‹ L'entomologieChapitre 10 sur 145 · DE L'ORGANISATION INTERIEURE DES INSECTES ET DE LEURS FONCTIONS · texte numérisé non relu

DE L'ORGANISATION INTERIEURE DES INSECTES ET DE LEURS FONCTIONS

Moxuicment. Les insectes sont pourvus d'un système de mouvement qui leur donne sur tous les autres animaux invertébrés une supériorité très remarqualjlc. Cette faculté dans les mouvemens provient de leur forme générale; en effet, chez eux tout est articulé, les pattes, les antennes, les palpes, le corps même qui comme nous l'avons vu se compose presqu'enlièrement d\inneaux.

Les muscK-îs des insectes sont très nombreux, et très irritables ; il y en a qui sont d'une petitesse extraordinaire , on en a compté plus de quatre mille dans la chenille. Ces nmscles sont des paquets de fibres parallèles, molles , transparentes et blanchâtres ; ils s'attachent à la peau par leur extrémité.

Rrspirafiun.Djins les animaux vertébrés c'est par la bouche ou par les narines que le fluide respiratoire entre et sort pour opérer larespi-

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ration, à l'exception des poissons qui respirant de l'eau la reçoivent par la bouche, mais la laissent ressortir par d'autres issues; il n'en est pas de meine des aniaiaux invcrlébrcs qui respirent. Dans les insectes , ce n'est point par leur bouche qu'ils respirent, mais par les ouvertures latérales placées de chaque côté sur les anneaux et que les entomologistes ont nommées stigmates ; ces organes respiratoires sont répandus chez eux à toutes les parties sans exception. Si on enduit entièrement d'huile un insecte , il périra inévitablement parceque i huile empêchera l'air de s'introduire dans aes organes respiratoires.

Sensibilité. Les insectes jouissent évidemment d'un système nerveux , il paraît même assez avancé dans sa composition , puisqu'il présente un ensemble de parties qui communiquent entre elles , et un foyer commun ou aboutissent les nerfs qui servent aux sensations. Les rentlemens ou ganglions qu'on remarque dans la moelle épinière , ont é6é regardés comme autant de cerveaux particuliers d où partent les fileis nerveux qui doivent porter la sensation dans les auires parties du c >rps. Ils sont assez généralement au nombre de douze , consistant en une nioolle nerveuse assez homogène , placés à la file les uns des autres dans toute la longueur du corps , depuis

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la tefe jusqu'à l'extrémifé oj>posée à\i tronc. Voici leur disposition la plus ordinaire : II* premier est situé dans la têle e! distribue des filets aux diverses parties de la bouche aux yeux et aux aatennes. 11 y en a trois dans la poitrine: un fournit les nerfs aux pattes de devant , un aux ailes supérieures ou aux élytres et aux pattes moyennes, un autre enfin aux ailes infé. rieures et aux pattes postérieures. H y a ensuite dans Tabdomen autant de renflemens qu'il y a d'anneaux , et les ganglions fournissent des nerfs, des muscles, des vaisseaux à air, et des viscères génitaux, digestifs et sécréteurs.

Ouïe. 11 est assez probable que les insectes ont un organe pour percevoir les sons , mais où est-il situé, c'est ce qu'on ignore complètement.

Odorat. On ne peut contester aux insectes Ip faculté de l'odorat, mais où réside cet organe , c'est ce qu'on a long-temps méconnu.

«' On est étonné , dit M. Duméril , que les physiologistes aient voulu par une idée d'analogie peu rfcflécliie, trouver sur la iè(e des insectes l'instrument dcsiiné à arrêter les odeurs et à en apprécier les qualités. Que les mammifères , les oiseaux , les reptiles soient organisés comme rhommc, sous le rapport de l'olfaction, cela devait être, puisque tous respirent par des poumons, et que l'air qui pénètre

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dans leur corps pour cet usage , n'y peut parvenir que par uue seule route , qui est la double entrée des narines: c'est sur ce passage forcé, et à l'orifice même , que l'essai de la qualité de cet air doit être fait, pour que l'animal soit averli du danger de l'admettre ou de la nécessité de le repousser. »

C'est donc par leurs stigmates qu'il est naturel de supposer que les insectes perçoivent les odeurs, leur corps entier jouirait alors de cette faculté.

Aussi remarquons-nous , combien elle est puissante chez ces animaux ; en effet, dès qu'un cadavre ou que les excrémens de quelque animal sont exposés à l'air, de louîes paris on voit arriver des insectes , tels que les bousiers, les sphéridies, les escarbols , les staphylins, les mouches, etc. , qui chacun à leur manière dissèquent, soulèvent, divisent ces matières, en facilitent la dessication , ou enfin la destruction ; admirable prévoyance de la nature qui a voulu faire servir cetîe innombrable quantité d'êtres destructeurs à faire disparaître les restes des êtres organisés privés de vie , afin de les rendre plutôt à la masse générale des élémens , et peut-être aussi pour empêcher que ces débris en putréfaction ne répandent dans l'air des miasmes pestilentiels qui en rendraient la respiration dangereuse âux autres animaux.

a 4 EN"lO>ÏOL001E,

Quelques insectes semblent avoir une destination patliculière , les nécrophores , les boucliers, les (lerincstes, les anlhrèncs , les ptines paraissent principalement appelés à attaquer et à détruire les matières organiques animales privées de vie. Certayies fleurs prennent mie odeur tellement fétide et cadavéreuse, qu'un grand nombre d'insecles qui vivent ordinairement dans les matières putrides accourent dans l'espoir d'y trouver leur nourriture et même pour y déposer leur progéniture.

