observer la plus stricte neutralité et M. Veniselos, devenu le ministre du roi Constantin et persona grata du kaiser, serait, pour ainsi dire, saci^é, une sorte de président du conseil à perpétuité.
» Je me rendis, le lendemain, chez M. Veniselos et lui fis part de ma mission.
» Je ne peux pas devenir l'ouvrier d'une politique que je condamne, répondit le grand homme d'Etat. Les labeurs des rois et des empereurs me laissent indifférent, et je ne tiens pas à mon portefeuille de ministre » (i).
Quelques jours à peine avant la dissolution, la Franceavait accordé à la Grèce une nouvelle avance de plusieurs millions et une grande quantité de blé, ce dont se félicitait M. Dragoumis (2).
Au moment de la dissolution, mon successeur certifia à un rédacteur de la Nea Himera, feuille hoche, envoyé peut-être auprès de lui en reconnaissance, que « ni la France, ni les puissances alliées ne se mêlent de la politique intérieure de la Grèce » (3). Rassurés, le roi et ses valets n'avaient pas à se gêner. Mais l'Entente, par son abstention, fit preuve de la plus condamnable faiblesse.
Le but de mon rappel avait été de satisfaire le roi, et
I. Le Temps du la septembre 1916, a* page, a* col. a. Le Temps du 11 novembre 1915, a* page, 3* col. 3. Le Temps du i4 novembre 1916, 6* page, i" col.
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-on tenait à le satisfaire dans la pensée pernicieusement vuminée d'obtenir de lui la cession de Kavala. M. Guillc- .fmin. dut avoir pour ligné de conduite de le ménager (i). De lui-même il était, d'ailleurs, persuadé de cette nécessité et, surtout, de son aptitude à ramener à nous un souverain en qui il avait découvert <« un ami méconnu de la France ».
Nous avons besoin du roi pour gagner les Bulgai'es, ou, comme on devait dire un peu plus tard, pour les combattre, et Constantin était ainsi assimilé au sabre de Joseph Prudhomme. Il est essentiel de ne pas le contrarier ; tel fut le raisonnement de nos grands diplomates, et ce raisonnement, suivant leur trop fréquente habitude, était basé sur plusieurs erreui*s. Ils méconnaissaient d'abord les réels sentiments des Bulgares, je l'ai déjà établi <pages 200-20I, 2i3-ai4) ; ils méconnaissaient ensuite le caractère du roi : on ne pouvait contrebalancer Taction prépondérante de Guillaume sur Constantin que par une attitude propre, non à nous le concilier, mais à Tintimider sérieusement.
On songea, il est vrai, une fois, à cette attitude ; ce fut lorsqu'elle aurait encore empiré une grosse sottise. Prise, ^comme on y songea, pour appuyer la démarche du début d'août, pour arracher Kavala à la Grèce, elle aurait mis eontre nous l'unanimité du pays.
On ne songea pas à elle lorsqu'elle aurait été htile, lorsque c'était plus que notre droit, notre devoir de recou- 'Tirk elle. Prise pour maintenir au pouvoir M, Veniselos
I. « M. Briand, en assumant la direction des affedres étrangères, a donné à la Grèce des preuves d'évidentes sympathies que le gouvernement d'Athènes a spontanément reconnues. » (Le Temps ^u i3 novembre 1916, bulletin.)
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en possession de la confiance de la Chambre, et c'eût été la stricte observation du régime constitutionnel dont nous étions garants ; prise, si on^yait eu le tort de ne pas le faire pour M. Veniselos, aânde conserver une Chambre «n possession de la confiance normalement et tout nou« v'ellement exprimée du pays, quand surtout une expres- ^on nouvelle de cette volonté était rendue matériellement impossible par la mobilisation, et c*eût été aussi la régu* larité du régime constitutionnel assurée par ses garants contre l'arbitraire du pouvoir personnel ; prise dans Tun ou Tautre de ces deux cas, l'attitude d'intimidation aurait «mpêché le roi d'apparaître comme celui dont la volonté prédominait bon gré mal gré au dedans et au dehors ; elle aurait détourné de lui cette masse considérable allant toujours du côté où est la force (i).
