Le Temps du 18 octobre 1916, 2* page, 3' coL
o83 QUATEIÈMB PABTIB
tôt ensanglanter les corps de nos marins autrement qu^ par métaphore.
Les éléments germanophiles profiterait de la circonstance pour se livrer, aux cris de « Vive le roi ! » à une manifestation dont le résultat immédiat fut la iermetnre de tous les magasins. L'amiral Dartige du Fournct fit, le soir, débarquer des détachements de marins, afin de veiller au maintien de Tordre contre les perturbateurs royaux.
Néanmoins, d'après une dépôche, « les veniselistes ont presque totalement disparu à Athènes, où règne une terreur si complète que les veniselistes connus sont obligés de se confiner dans leurs demeures afin d'éviter des troubles »(i). Quelques jours après on écrivait : c< le Morning' Post publie un télégramme de son correspondant d'Athènes. . . où il appelle l'attention sur les mesures antilibérales que le gouvernement du roi Constantin prépare contre les adhérents au mouvement de défense nationale (2).
En revanche, la veille, on nous disait : a il est parfaHement exact, ainsi que le fait a déjà été mentionné, que les relations du roi Constantin avec les puissances de l'Entente se sont considérablement améliorées dans ces derniers temps à la suite des assurances fournies par le roi » (3).
On en était encore à avoir confiance dans les <i assurances fournies par le roi » ! Le bon billet qu'on avait là ! C'est le cas où jamais d'employer cette expression, car il y eut, en effet, une lettre de Constantin.
Un député français, M . Paul Bénazet, membre de la eommission de l'armée, envoyé en mission à Salonique fut prié par le président du conseil de s'arrêter à Athènes.
I. Le Temps du aa octobre 1916, a* page, a* col. a. Le Temps du 3 novembre 1916, a« page, 1' col. 3. Le Temps du a novembre 1916, 4' page, 1" col.
Il vit le roi le «i octobre et obtint de lui des apparences formelles d'enga^ments que le ministère grec devait bientôt mer(i). Puisqu'on avait commis la grosse faute de croire possible la conversion de ce pécbeur, il fallait tout au moins le mettre aussitôt au pied du mur et exiger immédiatement l'exécution de ses promesses écrites . On était bien trop déférant envers Sa Majesté pour agir de la^ sorte.
On se fia à la parole royale, on fit assaut de courtoisies. Le général Roqaes, le i4 novembre, l'amiral Dartige du Fournet, le 27, visitèrent le souverain.
Tout cela bénéficiait à la cause du roi, au détriment de nos amis et de notre influence. Les Grecs scrutaient avec «oin tous nos actes, et eurent l'impression peu encourageante d'avoir plus d'avantages à être du côté de Constantin que du côté de M. Veniselos. Les grandes puissances protectrices cédaient beaucoup au premier, peu au^econd, comment pourraient -ils, pauvres créatures pusillanimes et passives pour la plupart, résister à celui qui apparaissait le plus fort ?
On avait beau réclamer la remise du matériel de guerre, on était joué, on était dupe, et on contribuait au prestige de gens nous trompant effrontément, sans que nous eussions l'excuse de l'ignorer.
Au début de novembre, on découvrait la correspondance d'un député du Pirée, agent général de la compagnie de navigation panhellénique dont le président était M. Calogeropoulos, l'ancien premier ministre, avec le consul d'Allemagne au Pirée, Plock. Ce député, M. Kalimassiotis, ravitaillait les sous marins allemands (2).
I. Le Temps du 21 avril 1918, 4' page,4«i et 5* coL a. Le Temps des 8 novembre 191Ç, a* page, i" col., et 9, a* page, 3* col.
a84 ' QUATRIÈME PARTIE
Sous le gouvernement de M. Gounaris, des sous-marins allemands avaient embarqué, à deux reprises, de la benzine dans une petite Ile auz environs du canal de Corin^ the ; près d'Argos et de Nauplie un dépôt de pétrole servait à leur ravitaillement, de même une propriété, à l'extrémité de la baie de Phalère, appartenant au député grec d'origine allemande Schliemann (i), dont je m'honore den'avoir jamais voulu faire la connaissance (a).
En juillet 1917» on devait établir la culpabilité de T Allemand d'origine grecque Charilaos, beau-frère de l'officier de la cour Metaxas. non pas celui de l'état-major, mais celui qu'orne artistement le prénom de Ménélas. L'usine de Charilaos, dans la baie d'Eleusis, était, pour les sous-marins boches, un centre d'approvisionnement. On découvrit à la même époque qu'à Oropos, port voisin de Tatoî, « était dissimulée une canalisation alimentant des sous-marins » (3).
Un peu plus tard, par l'enquête sur les menées royales, on apprenait que « toutes les nuits des automobiles militaires chargées de benzine allaient sur des points excentriques de Phalère remplir des embarcations destinées aux sous-marins » (4).