Dès que certaines plantes sont ouvertes ou que leurss pétales commencent à laisser couler leur nectar , on voit accourir de suiie les abeilles, les guêpes, les sphinx, les papilions , etc.

Les anciens naturalistes qui ne connaissaient point le siège de l'organe de l'olfaclion chez les insectes , expliquaient de diverses manières leur présence dans les matières organiques en décomposition; ils les regardaient coirtme le produit de la putréfaction; plus tard, lorsqu'on revint de cette erreur et qu il fut bien reconnu que les insectes étaient venasd'euï-memes sur les cadavres , on leur attribua une vue si perçante q'j'elle suppléait au défaut de l'organe de l'odorat , mais les insectes qui se rendent sur les fleurs qui répandent une odeur cadavéreuse , démentent suffisamment cette opinion.

Il esl donc tout naturel de conclure que les insectes jouissent du sens de l'odorat, et que celte sensation s'opère chez eux comme chez les autres animaux par l'organe respiratoire.

Goik. Quelques naturalistes ont avancé que la faculté de distinguer les saveurs résidait dans les palpes des insectes ; mais n'est-il pas plus simple et plus naturel de penser que les saveurs se manifestent chez ces animaux comme chez les aulrcs dans l'intérieur même du canal digestif et principalement à son origine dans la bouche; ce qui semble le prouver, c'est qu'ils recherchent ou abandonnent certaines nourritures après en avoir opéré la dégustation.

Toucher. Ce sens est peu développé chez les insectes, ce qui tient sans doute à la peau dure et souvent cornée qui recouvre leur corps. On a supposé qu'il résidait dans les antennes, celles des sphéges, des ichneumons , des chrysides et de la plupart des xi'.ophages , qui sont très vibraliles , sembleraient confirmer cette opinion ^ mais dans d'autres insectes , comme dans les mouches , les cigales, les libellules, ^lles sont si peu développées, car souvent elles ne sont formées que d'un simple poil, qu'on ne peut l'admettre entièrement: ce n'est pas avec plus de certitude qu'on a attribué aux palpes la faculté du toucher, la même ûbjeclion se représente encore , puisqu'il y a

beaucoup d'insecles qui n'ont réellement que des rudimens de palpes.

Les tarses sont bien certainement plus propres qu'aucune autre partie de leur corps, à donner aux insectes l'idée de la nature des objets; ils offrent en effet chez la plupart une large surface spongieuse qui leur permet de s'adapter aux surfaces , même les plus polies ; les araignées, les faucheurs et plusieurs aptères s'en servent évidemment pour explorer la nature des corps sur lesquels ils vont se transporter.

Nutrition. Quelques insectes se nourrissent de matières liquides et sont pour cela appelés suceurs ; d'autres attaquant les substances solides , sont obligés de les diviser et de les broyer , ils sont pour cela munis de mandibules et de mâchoires; on les a nommés mâcheurs.

Le genre de nourriture varie très souvent dans une seule et même espèce aux diverses époques de sa vie. Quelques espèces sont carnassières dans leur preuiicr âge , et herbivores dans la suite, ce qui dans d'autres est tout-àfait le contraire. Celte différence de nourriture provient des changemens qui s'opèrent à diverses époques dans la bouche dos insectes.

'i'ous les insectes sont doués d'un instinct admirable qui les porte à déposer leurs œufs dans les lieux qui leur présenteront une nourri-

lure plus facile et plus abondante. Les scarabées et particulièrement le bousier pillulairc renferment leurs œufs dans une boule de fumier pétrie avec de la terre. Les abeilles , les fourmis , les termites qui travaillent en commun , préparent une pâtée pour leurs petits.

Les cjnips déposent leurs œufs dans de légères entailles qu'ils font dans les jeunes rameaux ou bourgeor^s des arbres ; le cynips du chêne produit ainsi la noix de galle ; l'ichneumon dépose les siens dans le corps vivant de certaines larves ou chrysalides, qui nourrissent ainsi leur ennemi de leur propre substance.

Chaque espèce d'insecte semble enfin être attachée à telle ou telle race, ou à attaquer quelques animaux pendant leur vie ou après leur mort. Les œstres , les hippobosques , les mé. lobosques, les tiques, les puces, les poux, les ricins, les cousins, les taons, les stomoxes, les asiles, les araignées, les demoiselles, les carabes, les mantes, les punaises, etc. , sucent ou rongent les animaux pendant qu'ils vivent encore- D'autres au contraire attendent qu'ils soient morts pour se nourrir de leurs dépouilles; ils s'en emparent dans toutes les circonstances possibles, dans l'eau , dans la terre ou dans l'air: tels senties dermestes, les boucliers, les nécrophores -, les nilidules , les anthrènes , les blattes, les teignes, etc.

