‹ L'entomologieChapitre 11 sur 145 · ENTOMOLOGIE, LEÇON IV · texte numérisé non relu

ENTOMOLOGIE, LEÇON IV

çfples cl de modèles. Nous croyons cependant devoir indiquer aux personnes (jui veulent étudier les iusecics , la marche qu'ils doivent suivre pour arriver plus promptement au but. «« Pour observer conveiiablemenl les insectes , il faut , dit l'auleur «lu discours préliminaire de l'Encyclopédie niélhodique, i" décrire la forme et la couleur de la larve ou ver , celles de ses parties principales; -j" le temps où on la trouve , depuis quelle saison jusqu'à quelle aulre , sur quelle substance , sous quel climat elle a été observée ; 3" de quels aliments elle se nourrit; 4° ses babiiudes et ce qui lui arrive pendant qu'elle conserve là forme de larve : ainsi, se cacbe-t-eile, ou resle-t-elle exposée à la vue , prend-elle de la nourriiure tout le jour, ou à certaines heures , etc. ; 5" combien de fois, pendant qu'elle garde sa première forme, changc-t-elle de peau , à quels végétaux et à quels animaux nuit- elle , quels sont les dégât» qu'elle occasinne et sur quels objets, sur quelles parties les excrce-t-elle ; à quelle sorte de danger et d'ennemis est-elle exposée; 6" quand est- elle prèle de quitter la forme de larve , où se relire- t-e!le , quelles sont les précautions qu'elle prend; 7" au bout de combien de temps après s'éljc préparée à devenir chrysalide , passe-t-elle à cet état : suivre la chrysalide comme on a suivi la larve , la décrire de la

£\TO:,IOLOr,iR ,

: , remarquer ce comme changement de couleur, de mollesse dans ses parties , elc. ; au bout de combien dé temps elle quitte sa forme , et quels dangers elle a courus pendant qu'elle l'a conservée. »

« Par rapport à l'insecte parvenu à son dernier état, le décrire , remarquer la différence qu'il y a enîre le mâle et la fcMnclIe ; observer ses habitudes; quelle est alors la nourriture de l'insecte ; quels dégâts et de quel genre il eii peut faire ; quels risques il court , quels sont ses mouvements, sa retraite, décriré'son accouplement, en remarquer la durée, obser\Het' ce qui le suit ; le mâle périt-il peu après, el au bout de combien de temps , ou bien survit^ il jusqu'à la ponte de la femelle , et répand-il une liqueur sur les œufs ; en quel endroit , sur quelles substances et de quelle manière la (■:jnelle les dépose t-elle ; en quel nombre , et quelles précautions prend-t-elle , soit pour les œufs, soit pour les vers qui en doivent sortie. Quelles sont la forme, la couleur , la grosseur des œufs , la consistance et la nature de leur enveloppe ; combien se passe-t-il de temps de la ponte à la naissance des larves. Enfm retiret-on quelque avantage de l'insecte qu'on observe. Sert- il en médecine, en économie, dans les arts ; à quoi et de quelle manière. « »

llaiitciLion des insectes.

Partout on rencontre des insectes ; mais ils sont plus ou moins nombreux suivant les climats ; l'Amérique méridionale chaude et humide possède les plus grands et les plus beaux ; l'Afrique couverte de sables a-ides et brûlans , offre le plus d'espèces c:îrnivores. En Europe les insectes sont plu> fjible» et plus petits : dan-; le nord ils diminuent en nombre et en force ; enfm on n'en rencontre point sur les glaces du pôle.

L'habitation des insectes , dit M. de Saint- Amand (i) i à qui nous empruntons la majeure partie de cet arlicle , est déterminée par là nourriture qui convient à chaque espèce , ou par les localités favorables à la ponte de leurs œufs.

On trouve dans la mer, les crabes, les écrevisses , les pagures , les hippes , les scyllares , les squilles , les aselles , les crevettes , la scolopendre phosphorique.

