Le Temps du 19 octobre 1917, a* page, a* col
On dit, en même temps, que le brigadier de gendarmerie de Larissa avait « reçu à diverses reprises de i^étatmajor l'ordre d*accompagner, jusque dans les lignes bulgares, des fonctionnaires de la légation allemande à Athènes. Souvent même, il transpoi-ta du courrier allemand de Larissa jusqu'aux avant-postes germano bulgares. Plusieurs lettres établissant des faits d'espionnage caractérisés et prouvant les communications régulières ayant existé entre le roi Constantin et Berlin ont également été découvertes ».
Le ministre de Grèce à Berne, M. Georges Caradja, se livrait de son côté à l'espionnage pour le compte du ministre d'Allemagne à qui il communiquait dépêches cjnfidentielles, rapports interceptés, renseignements tirés, après interrogatoire méticuleux, des Grecs venant d'Angleterre ou de France (i).
La reine Sophie opérait elle-même en un langage plein de délicatesses dans le sens allemand du mot ; elle se plaçait au point de vue de Tintérêt de sa « patrie » TAlle- ^ magne, et considérait la Grèce comme un simple instrument au service de celle-ci (2). Toujours préoccupée de nous nuire, elle télégraphiait à son frère le kaiser, d'après des documents secrets saisis à Athènes et provenant du roi, de la reine, du minislre des Affaires étrangères et du ministre de Grèce à Berlin. A Athènes, le chiffrement et l'expédition de ces télégrammes spéciaux avaient été assurés par les deux secrétaires Theotoky et Roîdi, hommes à tout faire .
Le jour même où, constatait-on, les négociations pour