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Les organes qui servent à la nulrltlon sont ; la bouche, l'œsophage ou le conduit qui s'étend de la bouche à reslomac, l'estoniac, le tube digestif ou canal intestinal et ses annexes, tels que les canaux salivaires, pancréatiques , biliaires qui ne forment pas chez les insectes de véritables glandes sécrétoircs.

La configuration des parties de la bouche, présente de grandes variations dans Icsinsectes: c'est delà, comme nous l'avons dit plus haut , que proviennent les diverses manières dont ils se nourrissent. : en effet , toutes les fonctions sont lices chez les êtres vivans , et le moindre changement qui survient dans un organe important , entraîne nécessairement avec lui des modifications sur d'autres parties entre lesquelles on ne soupçonnait d'abord aucun rapport. Voici un exemple de cette vérité.

« Le chat, dit M. Duméril , est un animal destiné à se nourrir de chair: toute son organisation le démontre. Supposons cet animal , dont les pattes, dans l'état sauvage, sont terminées par des ongles crochus, rétractiles et distincts , se trouvant tout à coup avoir toutes les griffes réunies et enveloppées dans une seule pièce de corne, arrondie en devant, tronquée en arrière, en un mot, dans un véritable sabot, semblable à celui du cheval. Bien certainement ce malheureux animal, lorsqu'il aura faim ,

courra , par instinct ou par un désir tlépcndant de la nature nitîme de son organisation, surles animaux vivans, dans le dessein de se nourrir de leur chair; mais, ai-rivé près d'eux, prêt à les dévorer.... comment va-t-il s'y prendre pour les attaquer.'' Sa masse n'est pas assez considérable , ses membres assez longs, assez étendus, pour que, d'un^coup de pied ou par une ruade , il puisse exterminer sa victime. D'un autre côlé , pourra-l-il attaquer directement, et sans danger pour lui -même , des animaux comme des belettes , qui chercheront à défendre leur vie? Non, sans doute, puisque son museau court et arrondi ne porte que des dénis incisives faibles, et des lanières trop peu alongées pour qu'elles agissent puissamment. Voilà donc cet animal forcé de périr, parcequ'il n'a pu saisir ou entamer sa nourriture.

» Supposons cependant que cet animal se résigne à retirer des végétaux les sucs qui peuvent servir à sa conservation, à son développement , ou à la réparation de ses organes. D'abord, ses lèvresne sont pas assez aiongeables pour saisir la sommité des herbes; il faudra qu'il mange , la bouche de côté': puis ses dents incisives sont trop petites, trop courtes et trop peu solides pour couper ou arracher ces végétaux: enfin ses dents molaires ne peuvent scr»vir qu'à les couper très grossièrement , et non

OO ENTOMOLOGIL,

à les rc luire en pâle. Accordons mcmc que cctlc nourriture peu succulênle parvienne dans l'eslOHiac, et voyons si elle suffira aux besoins de cet animal. Les herbivores ont , en général, une panse énorme ; le plus souvent ils ont quatre estomacs: or, dans l'herbivore, de notre façon, le tube inteslinal est très resserré ; sa capacité peut contenir à peine , proportion gardée, le dixième du volume des alimens que mange un cheval, par exemple. JNolre chat herbivore n'est donc pas plus heureux sous le rapport des organes de la digestion que sous celui des instrumcns de la locomotion. 11 faut nécessairement qu'il périsse , ou plutôt il est absolument et physiquement impossible qu'il existe un cire vivant organisé de celle manière.»

Fabricius a cherché àappliquer ces principes à la classification des insectes, ils lui ont servi à établir des divisions excellentes et bien tranchées , mais il a poussé si loin cette recherche des formes dans des parties si petites et si délicates , qu'il a rendu sa méthode excessivement difficile , et nous pourrions dire la plupart du temps impraticable.

L'œsophage vient immédiatement après l'arrière-bouche , c'est un canal plus ou moins alongé suivant la nature du corselet.

U estomac varie beaucoup dans les insectes; il est d'autant plus étendu et plus long que Ta-

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nimal est herbivore. C est une observalion qui s'applique à tous les animaux. En efiet, les animaux herbivores élanl obligés d'ingérer une grande quantité de matières végétales pour recevoir une alimentation suffisante, doivent posséder un ventre bien plus volumineux et des intestins bien plus étendus que les animaux carnivores, qui reçoivent, sous un bien moins grand volume, infiniment plus de matières nourrissantes: aussi teslapins, la vache, le mouton, ont-ils le ventre bien plus volumineux que le loup , le renard, les lions, etc. ; les larves du grand hydrophile noir sont carnassières, aussi leur lube intestinal n'a guère que la longueur du corps ; insecte parfait, il devient herbivore ,ct ses intestins roulés en spirale offrent alors plus de quatre fois la longueur de la larve.

Le tube digestif ow canal intestinal , vient de suite après l'estomac; 11 est terminé par le rectum qui aboutit lui-même à l'anus. On observe dans celte dernière partie des lignes saillantes qui forment des côtes sur les excrémens des insectes, la formeen est variable dans différentes espèces. Il est probable que la nutrition s'opère dans les insectes par absorption, c'est à dire que c'est parla porosité du tube intestinal que les matières les plus propres à l'alimentation se séparent de la masse ingérée pour fournir aux organes non seulement les

moyens «le se réparer, mais surtout de s'ac-croître et de remplir leurs fonctions.