Dans les eaux douces , limpides et courantes , l'écrevisse et l'aselle d'eau douce , la crevette des ruisseaux, les larves des éphémères.

(0 Philosophie eotoinologique.

Dans les eaux douces cl stagnantes, les rlylîques , les noionectes , les gyriiis , les corises , les liytlroj)!uIes , les nèpes , les (Irions , certaines punaises, et les élonnanles (ribus des entomosiracés.

Dans les eaux bourbeuses des marais , les monocles , la crcvellc marécageuse , les larves des frigancs, des cousins, des libellules.

Sur les plantes aquatiques , divers cliaransons , les libelljies, des lipules , les donscies, la superbe araignée fasciée , la galéruque du nénupbar , quelques élophores.

Dans les prairies, les lipules , quelques^raignées, des faucheurs , des |)lialènes , des iclineumons , des papillons , des sauterelles , les gryllons , les criquets , les chrysonièles , les mantes.

Dans les champs laboures , les méloës , le mclyre âtrc , les carabes , le gryllon champêtre , les byrrhes.

Dans les lieux arides et sablonneux , les cicindèlcs , les ciinbex , le lélhrus céphalolc , le méloë lisse , des ichneumons , les s[)hex , les scalaphes , la larve du myrméleon formicaire , le staphylin bourdon.

Dans les sables mobiles , le carabe arénàire, le sphex arénairc et celui des sables, la manlicore maxillaire, la iule des sables, Thélops glabre , les scariles.

î)ins les forcis <lcs inon'agues , le grand urocèrc , le beau caj»rl<-.oiiio <k*s Alp;.'S.

Dans 1j subslaiicc lignoLisc «les arbres, les larves lie la nombreuse rainille des capricornes, les lynicxylons , les anobies , les larves <lcs lucanes , «les carabes , des sirex , et quelques unes du genre des beMiI)Vx.

Sous 1 écorce des arbres, les bostrichcs, les scolyles , les ips, (juel([ues espèces d'escar- Lols , une espèce de lerniile , el plusieurs co- Jéoplères qui clierchenl un abri contre les rigueurs des luvers.

Sur les feuilles ou les rameaux des arbres , des arbrisseaux el des berbes , les bannetons , les lucanes , les cbrysornèles , les capricornes, les allelables , les iuor<!elies , les ndcydales , les cassides, les uiylabres, les cnaransons , les lampyres , les galéruques , le lupère (lavipède, les macroccpUales , les buprestes aux reflets dorés , les gribouris , les canlharides, les apales , les coccinelles , les cérocomes , les cigales , les fulgores , les niembraces , les larves d'un grand nombre de lépuloplères , les criquets , les gryllons , les sauterelles , les crioccres , les pucerons , les kermès , les cocbenilles , les tenibrcdes cl l'innocent bibion.

Sur les (leurs , les abeilles , les andrènes , les bcmbex , les nomades , les trips, quel(|ues ïagries, les cétoines, les clyires, les papillons, les sphynx , le clairoa aplvore , les chalcis au

58 KNroMOf.OGlE,

vi)l Idyor , les aiilribes, les télepliorcs , les inalachies , les melyres , les chrysis , les cistelles , les anthrènes , les nitidules , quelques empis , les mouches, les syrphcs , lesbombiles bruyans et le charanson (loricole.

Certains dennestes, des bruches, et des larves de quelques teignes détruisent les élamines, organes mâles de la fécondation des fleurs , l'andrène somniflore cherche et trouve les douceurs du sommeil au fond de leur corolle.

Dans les champignons , les diapères , les sphéridies , les nitidules.

On rencontre dans l'intérieur des édifices, les araignées , les scorpions, les scolopendres, quelques espèces de punaises , des faucheurs , des tipules , des mouches , des cousins , des phalènes , des teignes , les puces , certaines fourmis , les pinces , les miltes.

Sur les animaux domestiques, le taon, l'œstre , riiippobosque , le stomoxe , l'asile , les mittes , les poux.

