‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 88 sur 116 · I. Le Temps dix w^ novembre 1916, a' page, i^' coK · texte numérisé non relu

I. Le Temps dix w^ novembre 1916, a' page, i^' coK

a8o QUATRIÈME PAKTIB

les puissances alliées et je ne demande pas à les aggraver. Bien au contraire ; car je dois vous avouer qu*avant d'entreprendre mon mouvement, je ne me suis adressé à aucune d'elles pour solliciter leur concours. J'ai fait le mouvement à mes risques et périls. Aucun encouragement ne m'e§t venu de nulle part et, par conséquent, je n'ai eu à formuler aucune prétention, à demander aucune compensation ou récompense de quelque nature que ce soit. Sauf le concours des armées alliées, je suis vemLseul pour remplir nos obligations envers la Serbie, eui^mifipibuant par notre faible moyen à la victoire commuiuft^. Je tâche le plus possible, je le répète, de ne créer aucune difficulté à mes amis. On me dit* d'évacuer Ekaterini ? J'évacue Ekaterini. On me dit d'abandonner Gerigo? J'abandonne Cerigo. On m'impose une zone neutre ? Je respecte la zone neutre. On me demande d'arrêter mon mouvement ? J'arrête mon mouvement ».

. Voilà Kœuvre auprès de M. Veniselos. Elle n'est de nature à inspirer aucune fierté. Comment agit-on auprès du roi ? Quels furent à Athènes les événements de nature à expliquer notre partialité en faveur de ceux qui étaient nos ennemis, on le savait, on n'avait plus le droit de faire semblant de croire le contraire.

Le 5 octobre, une note de l'amiral Dartige du Four» net insista pour l'exécution des mesures précédemment réclamées et promises. Le même jour, le cabinet Galogeropoulos, avec lequel les relations diplomatiques avaient été suspendues, démissionna ; il avait comme successeur, le lo octobre, un cabinet Lambros. C'était en majorité un cabinet de fonctionnaires serviles, simple paravent de la politique personnelle du roi, aussi anticonstitutionnelle avec ce cabinet que sous le cabinet précédent. On

APRÂS MON DÉPART !l8l

avait cru devoir rompre avec le premier ; il n'y avait, dans les origines si arbitraires du second, aucun motif de modifier cette attitude .

Le jour de sa formation, une nouvelle note de Tamiral portait sur Texëcution immédiate des mesures déjà indiquées, sur le séquestre et le désarmement de la flotte, sur Foccupation de certaines batteries de la côte, sur l'organisation du contrôle des chemins de fer et sur la surveillance duPirée et des autres ports.

Le ministre de France qui, Tannée précédente (p. 24^)» avait si habilement condamné la moindre immixtion dans les affaires intéi*ieures, semble avoir tout de suite été un des plus aimables pour les nouveaux commis de Ck>nstantin. « L'attitude conciliante de M. Guillemin permet de bien augurer de l'avenir », lisait-on dans VAihinai(i). Aussitôt après, du reste, oncoritinuait, malgré Finterdiction des alliés, à tenter de transporter, à destination de Larissa, des munitions qui étaient sans doute destinées à être utilisées contre eux. Voici le baume après la meurtrissure : (( M. Lambros a déclaré que la conversation avec M. Guillemin avait été des plus amicales » (s).

11 y avait vraiment de quoi être aimable. Le 16 octobre, le surlendemain de cette si amicale conversation, dans la matinée, le roi passa une revue des marins grecs débarqués d'après les instructions de notre amiral et, dans un ordre du jour, s'exprima comme il s'est exprimé chaque fois qu'il s'est senti rassuré : « En ces jours vos lèvres sont abreuvées de poison ; de nouvelles blc3sures, chaque heure, ensanglantent notre âme à tous » (3). Il allait bién-

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