Génénitiuii. Tous les insectes proviennent d'antres individus absolument semLlablcs à eux et dont ils se sont d'abord séparés sous forme d'œufs. La généralion spontanée des insectes doit donc être rangée parmi les plus grossières erreurs.

Parmi presque tous les insectes on ne connaît que des maies et des femelles , mais parmi ceux qui vivent en société , tels que les abeilles, les fourmis, les mutiles, les termites» indépendamment des maleseldes femelles, il y a encore des neutres ou mulets, c'est à dire des êtres incapables de s'accoupler et de se reproduire. D'après les observations de Hubcr et de LatreilJe, ces individus n'ont aucun sexe , ce sont des femelles dont les organes sexuels n'ont reçu aucun développement. 11 n'y a point d'hermaphrodites parmi les insectes, les parties ma. les et femelles se trouvent toujours sur des individus différens.

La prodigieuse fécondité des insectes étonnerait sans doute, si nous ne considérions, en même temps, qu'ils servent de nourriture à la plupart des oiseaux et àplusieurs autres animaux, et qu'ils se détruisent même les uns les autres. On dirait que la nature atienlivc aux besoins des êlres vivans a répandu avec profusion sur

le globe, les espèces les plus faibles, celles qui doivent servir à la nourriture d'un grand nombre d'aulres aniinanx, tandis qu'elle a été plus avare des grandes espèces, de celles surtout qui sont les plus destructives.

Voici quelques exemples de la prodigieuse multiplication des insectes^ comparée avec celle des animaux des classes supérieures.

L'éléphant procrée à peine chaque année un seul individu.

Le chien peut en produire 8 à lo.

La poule 3o à 4o.

Le bombyx du mûrier, 3 à 4oo.

L'abeillfr à miel , 3o à ^o^oog.

Suivant Réaumur, un essaim peut se composer de 32,256 abeilles, une rucUe donne quelquefois trois essaims dans un an , et par conséquent fournirait une population de f)6,768 abeilles.

La teigne prolétaire peut donner naissance dans un an, h plus de 200,000 individus.

Une phalène observée par De Géer, peut donner à la troisième génération , une postérité de deux milliers d'individus.

Les pucerons, les mites, les poux se succèdent de manière à devenir incalculables.

Le puceron observé par Réaumur et Bonnet , produit à la cinquième génération 5,904,900,000 individus, et peut donner plus de vingt générations dans l'année !

Lesparljcs sexuellesdesinseclessonf ordinairement situées au bout de l'aLdonien et cachées dans l'anus. Celles du mâle sont, accompagnées de crochets , et celles de la femelle d'une espèce de tarière ; dans les libellules cependant les parties sexuelles sont à l'origiiic du ventre dans le mâle et à l'extrémité dans la femelle.

Les insectes vivent beaucoup plus long-temps dans l'état de larve que dans celui d insecte parfait, dans ce dernier ils ne subsistent ordinairement que quelques jours et même quelques heures. Une fois que le grand œuvre de la nature a été accompli , c'est à dire que la reproduction a eu lieu, peu après l'accouplement, les mâles périssent, et la femelle ne survit que pour avoir le temps de déposer ses œufs. Mais si les individus qui naissent à la fm de l'été n'ont pas eu le temps de s'accoupler, ils passent l'hiver sous l'écorcc des arbres ou dans la terre , afin de pouvoir au printemps prochain satisfaire à cette importante loi de la nature et périr ensuite.

Tous les insectes sont ovipares ; dans quelques uns les œuk éclosent dans le corps même de l'animal. C'est ce que lléaumur a observé dans les pucerons qui ïnettaient au monde des petits vivans à certains époques de l'année.

Dès que la femelle a été fécondée^ elle n'est plus occupée qu'à chercher un lien convenable

pour y déposer ses œufs et pour que les pellls qui doivent en sortir puissent y trouver une nourrilure convenable. Les papillons, !es phalènes, etc. , placent leurs œufs sur la piaule dont les chenilles doivent se nourrir. Les libellules qui dans l'état parfait vivent éloignées des eaux bourbeuses y reviennent pour y déposer leurs œufs, parceque c'est dans la fange que leurs larves doivent trouver leur nourriture. L'abeille prépare une pâtée pour ses petits; les ichneumons à l'aide de leurs aiguillons enfoncent leurs œufs dans le corps des chenilles et des larves des diptères et des coléoptères. lia plupart des coléoptères percent le bois le plus dur, d'autres fouillent la terre pour les placer dans la racine des plantes, etc. L'œstre suit avec opiniâtreté le bœuf, le cheval, le mouton, le renne pour déposer les siens sous la peau, dans les naseaux et dans les intestins de ces animaux. Que de faits curieux, que de merveilles dans l'histoire des insectes! Ce que nous allons dire sur leurs métamorphoses paraîtra encore plus étonnant.