Dans les endroits humides des maisons , les clopertes , les élaphres , les iules , les lépismes, les érodies , les blaps.

Dans les cuisines , des fourmis , des termites, quelques blattes lucifuges , les dermestes , quelques mouches , et le gryllon domestique qui assiège les foyers.

Dans les cloaques , parmi les immondices-V

LEÇON IV. ^f^

les forficules , les Irox , les lénébrions , les podures , les plmelles , les helops , les iules, les scolopendres.

On recueille dans les dcjeclions animales, les scarabées , les larves des slaphylins cl des mouches.

Dans les malières animales en pulréfacUon , les dermesles , les nécrophores , les boucliers, les larves des mouches , des slaphylins , la nitidule biponctuée.

Certaines espèces présentent des anomalies relatlvement.au climat.Tel est le papillon Apollon. Il ne se plaît que dans les contrées septentrionales , et dans les h:iutes montagnes où l on trouve la température au même degré.

Tel est encore le papillon Mnemosyne ; le polyxène, le lincée , qui n'habitent exclusivement que le nord de l'Europe , de l'Asie et de l'Amérique.

Quelquefois les hommes , mcme à leur Insa, transportent les insectes hors de leur climat Le commerce et l'agriculture peuvent y coniri • buer. Il en est à cet égard comme de certaines plantes.

Le taupin noctiluque trouvé vivant dans un faubourg de Paris, et que Fougeroux a décrit tom. XVI des Mémoires de l' Académie des Sciences , s'était sans doute trouvé en état de larve oji de chrysalide dans quelque pièce de bois de

6o £ÎST0:.I0L0CIE»

telnlurc nu de marquclcrie dont il avait suivi l'exporlation.

Le sphynx Alropos, ou tcle de mort, n'est devenu assez coniinun «laiis nos campagnes , que depuis qu'on y cultive la morcllc tubéreuse ou la pomme de terre , originaire des pays étrangers.

Quelquefois les insectes sont déplaces par les venis , el lancés dans les régions supérieures de l'atmosphère.

Tel était ce papillon que Ramond rencontra sur le pic du Midi , à 2,9.54 mit. es d'élévation au-dessus du niveau de la mer ; et les autres papillons que cet intrépide naturaliste a trouvés depuis noyés dans le lac du Mont-Perdu , la plus haute montagne des Pyrénées.

Quelquefois les insectes sont transportés au loin par des causes extraordinaires , dont il est difficile de donner l'explication.

Inslrumens nécessaires à l'entomologiste.

Voici les inslrumens nécessaires à un entomologiste, i" une pelolte nmnie d'épingles de diverses forces ; 2" une boîte dont Je fond est garni de liège ; 3" une fiole à large goulot remplie d'eau-de-vie pour y mettre les coléoptères ; 4' un fdet pour prendre les papillons; 5" un troubleau pour les iniccles aquiiiques ; G" ïik

pince à filet ou à raqiiellc; 7" Acs pinces ou Lruxcllcs ; 8" une loupe. Nous allons lesdécrlrc.

La boîic (loil cire en cailon ou en bois léger; il faut (jirellc soit alongéc de manière à pouvoir êlre mise facilement <lans la poche. La laujc <lc liège Joil êlre de deux à trois lignes d'épaisseur. Quelques personnes garnissent de liégc le fond de leur ch.ipeau pour y piquer les insectes : ce moyen n'est à pas dédaigner. 11 faut dans ses courses diminuer son bagage autant qu'il est possil)lc. Lorsqu'on ramasse des larves, une boîle divisée par comparlimcns esl nécessaire , afin d'y mettre séparément chaque larve , car aulreiticnl elle s'cnlie dévoreraient.

Les épingles doivent être minces et proportionnées à la force de l'animal , on ne fera pas mal de les choisir longues , afin de laisser la facilité d'examiner les insectes sans risquer de les endommager.