L'Entente répugnant à voir le roi et le milieu de la cour tels qu'ils étaient, commit donc la faute immense de ne pas se souvenir de ses obligations de gardienne de la légalité constitutionnelle en Grèce. De cette inconcevable détaillance, venant après mon rappel dans les conditions où celui-ci avait eu lieu aux yeux des Grecs, tout le monde en Grèce devait tirer la conclusion suivante : le parti
I. « Au palais royal, dès le début de la guerre, par admiration, par sentiment dynastique, parfois par sympathie, on a été porté •à croire à la victoire de TAllemagne. L'état-major, avec ses oifi« eiers formés comme le roi à Técole de guerre de Berlin, partage eette opinion. Les courtisans l'ont adoptée ainsi que les honmies politiques qui n'ont que le souverain pour les soutenir contre le :grand parti national qui a mis sa confiance dans M. Veniselos. Il y a aussi les adversaires et les envieux du grand homme d'Etat. Enfin viennent les hésitants qui s'enveloppent de réserves et d'inaction, de crainte de se tromper dans leurs prévisions. Le faisceau de tous ces éléments divers forme le parti antiveniseliste. » (Le Temps du i5 novembre 1915, bulletin).
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libéral avait sans doute les préférences de TEntente, mai» •lie n*osait rien faire pour lui.
On put, dès lors, comparm* les complaisances efficaces dont bénéficiaient nos adversaires et Tisolement péniten* tiel de nos amis. Ce n*était pas de nature à rallier les liési^ tants, les timides, au seul parti qui défendit notre cause. Ainsi, par notre faibIesse,nous contribuâmes à affaiblir nos partisans et à accroître l'audace et la force de nos ennemis.
Parce que, président du conseil, il ne voulut pas faire une politique germanophile, le roi se sépara de M. \enu selos disposant cependant de la majorité à la Chambre après une toute récente consultation populaire . Le coupable, le responsable, c'était le roi. Aux mesures nécessaires de coercition des puissances protectrices contre lui, aurait dû correspondre une campagne antidynastique. Or ce qui aurait dû être fait, soit par les puissances, soit par M. Veniselos avec leur aide, ne le fut par personne.
Ni antimonarchique, ni antidynastiqùe, s'est évertué alors à répéter M. Veniselos, sans enrayer l'accusation lancée contre lui d'aspirer à être président de la République.
Que M. Veniselos n'ait pas été, pour la Grèce, antimonarchique, je puis en témoigner ; et moi qui suis foncier rement républicain, mais m'attache aussi à tenir compte de la réalité, j'admis sa façon de voir sur ce point.
C'était pendant la maladie du roi, aur moment où se nouaient certaines intrigues princières ; nous parlâmes de Tavenir de la Grèce : « Que vous êtes heureux en France d'avoir la République, me dit M . Veniselos ; en Grèce, dans l'état actuel et peut-être pendant un grand nombre d'années, nous ne pourrons pas penser à elle ».
Il n'était donc pas antimonarchique pour la Grèce et,, après avoir eu la tristesse de constater la veulerie inté-
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ressée, la servilitô dégradante et la coaardise cruelle d'ane grande partie de la population grecque de nos jours si puérilement vaniteuse, je n*hésitai pas à lui donner raison.
Mais, à mon avis, il aurait dû être antidynastique, à la condition toutefois d^avoir l'appui des puissances protec* triées. Or la résistance est venue de leur côté, ainsi que Texpliqua M. Veniselos à Tenvoyé de l'agence Havas, dans rinterview déjà citée (chapitres XIV et XVI, pages iSg et i58).