Méiamorphorses. Les métamorphoses que subissent les insectes , sont pour le naturaliste l'un des phénomènes les plus singuliers et les plus admirables que l'histoire naturelle puisse nous offrir. Les mutations qu'elles nous offrent sont si remarquables , qu'il semble que les aai-

Ob LNTOMOLOGÎK,

maux qui subissent les plus grandes, naissent en quelque sorte plusieurs fois. Les rnutalions ne se bornent pas toujours aux formes extérieures, souvent elles s'étendent aux organes intérieurs, el particulièrement à ceux de la digestion comme nous l'avons déjà dit, surtout quand l'animal d'iierbivore devient Carnivore et vice i^eisà.

Pour donner à cette partie intéressante de rblsioire des insectes toute l'étendue qu'elle mérite, nous allons les prendre dès l'œuf qui les contient.

L'oeuf contient sous ses enveloppes particulières l'embryon de l'insecte avec les substances qui doivent le nourrir et servir à son développement. La configuration de ces œufs, et la manière dont ils sont pondus et disposés, chacun selon les besoins futurs , sont des plus admirables. 11 en est de mous, et d'autres dont la coque acquiert quelquefois une très grande solidité. Les uns sont agglomérés, collés les uns aux autres, réunis par des pédicules communs ou distincts; il en est de S])hériques, d'ovales, de cylindriques, de plats, de déprimés, de comprimés, de prismatiques, d'anguleux, etc. Quelques uns sont enveloppés de matières protectrices propres à en éloigner les animaux qui en seraient avides : ce sont tantôt des odeurs, des pointes acérées, des liqueurs corrosives ,

Leçon ii. 3/

des enveloppes serrées et impéne'trables , ou d'autres moyens astucieux et trompeurs que la femelle a mis en us:)ge pour garantir sa progéniture , jusqu'à les couvrir (le son propre corps, qui se dessèche et les protège comme un bouclier, ainsi qu'on le voit dans les cochenilles. Les œufs de la mouche stercoraire , ont de chaque côté une petite membrane latérale, en forme d'aile, qui les empêche de s'enfoncer dans lescxcrémcns sur lesquels la mère les à déposés. Les œufs des cousins sont plantés comme des quilles et rassemblés en forme de nacelle, qui vogue sur la surface des eaux. 11 y a des insectes qui enveloppent les leurs d'une grande quantité de poils et ils en forment un corps qu'ils collent après un arbre ou sur un murj d'autres les disposent en anneau au Ij-ouc des branches des arbres, et les enduisent d'une matière très visqueuse, etc. , etc. On conroii aussi que la couleur de ces œufs varie beaucoup selon les espèces et l'époque à laquelle ils ont été pondus , parcequ'alors le germe développé communique ses feintes aux membranes qui les recèlent. Quelques uns de ces œufs éclosent dans l'intérieur du corps de leur mère ; c'est ce qui arrive à ceux des pucerons dans certaines époques de l'année, à ceux de la mouche bleue de la viande , des hippobosques ;

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enfin, chez tous les inscclcs dils, pour cela même, ovoiûoipiires.

Les œufs de tous les insectes n'éclosent pas dans le mcme inlervalle de temps après la ponte , ceux de cerlaines mouches exigent moins d'un jour, il faut dix mois ou plus à ceux du bonihyx.

La larve rompt la tunique de l'œuf et montre l'insecle dans son enfance.

On s'accorde à distinguer les métamorphoses des inscclcs en incomplèies ou partielles, e1 en compJctes ou générales. Dans les incomplètes, les insectes naissent de Tœuf à l'état de fausse larve, ou peu différens de ce qu'ils seront toute leur vie, excepté la sortie des ailes, et quelques mues ; mais l'appareil de la manducation ne change pas : quelques aptères muent chaque pinlemps sans rien acquérir; les cloportes et autres insectes de cette classe obtiennent des paires de pattes, etc. T^es ovthoptcres^ forficules, blattes , mantes , sauterelles, grillons , se bornent à prendre des ailes , ainsi que les //rw/y;/é'/-^.ç, punaises, cigales, pucerons, etc., et les né<,'ro}jtéves , libellules, éphémères, termites.

Dans les métamorphoses complètes, les insectes naissent en forme de ver ou larve , passent ensuite à l'élat de chrysalide , de momie etde nymphe.

La hiive ou premier état des insectes.

En sortant de l'œuf, l'Insecte s'appelle laroe. La forme en varie beaucoup : on lui donne tantôt le nom de ver, tanlôl celui de larve qui signifie masque, et lanlôl celui de chenille, nom consacré à la larve des lépidoptères.

Parmi les larves il y en a qui ont des pâlies, d'autres qui en sont entièrement dépourvues. Celles qui ont des pattes en ont six ou davantage ; mais il n'y a que les six qui répondent à celles que doit avoir l'insecte parfait qui soient articulées, les autres sont molles, imparfaites et pour ainsi dire provisoires.

C'est sous la forme de larve que l'insecte prend tout son accroissement. Aussi est-elle ordinairement très vorace , et elle grossit d'autant plus prompiement que sa nourriture est abondante. Avant de subir sa première Irans • formation, elle change plusieurs fois de peau.