Une fiole d'eau-de-vic n'est pas nécessaire dans les pclitcs courses; mais dans les grands voyages elle devient toul-à-fait indispensable. On s'en sert pour y mettre les coléoptères et autres insectes dont on ne craint point d'endommager les couleurs : ce moyen est d'ailleurs bien plus expédiiif. On les pique lorsqu'on est rendu à son domicile.

Le filet sert à prendre les papillons, les libellules, les mouches, et en général tous le$ i«-

Ga I.MOMOI.COÎE,

sectes qu'on veut saisir au vol. Voici ia manière de le faire : on prend un fil de fer assez fort pour résister aux efforts de la main , on l'arrondit en cercle de neuf à dix pouces de largeur , et Ton soudera les deux bouts à la forge , on laissant un talon à vis qui s'adaptera dans un écrou de fer ou de cuivre fixé sur une canne ou un bâton de trois ou quatre pieds. De celle manière, le fdel se vissera et se dévissera à volonté ; on garnira le cerceau de gaze ou de reseau à mailles 1res fines et très serrées , et on lui donnera la forme d'une poche d'un pied à dix-huit pouces de profondeur. Pour saisir un insecte au vol, il faut que le filet parte de droite à gauche et horizontalement; dès qu'il est dans la poche , on tourne lestement la main de manière à ce que l'entrée du filet se trouve fermée.

Le troubleau se fait de la même manière ; mais il faut que le cerceau soit beaucoup plus fort , et que la poche soit en canevas épais et fort. On s'en sert pour pêcher les insectes aquatiques dans les marais et les rivières. On l'emploie aussi avec succès dans les prés en le promenant sur les plantes avec rapidité, comme sil'on' fauchait : de cette manière, il en tombe un grand nombre au fond de la poche.

La pince à filet ou à raquette ressemble à un fer 9 friser ; elle est faite exactement de même ,

ii.çLN IV. 63

el n'en <llffèie qu'on ce qu'elle est beaucoup plus grande ; que la lete du fer , au lieu d'être pleine , est fermée par deux anneaux de fii de fer. Ces anneaux sont remplis par un filel-'atlaclié autour de leur bord ; le reste de l'inslrument est tout en gros fil de fer avec une poignée double comme le fer à friser ; on lui donne ordinairement environ un pied et demi à deux pieds de longueur, et aux anneaux qui supportent les filets quatre à cinq pouces de diamètre. Ce filet convient très bien pour prendre des insectes qui volent ou qui sont posés sur les (leurs , et que leur aiguillon ou leur agilité ne permet pas de prendre à la main. On saisit la fleur el l'animal avec les deux raquettes, el l'on pique très facilemenl eî sans danger.

Les pinces ou bruxelies servent à saisir dans les filets les insectes à aiguillon , à piquer et à dépiquer les épingles dans les boîtes.

. La loupe sert à examiner les parties les moins visibles de l'insecte , tel que les organes de la raanducation qui fournissent d'excellents caractères pour la classification ; il est bon d'avoir des verres de plusieurs forces.

64 ENT03ICLCGIE,

Education des Chenilles»

II y a des insccîcs qu'on ne peut se procurer que «liffiriknienl à I é!at pai (:iil , soit parcequ'ils soni njolns communs (ju'a l'élat «le larve, soit qu'ayant acquis des ailes, ils échappent plus facilement à nos recherches ; tels sont particulièrement les papillons; d'ailleurs, la poussière écailleuse et peu adliérenle dont ils sont recouverts expose presque toujours à les endommager lors(pi'on leur fait la chasse. 11 devient indispensahic , lors(|u'on veut se procurer des indi\ idus en bon é!al , ou des espèces précieuses , d'élever les chenilles. Voici quelques instructions à ce sujet.