Si, lorsqu'il quitta pour la seconde fois le pouvoir il ne tenta pas un mouvement révolutionnaire, c'est surtout, dit-il, parce que, précédant l'invasion bulgare, ce mouvement aurait pu, au préjudice de sa cause, être rendu responsable de cette invasion, et il ajouta : -
« Un pareil mouvement n'aurait pas répondu aui vues des puissances de l'Entente, dont le concours nous était nécessaire et indispensable pour mener à bien une telle entreprise. Ayant toujours agi de conserve avec elles, il ne m'était pas permis de leur créer de difficultés nouvelles qu'elles n'eussent point |yrévues. Mais, déplus, ainsi livré â mes propres ressources le mouvement n'aurait pu réusjsir. Ne pouvant compter sur le concours de l'armée grecque dont les cadres étaient en majorité dévoués au roi, je ^courais à l'écrasement du parti libéral si la guerre civile éclatait...
Ht Pourquoi je n'ai pas donné tout de suite à mon mouvement un caractère antidynastique, alors que j'avais <;ependant reconnu et proclamé que le roi Constantin avait trahi son pays ?
» La réponse est simple : c'est parce que les puissances <le l'Entente avaient bien voulu me promettre leur indis*
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pensable appui, sons la stipulation expresse -que mon mouyement ne serait pas antidynastique.
» De plus je ne songeais moi-même à changer ni la forme du gouvernement, ni la maison régnante ».
A-t-on assez rétréci officiellement et réellement le but par nous poursuivi en Grèce ? A-t on assez rabâché ne vouloir pas s'y mêler de la politique intérieure (i) ? A-t-on assez vanté le recours à la modération et à la générosité ?
Ces mots de générosité et de modération peuvent servir à déguiser une lâcheté qui n*ose pas s'avouer et, pires encore peut-être, des complaisances ^ui ne sont pas avouables. Un homme privé s'abstenant de réagir après un affront, pourra, sans trop d'inconvénients, mettre sa poltronnerie ^r le compte de ses sentiments généreuxetmo* dérés. Un homme d'Etat est criminel, lorsque sa modération et sa générosité envers les ennemis de son pays se soldent pour celui-ci par plus de sang versé, plus d'argent dépensé, qu'il n'y en aurait eu avec moins d'indulgence au profit des Turcs, des Bulgares ou du roi de Grèce.
Ce dernier n'avait pas besoin de devenir un assassin pour être convaincu de malveillance à notre égard. Tous ses actes avaient dévoilé en lui le principal coupable, et nous n'avions pas à nous occuper de quelles suggestions ceux-ci étaient la conséquence. Conseillé ou non, Constantin avait agi parce qu'il avait voulu agir ; son caractère le poussait à s'obstiner de plus en plus dans la voie choisie par lui ; il était, d'après ses propres paroles, le maître : il fallait tout de suite le frapper.
I. « Nous n'avons pas à intervenir dans ce débat entre la nation et son roi. C'est aux Grecs seuls qu'il appartient de décider. » (Le Temps du 6 novembre 1915, bulletin).
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Antidjnastiques auraient dû être, dès la fin de igiSy. tous les Grecs soucienx de Tayenir et de la dignité de la Grèce, et les trois puissances protectrices conscientes de leurs devoirs. Elles devaient intervenir dans la politique intérieure grecque, dès i*instant que cette politique se mainteuait en contradiction flagrante avec les traités, avec ces traités dont les trois puissances avaient ailleurs invoqué le respect et réclamé la loyale observation.
Loin de nous souvenir d'un des principaux motifs d(> cette guerre, de faits justement réprouvés par nous d'un autre côté, nous les tolérâmes en Grèce où nous avions des droits et des devoirs spéciaux. Violation du traité conclu avec nos alliés serbes, violation des règles constitutionnelles dont le roi avait juré la fidèle application sous notre contrôle, purent y être impunément commises.
Il aurait précisément fallu nous occuper de la politique intérieure, et c'est antidynastiques que les trois puissances auraient dû devenir en face du souverain sans foi, ni loi. Je dis antidynastiques car, en cette occurrence, il aurait été prudent de ne pas prendre le successeur du roi dans sa famille. On a lait courir chez nous des bruits erronés sur les inclinations de tel ou tel prince. On a dit, à un moment par exemple, que le diadoque Georges nous était acquis ; or, un octobre 191 5, il voulait aller à Salonique pour nous voir jeter à la mer. Il y passa, à la fin de mars: 1916, en se rendant, sur la frontière gréco-bulgai*e, faire quelque vilaine besogne.