La mue est un charîgement de peau auquel les larves de presque tous les insectes sont assujciies, c'est plutôt une espèce de maladie ou de crise qu'une partie de la métamorphose ; aussi la larve s'y prépare-t-clle par une abstinence totale. Non seulement elle ne mange pas, mais encore elle reste presque immobile, ses couleurs se (létrisscnt , et elle succombe quelquefois à ce véritable état de maladie. C'est

quelques jours après sa dernière mue qu'elle subit une Iransforination et qu'elle passe à l'état de nymphe ou de chrysalide. On croit que les larves des diptères et des hyinénoplères ne subissent aucune mue avant leur première transformation.

Second état des insectes.

On a donné le nom de nymphe ou de chrysalide aux insectes parvenus à leur second état , quelle que soit la forme qu'ils affeclent dans cette circonstance. Ils différent autant dans ce second état que dans le premier. Toutes les larves jouissent de la facullé d'un mouvement progressif, toutes prennent des alimens et acquièrent l'accroissement dont elles sont suscepùbles. 11 n'en est pas de même de tous les insectes parvenus à leur second état ; car si les uns ressemblent encore beaucoun à la larve, courent, mangent comme elles, et offrent seulement des pariies qu'elles ne possédaient pas ; les autres tantôt cacliés dans une coque opaque qui n'a point la forme d'un animal, tantôt recouverte par une pellicule mince, tsniôt même à nu, restent immobiles et ne prenneiit p!us d'alimens. Ces derniers ne ressembleiii alors ni à la larve dont ils proviennent, ni à rinsecfe parfait qui doit en sortir.

LEÇON II. ii

Enfin beaucoup d'enire eux paraissent dans un état (le mort.

Les insectes parvenus à leur second état ; peuvent se diviser en trois sortes principales j 1° en chrysalide ; 2" en momie ; 3" en nymphe.

On appelle chrysalide tout insecte qui, parvenu à son second élat , est tout-à-fait inactif, ne prend plus de nourriture et se trouve enfermé dans une enveloppe ou coque qui le cache entièrement. Celte coque n'offre ni bouche, ni yeux, ni pattes, ni antennes, rien enfin qui ressemble à un animal. Les chrysalides cependant sont bien vivantes ct^ont besoin de respirer; toutes sont à cet^ffet pourvues de stigmates, et l'air leur est si nécessaire que dès qu'on les en prive, elles périssent aussitôt. Ces stigmates, au lieu d'être conime des points enfoncés à (leur de peau, ont quelquefois des formes très singulières; elles sont placées à l'extrémiié de certaines élévations et ressemblent à des cornets, à de petites cornes, ou à des filets tubuieux.

On nomme rnunue tout insecte qui , parvenu à son second éiat , est toul-à-fait inaciif, ne prend plus de nourriiure , et cependant n'est point enfermé dans une coque qui le cache entièrement. Il est alors, soit recouvert par une pellicule mince qui laisse apercevoir ses parlies , soit même à nu.

On nomme nymphe, lout insecte qui, ne subissant qu'une mélamorphose partielle , conserve dans ses deux derniers états les parties qu'il avait en naissant, ne fait qu'acquérir des parties nouvelles , et dans sa première mutalion ne perd point ?on activité et ne cesse point de prendre de la nourriture. La nymplic ne se distingue de T insecte parfait, que parceque ses ailes ne sont pas encore développées, et qu'elle à seulement des moignons d'ailes plus ou moins grands, selon qu'elle est plus ou moins avancée. Dans quelques races , le développement des ailes n'a jamais lieu entièrement , 'tlles conservent toujours leur état de nymphe, s'accouplent et se multiplient comme des insectes parfaits.

Troisième état des insectes.

Le troisième état des insectes est celui (Tinsecte paijait; ils ont alors, en général, une forme lout-à fait différente de celle qu'ils avaient en naissant, soit des parties nouvelles qu'ils ne possédaient point dans leur premier âge.

En effet, d'insectes rampans qu'ils étaient en général, ils deviennent pour la plupart insectes volans , et possèdent alors la faculléde se reproduire. C'est l'époque la plus Lrillanle de leur vie, ils ne respirent plus alors que la gaîlé et le plaisir ; ils s'y livrent avec tant d'ardeur

qu'épuisés en peu de temps, ils perdent la vie avant la naissance de leur posiérilé. Aussi cette période de leur vie est la plus courte ; et dès qu'ils ont satisfait au vœu de la nature , elle ne s'intéresse plus à leur existence.

I>E5 MOYENS QUE LES INSECTES EMPLOIENT POUR CONSERVER LEUR EXISTENCE ET POUR SE PRO- PAGER.

La nalure qui s'est montrée si prévoyante et si attentive dans l'organisation de tous les êtres en général, semble s'élre surpassée ellemême dans la formai ion des insectes. Elle a voulu entourer leur faiblesse de plus de moyens de conservation, et comme dans des êtres si petits, elle ne pouvait placer une force qu'elle put opposer aux races supérieures d'animaux, eile a eu recours à la ruse et à une foule d'autres moyens admirables ; c'est l'étude de ces moyens qui rend l'histoire des insectes aussi attrayante.