On remarque: a avec soin sur quelle plante vivait la chenille que l'on veut nourrir , afin de lui en fournir de pareille ; car on sait que ces animaux s'attachent presque toujours à la même espèce. Ainsi , c'est sur l'ortie qu'on trouvera le niorio ; sur le peuplier , le mars ; sur la carotte , le fenouil et i'aneth , le machaon ; sur lâ violette , la nymphale petiteviolette ; sur la pomme de terre , le sphynx tête de mort ; sur l'orme et le tilleul , le smerinthe; sur le poirier et sur l'orme, le bonihix grand paon ; sur la ronce , le liombix feuillemorte ; sur le chêoc , ie Louibix proccisiou-

nairc, la phalène en doloire et la Lolrys pourprée ; sur l'aune el le bouleau , la phalène en faucille , elc. , elc. Il y a dis chenilles qui vivent dans l'inlérieur du bois , du fruil ou des racines de quelques végélaux , on Irouvora l'héplale dans la racine du houblon ; le cossus gâle-bois dans le bois du saule ; le pyrale des pommes dans la pomme ; le polyoïninale siric dans les ^[raines du baguenaudier , etc. ; d'autres, enfin, vivent dans les tapisseries, les étoffes de laine , telles que la plupart des teignes. On sent combien il est important de connaître les substances dont se nourrissent les chenilles lorsqu'on veut les élever.

11 faut s'emparer des chenilles avec beaucoup de précaution , non qu'il y ait aucun «langer à les loucher , mais parce que la moindre pression pourrait le3 blesser et les faire périr en raison de leur délicatesse. On placera chaque espèce séparément dans une boîte. Les boîtes doivent avoir un pied de large el dix-huit pouces de hauteur ; elles seront percées de trous sur les côlés pour laisser passer l'air , et recouvertes de verre en dessus pour donner du jour. I^e fond sera girni de sable fin et sec , afin que les chenilles puissent s'y enfoncer quand elles ont l'habilude de le faire pour se métamorphoser. Le couvercle sera disposé de manière à s'ouvrir , afin de pouvoir renouveler la

C5 ENTOJÎOLOGIE,

plante qui sert de nourriture à la chenille. On placera aussi dans la boîte une petite bouteille à goulot étroit , pleine d'eau , dans laquelle on fera entrer la base des rameaux destinés à nourrir les élèves ; on aura soin de les renouveler tous les quatre ou cinq jours, ou même plus tôt, suivant le besoin. Les boîtes doivent être exposées au grand air , mais à l'abri de la pluie ; les métamorphoses s'opèrent souvent mal dans les apparlemens fermés.

Les chenilles mettent plus ou moins de temps à devenir insectes parfaits ; il y en a qui éclosent au bout de quinze à vingt jours, les sphynx restent ordinairement sept ou huit mois en chrysalide., et quelquefois même jusqu'au printemps suivant.

A mesure que les papillons éclosent , on les pique sur le corselet de la manière que nous allons indiquer.

De la Préparation et de la Conservation der, Insectes , et de la Manière de les piquer.

La plupart des insectes n'exigent que très peu de préparation pour se conserver : quelques uns même n'en demandent aucune ; il suffit de les piquer et de les laisser se sécher naturellement. Seulement , peu de temps après leur morl et avant que leurs parties aient acquis

trop de roideur , il faut leur faire prendre la position qu'on désirera. wSi l'animal avait été desséché dans une mauvaise altitude , on peu* lui en donner une meilleure en le ramollissant;: pour cela, on l'expose à la vapeur de î'eau bouillante , ou Lien on le pique sur de la filasse ou du sable mouillé , en le recouvrani pour empêcher la circulation de l'air.

Les papillons demandent plus de soin , voici comment on s'y prend : on creuse dans une planche de liège fin une rainure assez large et assez profonde pour recevoir le corps du papillon que l'on prépare, on l'y enfonce jusqu à la hauteur des ailes , on abaisse celles-ci , on les étend convenablement , et on les maintient dans celte position avec des petites bandelettes de papier fixées par des épingles. La délical;isse des parties des papillons exige les précautions les plus minutieuses dans ce travail. Lorsque le papillon est assez desséché pour conserver la position qu'on lui a fait prendre , on l'oie de sur la planche de liège pour le ranger dans la collection. Si l'on possède deux individus de la même espèce , on en piquera un sur le ventre et l'autre sur le dos pour les voir des deux côtés. Le moyen le plus simple de pouvoir les examiner sur les deux faces sans les déranger, et lors même qu'on ne possède qu'un seul individu , c'est d'avoir des bottes vitrées en desr-

«US et en dessous , on fixe sur le verre ilu fond de pclils bouchons ou de la moelle du sureau «ur lesquels on pique l'épingle qui supporle le papillon.