Tous les princes soutenaient le roi. Pas un d'entre eux nesaurait être sincèrement constitutionnel ; tous accordaient leurs préférences au fort pouvoir d'un seul et affichaient, leur mépris du parlementarisme. Celui qui vit en France» le prince Georges, était, en particulier, trop aveuglé par-
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sa haine de M. Veniselos pour s^entefidre avec lui (i).
Et puis, il y a le mot du père. Le roi Georges disait de ses fils en touchant son crâne dépourvu de cheveux : « ils me ressemblent par là; mais pas par là », ajoutait-il en se touchant le front. Sauf, provisoirement peut-être, pour les cheveux, cette appréciation est également applicable aux petits-fils.
Autant j*aurais accepté les raisons dé M. Veniselos lorsque, dans Tinterview citée ci-dessus, il se résolvait à ne pas changer la forme du gouvernement, autant je lui aurais donné tort lorsqu'il émettait Tavis de ne pas changer la maison régnante. Reste à savoir si cet avis était spontané ou suggéré.
M. Veniselos s'était préparé à exécuter les clauses du traité gréco-serbe. Il avait ordonné, le a6 septembre, la mobilisation et demandé le débarquement des troupes alliées à Salonique (2). Il devait, il est vrai, un peu plus tard, se laisser aller à formuler une protestation de pure forme contre ce débarquement. Ce faisant, il essayait, par un sacrifice personnel, par une concession au roi, de le
I. Aiasi que je le racontais dans ma lettre n* 5 du 6 janvier 1913, le prince Georges avait dit, la veille, à un membre de notre mission militaire qui constatait dans un service une défectuosité quelconque, sans le moindre rapport avec la politique : « Comment voulez- vous que ça marche avec Veniselos et le régime parlementaire ? »
D'après une citation de VEleutheros Tupos prise dans le Temps du a3 juillet 191 7 (a* page, a* col.), « tous les princes se sont montrés solidaires, et les ennemis les plus invétérés de l'Entente étaient ceux qui étaient le mieux considérés ».
a. M. Veniselos constatait, le a6 août 1917, à la tribune de la Chambre grecque qu'il avait, à la lin de son deuxième ministère, proposé a au roi de demander aux représentants de l'Entente de faire débarquer à Salonique i5o.ooo hommes pour remplacer les troupes serbes prévues par le traité. Le même soir, à ly heures.
rallier à sa politique. Celui-ci, espérait-il, couvert, au point de vue familial, par cette protestation, n'entraverait pas la correcte exécution des engagements pris. C'était avoir de loi une meilleure opinion qu*il ne le méritait.
Le roi ne se préoccupait pas d'adoucir, aux yeux de Guillaume, les actes d'une politique nationale grecque ; il fut corps et âme dévoué au kaiser en dépit de qi^elques bouderies^parut céder loi*squ'il ne pouvait faire autrement, mais revenait le plus vite possible sur ses promesses. Et de ce manège on a longuement persisté à être dupe .
Même en lui faisant signer le décret de démobilisation, M: Veniselos fut trompé par lui. Celui qu'il pensait avoir convaincu, devait quelque temps après avouer : « Quand j'ai signé l'ordre de mobilisation, on a cru que je mol>ilisais contre les Bulgares ; je mobilisais contre Veniselos (i).
Les efforts de nos ennemis pour nous faire abandonner Salonique, justifieraient à eux seuls notre débarquement.
le roi acceptait cette solution ; une heure plus tard, M. Veniselos transmettait cette proposition aux ministres de VEntente. Mais, à i^ heures, le roi, revenant sur sa décision, déclarait qu'il n'était plus d'accord avec son ministre ». (Le Temps du 29 août 1917, - 4' page, 3* col.).