Beaucoup d'insectes sont doués d'assez d'agilité pour éviter le danger par une prompte fuite ; quelques uns se laissent tomber subitement du lieu ou leur ennemi cherche à les saisir, et restent comme morts jusqu'à ce que le danger soit passé ; d'autres ( les opatres) habitant les sables ou les terres légères, recouvrent Icur^ corps de sable terreux ou de poussière ,

ENTOMOLOGIE, LEÇO:!^ III. 4-5

afin d'éviter d'clre (kîcouveiis; c'est une sorte de déguisement qui leur permet de vivre en sûreté. Les uns vivent habituellement sur les plantes dont ils ont la couleur, il est difficile alors de les distinguer. 11 y en a qui ont la faculté de sauter à des distances très considérables, l'altise, le taupin ; quelques uns laissent échapper de leur anus ou de leur bouche une liqueur acre et caustique qui repousse leurs ennemis. Le carabe pétard lait plus , il laisse échapper de son anus une détonation accompagnée d'une vapeur blanchâtre et d'une odeur acide. Souvent cet effet, produit par un seul individu de la famille , pénètre d'une crainte salutaire et détermine tous les insectes de la même tribu à en faire autant; alors toutes les crevasses de la terre qui les récèle forment et représentent autant de petits volcans.

Les dytiques , les hydrophiles , les tourniquets ont été plus singulièrement favorisés encore ; ils sont doués tout à la fois des niouvemcns propres à la plupart des quadrupèdes , des oiseaux et des poissons, c'est à dire qu'ils marchent, qu'il volent et qu'ils nagent, ils se dérobent à la poursuite des volailles en se^plongeant dans l'eau, et à celle des poissons ens'élançant dans l'air.

Mais ce n'était pas assez que la conservation de l'insecte fût assurée sous l'état parfait; la

larve nue , n'ayant pour défenses que ses maadibules, est aussi obligée «l'user tVarlificc pour se soustraire à la voracité de ses nombreux ennemis.

Aussitôt qu'elle se sent saisie par quelque oiseau aquatique ou par quelque poisson , son corps , dont les anneaux étaient distincts et rapprochés par les nmscles, devient flasque et mollasse ; il s'alonge : sa peau, âpre, coriace et couverte de boue , s'abandonne aux indexions diverses, cède aux liraillemens, résiste imperturbablement aux piqûres, aux déchirures légères , sans manifester le moindre signe de vie, et ressemble à celh d'un cadavre dans un état de demi-putréfaction, probablement dans le but de dégoûier la convoitise des animaux qui ne dévorent que des proies vivantes.

Les malachies ou cicindcles à cocarde sont , ainsi que leur nom l'indique, de petits coléoptères dont toutes les parties sont très molles. Ils fourniraient, par cela même, une nourriture fort délicate aux hirondelles et à tous les animaux entomophagcs ; cependant les oiseaux ne les recherchent pas, parceque, aussitôt que l'insecte est saisi , il produit au dehors, sur les côtés du corselet et du bas-ventre, des appendices gonflés, des tantacules en forme de croissant, le plus ordinairement colorés , enduits d'une matière acre et amère , d'une hu-

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meur odorante , qui doit bîenlôt faire perdre au ravisseur tout appétit pour une friandise aussi trompeuse.

Les ptines , que Geoffroy a nommés hniches, se nourrissent pour la plupart des dé[)ouilles des animaux dont les corps ont été desséchés et n'ont pu, par cela même, élre soumis à la décomposition putride. Elles dévastent toutes les collections de zoologie, et principalement celles qui contiennent des insectes. Les larves se tiennent soigneusement renfermées et cachées sous les anneaux du corps. des insectes, dont elles niénagent l'extérieur. Le ptine parfait que ces larves produisent, se rencontre souvent en hiver, saison dans laquelle II travaille à sa reproduction. C'est pendant la nuit qu'il cherche les débris d'animaux dans lesquels il doit déposer ses œufs. Les antennes et les pattes de l'insecte parfait sont très alongées , de sorte que, lorsqu'il marche, il occupe un espace près de trois fois aussi étendu que son tronc. S'il se croit aperçu, aussitôt par un acîe de paralysie volontaire , il quitte le plan sur lequel il marchait : il se palolonnc , il tombe , les antennes et les pattes resserrées conîre le corps, ei il ne produit plus aucun mouvement. C'est en vain que vous cherchez l'insecte que vous aviez vu courir avec agilité; vous ne retrouvez plus qu'une masse sphéroïde, alongée, rcssem-

Liant h toute autre chose qu'à un cti-e vivant. Quelques espèces de ce genre se laisseraient plutôt mettre en pièces que de donner signe de vie. Telle est, entre autres , celle que l'on appelle , pour cette raison, obstinée ( fAinus pertinax ) , sur laquelle on a fait la cruelle expérience de brûler qut Iques parties de son corps traversé par une épingle, sans qu'elle manifestât le moindre mouvement.

Les cassides , comme la tortue étant recouvertes par des élytres qui débordent de beaucoup leur corps, se trouvent ainsi parfaitement garanties.

I^e criocère merdigère ou crlocère du Us se recouvre de ses excrémens, tellement que pour le découvrir il faut savoir d'avance qu'il a l'artifice de couvrir son corps de tout ce qui peut en sortir.

Nous examinerons , en parlant de chaque famille , les moyens de conservation que la nature a si admirablement suggérés à ces êtres intéressans. Passons à leurs divers modes de propagation.