Voici une niélhode très ingénieuse de préparer les papilions. On Lit dissoudre de la gomme 1res pure el très blanche dans de l'eau distillée, on y niclc une très petite quantité de sel comnmn purifié ; puis on en étend , avec un pinceau , une couche légère sur une feuille de papier vélin 1res beau et dune bonne épaisseur ; on prend ensuite un papillon bien frais ; on le met ramollir pendant deux ou trois jours au moins ; on lui coupe délicatement les ailes ras du corps , el on les place , la siipérieure dessous et rinféri( urc dessus , sur le papier gomme , avec raticnlion de Liisser entre deux une place suffisante pour le corps. On recouvre d'une feuille de papier fin , j)uis de deux ou trois autres plus épaisses , el l'on serre le tout sous une presse , ou si l'on n'en avait pas à sa disposition , on peut se servir d'un rouleau bien uni que Ton ferait [jasser à plusieurs reprises en appuyant fortement. Celle opération terminée , on enlève les feuilles de papier , et avec une aiguille on ôle avec beaucoup de précaution la membrane de l'aile , qui s'est parfaitement empreinte sur le [)apier avec loules ses couleurs. 11 ne reste plus qu'à dessiner le corps

ponr avoir un papillon peint à perfection. On peut faire tlescaliicrs de ces papillons, cl même les faire pjlier.

La préparation des chenilles est assez difficile; le plus ordinairement on les soulde; voici comment M. Duj)onl indique cette opération :

• On pren<I un vase <le lolc en forme d'enlon-

• noir; on place ce vase dans de la cendre bien » chaude, de manit-re à ce que le sommet de

• celte espèce de conc se trouve en bas , et son » ouverture en haut. Lorsqu'il est suffisammenl «échauffé, on prend la chenille qu'on veut » préparer ; et après avoir pratiqué une petite

• ouverture à rexlrémilé inférieure de l'abdo-

• men, on presse le corps dans toute sa Ion-

• gueur, et on fait aisément sortir les viscères » et les intestins. Lorsque la chenille est vidée,

• on introduit dans l'ouverture qu'on a faite le a bout d'un tube de verre ou d'un chalumeau » de très petit diamètre ; on maintient le tube m dans la peau en faisant un nœud avec un fil; » ensuite on souffle par l'autre ouverture du

• tube, jusqu'à ce que la peau soit remplie

• d'air ; en même temps on introduit la che-

• nille dans l'intérieur du vase de tôle, et on

■ l'y lient plongée en roulant le tubo entre les

• doigts f et en continuant de souffler. La cha>

■ leur dégagée par les bords du vase enl>ive » bifntôt toute Ibumldité de la peau. Loriqu'on

JÔ' LNTMlOLOGIJi,

» s'aperçoit que la chenille est assez desséchée » pour que la peau conserve la forme qu'on lui » adonnée en la soufilant, on relire le tuhe du » corps , et la chenille esl préparée. On la place » clans une boîte ou un carton ; au nio jen d'un » pou (le gomme , on la colle sur un inprceau » de liège. »

Les araignées perdent leurs formes el leurs couUîurs en se séchant sans préparation , voici la manière que Lalreille indique pour les conserver : " On se procure un tube de verre de six puuces de longueur sur huit ou neuf lignes de largeur , et on ajuste deux bons bouchons à ses deux ouvertures. Onsaisit ensuite l'araignée avec des pinces, mais sans la déformer, et l'on çoup'j a\ : c des ciseaux hns le mince pédicule quiailache son abdomen au corselet. On prend un petit morceau de bois très mince et on le taille en pointe à ses deux extrémilés. On enfonce une des pointes du morceau de bois dans iabdomen et l'autre dans le bouchon du tube^ |)uis on introduit ce ventre dans le tube , et on le maintient au milieu du verre en plaçant le bouchon. On allume un flambeau et l'on fait tourner le tube sur la flamme jusqu'à ce que 1 abdomen soit entièrement desséché ; on le laisse refroidir , on débouche avec précaution , et on coupe le ventre de dessus le morceau de bois pour le recoller avec un peu de gomme à

l'abdomen. La prcparallon se termine là , et l'insecte est propre à mettre en coUccliDn. »

La manière de piquer les insectes n'est pas indifterenle ; les coléoptères se piquent sur l'élylre droit , les papillons et les insectes des autres ordres sur le corselet. En piquant les araignées , on aura le soin de ne pas gâter les yeux qui s'étendent quelquefois assez avant sur le corselet, car ces yeux fournissent d'excellents caractères pour la détermination des genres.

Ce n'est qu'à force de soin et en visitant 1res souvent sa collection qu'on peut espérer de la conserver en Lon état. Autrement , les larves des dermestes , des anthiènes , des bruches , des teignes, etc., s'insinueront dans r intérieur des insectes et les auront bientôt réduits en poussière , dès qu'on s'apercevra qu'un coléoptère est attaqué, il faut le détacher de la boîte et le plonger pendant quelques heures dans l'esprit-de-vin , et le faire sécher ensuite. Mais beaucoupd'insectcs ne pouvant pas subir cette opération il faut employer un autre moyen. Le meilleur est sans contredit de l«s placer dans une étuve ou un four dont la chaleur sera assez forte pour faire périr les animaux rongeurs et même leurs œufs. Les boîtes doivent cire hermétiquement fermées; on fera bien d'y mettre de temps à autre de l'essence de serpelet, du camphre, etc.

OhS MÉTHODES DE CLASSÎFiCATiON DES INSECTES,

Le célèbre Linnœus lira rcnlomologîe da cahos; il clablil sept onires «l'après des caractères uniquement lires des ailes. Celle mélliodc n'est pas suffisaiiimenl coupée , el les caraclères de quelques ordres re son! souvent applicables qu'aux individus d un seul sexe , et même souvent il peut y avoir é(|uivoque , etc.

Geoffroy fil des changeinens à la méthode de Linnseus , on lui doit la découverte importante du caractère pris du nombre des articles des tarses , caractère qui par sa constance est plus précieux que celui que fournissent lesanlenncs.

En 177s, le célèbre I)e(iéer posa les bases les plus naturelles de la classification des insectes; il ne les a pas prises comme Linnaeus d'un «cul genre d'organes, mais de toutes les parties apparentes des insectes.

Fabricius publia en 1775 sa méîbode entièrement fondée sur les parties de la bouche. Cet illustre entomologiste a sans doute fait preuve, dans son système, d'un vaste savoir et d'un rare esprit d'observation; mais sa classification peu naturelle et d'un usnge diincile, a étérejelée presque généralement.

Olivier se contenta de modifiercelle de I.in- <i ses ouvrages se recommandent par de

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Lonnes descriptions et d'excellentes figures.

Il élaît réservé à M. Latreillc d'établir le premier une méthode de classification bien naturelle, il la publia la première fois en 1795 , et l'a pcrtcclionnée depuis dans les diftérens ouvrages qu'il a mis au jour.

Nous admettrons dans cet ouvrage la méthode M. Duméril, qui s'en rapproche beaucoup, mais qui nous a paru cependant plus simple et d'un usage plus facile sans être moins naturelle.

Los insectes se divisent en huit ordres d'auprès l'absence des ailes ou leur présence.

Ces huit ordres sont :

I" Ordre. COLÉOPTÈRES.

' Previier sous-ordre. PENTAMÉRÉS.

î"= Famille. Créophâges, ou Carnassîers.

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