Tous les insectes , sans exception , naissent d'œufs fécondés dans le corps de leur mère par un accouplement immédiat entre les deux sexes. En général , le nombre des mâles est proportionné à celui de femelles. Cependant il est rare que les individus d'une même espèce

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forment une paire. I.cs insccics ne se rcpro- «luisenl qu'à l'clal parl.iil, c'est h «lire lorsqu'ils ont subi toutes leurs niélaniorplioses , ou acquis leur entier accioissrinent ; h l'élJl de larve leurs organes st-xuels n'ont point reçu le iléveloppenient nécessaire pour exercer leurs fonctions. I.e premier besoin (ju'éprouvc 1 insecte parvenu au dernier di-gré de si croissance c'est <le se reproduire ; les maies rerlierchent alors leur femelle a\ec empressement , et dès qu'ils ont accompli le grand œuvre de la géncration , le mâle qui s'est épuisé par des jouissances multipliées succombe aussilot après , ou languit encore jiendant quel(|ues jours ; la femelle ayant d'autres devoiis .i remplir ne lui survit onlinaircinenl que jus(|u'à ce qu'elle ait pondu et assure la conservation de sa progéniture. La plupart ne se reproduisent qu'une seule fois, je dis la plupart , car , parmi les aptères, il y a des genres qui se multiplient plusieurs fois dans le cours de leur vie , tels sont les cloportes et les araignées.

Tous les animaux ressentent les désirs de l'amour; tous aussi sont doués de différents moyens de se les conununinuer. Parmi les insectes , les uns possèdent (\cs insiruinens musicaux h l'aide desquels ils font retentir au loin leur chant d'amour, d'auiies rép;mdent pendant la nuit une lumière pbospliorique pour se

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faire remarquer du sexe dont ils onl besoin. Plusieurs se font annoncer par des odeurs plus ou moins Tories qu'ils laissent émaner dans les airs.'

La manière dont les araignées se fontlaiiiour est très singulière et mérite (|ue nous le rapportions ici. Ces animaux sont très féroces; chez eux , la loi du plus fort est la seule qui soit eu vigueur : aussi se livrent-ils, lorsqu'ils se rencontrent , des combats qui se îenninent toujours par la mort de l'un des comballans qui devient alors la pâlure du vainqueur : la difftrence des sexes ne diminue point celte férocité. On conçoit qu'entre de tels animaux l'accouplement doit être précédé de beaucoup de précautions. Lorsque le mâle qui est destiné à faire les avances est contraint de céder au désir qui le domine , il quitte sa retraite pour aller chercher celle d'une femelle ; il s'arrête à une certaine dislance , alonge une de ses pattes pour tirer un des fils projetés le plus loin. A ce mouvement qui se communique au centre où se tient la femelle , elle sort pour en reconnaître la cause ; le mâle a déjà pris la fuite , mais bientôt il revient; il fait une nouvelle tentative ; il la fait à un pas plus près du centre de l'habitation; il fuit encore pour revenir ci s'approcher davantage , mais par degré à chaque retour. Cet exercice est toujours de plusieurs

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licurcs , quelquefois de plus d'une dcmi-jourliée ; il arrive nsstsz stMîycnt que ia femelle qui u'est pas rentrée dans son troii' ou qui n"a pas regagné le centre des fils , mais qui reste dans 1(1 .plîyçej-où «11(0: s'est, d'abord arr<;lée ,- plus jirgfsée.piii;.sa voracité que parle besoin de s" unir au malc , se jette sur lui , ou le p.otarauifc et le dévore ; ce qui lui est d'autant plus facile que dans ce genre les femelles sont beaucoup plus fortes et armées de mâchoires plus développées. Quand le besoin de l'accouplement (JOLiwne, dans la femelle, celui de la voracité , elle laisse enfin approcher le mâle jusqu'à elle ; n\ais à peine est-elle satisfaite, à peine l'accouplement est-il fini que son penchant féroce reprend son ascendant , elle se jette sur le mâle qui échappe bien rarement , malgré sa promptitude à fuir.

Le mode d'accouplement est très varié chez les insectes , il dépend toujours de la position des organes sexuels ; nous indiquerons., en examinant chaque genre, ce que les. divers ac— çouplemens de ces animaux présentent de plus iji,téressani. -

iO':q[ iflrv" n-'h ;mvi <? si» -iliaii ib iiti^H I»

BE LA MANIÈRE D'CBSERVER LES INSECTES , DE LES RAMASSER LT P'eN FAIRE DES CCLLEO TiONS.

Obserrcr , ce n'est pas seulement , comme qaelques personnes se l'imaginent , recueillir âes insectes ou tout autre objet de la nature, en déterminer les noms, et les ranger ensuite dans un ordre quelconque; le véritable observateur doit cherclier continuellement à dérober k la nature quelques uns de ses nombreux secrets. Tout le monde n'est pas doué des qualités nécessaires pour bien observer; il faut une raison droite , de la pénéiralion , du génie enfin , et avec tout cela beaucoup de patience. Plus que toute autre, l'élude des insectes exige ces qualités ; mais aussi on le peut dire , elle procurera les jouissances les plus Inattendues, et récompensera dignement l'observateur.

11 serait dl.fîcile de tracer des règles pour observer la nature ; les ouvrages des Kéaumur, des De Géer, pourront à la fols servir de pré-

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