DIXIÈME FAMILLE
LES MGLLIPENÎSES OU APALYTRES.
PL i.fig. 5 et 5 bis.
Caract. A élylres mous ; corselet aplati ; antennes en fil ou variables.
On a étabi neuf genres dans cette famille, d'après la forme da corselet, des antennes et la disposition des anneaux de l'abdomen.
Genres. Drille, lyque , lampyre ou ver-lal-
sant , malachlc , téléphore , omalise , mclyre , cyphon.
Les iBoIlipcnnc's sont ainsi nommés à cause de la molesse de leurs élylrcs qui sont flexibles et élasfi(iues. Ces insectes sont très vifs et voient avec beaucoup de légèreté ; on les trouve sur les fleurs dont ils se nourrisent. Plusieurs entomologistes prétendent aussi qu'ils sont carnassiers, opinion que la conformation des mandibules des larves de quel([ues uns rend assez vraisemblable.
C'est à celle famille qu'appartiennent les lampyres ou \'ers-ha'sanfs . qui possèdent la propriété singulière de répandre pendant la nuit une forte lumière phosphorique.
IjCS lampyres se rencontrent en été, dans les prairies et suv le bord des chemins. Dans les pays où ils sont communs les mâles en voliigeant remplissent l'air de vives étincelles ; ce qui offre un spectacle vraiment admirable. La femelle qui est dépourvue d'ailes, reste cachée sous l'herbe pendant la journée , mais la nuit elle se manifeste par la lumière éclatanlc qu'elle répand ; c'est particulièrement pour attirer le mâle que la nature l'a douée de celte phosphorescence.
Plusieurs savans ont prétendu que cette lumière dépendait entièrement de la Tolonté de l'animal; on remarque en effet qu'en liberté
112 ENTOaiOLOGIE,
elle est régulière, mais qu > lorsqu'on se saisit de 1 iiisocie, elle devienl bien irioins vive el quelquefois même cesse par intervalles. Tous les mâles n'ont pas la faculté de luire.
La partie lumineuse «les lampyres est située dans les derniers anneaux de l'abdomen , ce sont des taches jaunes qui répandent une lueur phosphorescente blanche ou bleuâtre.
La larve des lanipyres ressemble beaucoup à la femelle , De Géer en a observé qui avalent la faculté Ce luire, ce qui prouve que la nature n'en a pas doué la femelle dans le but seul d'attirer le n)âle. Le o;(^nre des lampyres se compose d'une quarantaine d'espèces qui sont peu remarquables par leurs formes, ou leurs couleurs; il y en a deux dans le nord de la France etdeux autres dans le midi de l'Europe.
Quelques insectes de cette famille, les malachies , présentent une particularité remarquable ; lorsqu'on les saisit, on voit sortir dos côtés de leur corselet, et de leur ventre deux vésicules renflées, molles, d'une forme peu régulière, trilobées, et d'un beau rouge écarlatc ; les vésicules disparaissent lorsque l'animal est rendu à la liberté : serait-ce un moyen que la nature leur aurait donné pour effrayer leurs ennemis, ou bien s'en serviraient-ils euxmêmes contre les petits Insectes dont on soupçonne qu'ils font leur piîui'e ?
DLS COLÉOPTÈRES IIÉTÉROMÉRKS.
Coléoptères à cinq articles aux deux paires de tarses antérieurs, el quatre seulement aux postérieurs.
OÎS'ZIÈME FAMILLE.
LES VÎ:Sl<AÎSS ou ÉPISPASTIQUES. PL a. fig. 3.
Caract. A élylres mous , flexibles.
Genres. Dasyte , lagrie , notoxe , anlhicc , méFoë , canlharide , cérocome , mylabrc , apaie , zon-te.
Les insectes de celle famille ont presque fous la propriété de produire , lorsqu'ils s'appliquent sur la peau, une sorte de cloche, de vessie ou de brûlure ; ils dépouillent les arbres dont ils mangent les feuilles.
Les dasytcs forment un petit genre; elles
ri4 OnoMOLOGIE ,
sont pour la plupart ornées de couleurs variées et très brillantes. On les trouve sur les graminées dans le mi«li de la France.
Les lagrles sont assez peu nombreuses; on connaît peu de cbose sur leurs mœurs. Elles vivent sur les plantes. L'espèce la plus commune en France est la lagrle hérissée.
Les notoxes habitent les fleurs, on trouve communément en France, une jolie espèce, la cucule, notoxus monuccros On la reconnaît facilement à son corselet , prolongé antérieurement en pointe , et qui imite un capuchon.
Les anthices ont été comprises par beaucoup d'entomologistes parmi les noioxes, elles soîit d'ailleurs en petit nombre et n'offrent rien de particulier.
Les cantharidcs sont très employées en médecine. Elles sont un puissant aphrodisiaque. Mais l'usage qu'on en fait à l'intérieur est excessivement dangereux. 11 produit une irritation très grande, des pissemens de sang violents, et plusieurs autres symplumes fâcheux.
Les anciens n'ignoraient pas les propriétés vénéneuses des cantharides. Ovide, dans une de ses imprécations, souhaite à son ennemi d'avaler le suc des cantharides. Les ancicn3 médecins en ont indiqué une multitude de contrepoisons.-
Ces insectes vivent parliculièreinent sur le frêne , qu'ils dépouillent pronipteuicnt de ses feuilles; ils se nourrissent encore du sureau, du troène , du lilas, du chèvrefeuille, du peuplier, etc. ; ils répandent au loin une odeur très désagréable qui , respirée long-lemps, pourrait devenir dangereuse. Pour les faire périr proniptenient on les met dans du vinaigre : on les ré«olle en étendant une nappe au pied des frênes, et on les bat; les cantharidos ne tardent pas à tomber.
Les larves paraissent vivre dans la terre , elles ont été encore très peu étudiées.
Les méloës sont sans ailes, et à élytresqui ne recouvrent point enfièrementl' abdomen, et qui, par leur bord interne, ne forment point une suture droite. On les voit se traîner à ferre ou sur les plantes peu élevées; ils se nourrissent d'herbes, de violettes. Ils sont naturellement très lourds; la femelle traîne avec elle un ventre énorme qui lui permet à peine de marcher. Le seul moyen de défense qu'ils paraissent einployer contre leurs en:.e)nls, consiste dans une liqueur huileuse, épaisse et tenace qu'ils laissent échapper par les jointures de leurs cuisses, dès qu'ils se sentent toucher. Cette huile a été vantée chez les anciens ; dans quelques pays oa en fait encore usage dans l'hydropisie , dans la peste pour fondre les tumeurs, et pour apaiser
ïlG EMOMOLOGlt,
la colique des chevaux. On en fait aussi une pommade pour enlever les gerçures des mains. Mais ce qui l'avait rendue plus célèbre c'était la propriété qu'on lui avait atlribuée d être un spécifique contre riiydrophobie.Frrdéric 11, roi de Prusse, acheta ce secret , trois cent ecus d'empire, d'un paysan silésien ; mais l'expérience ne tarda pas à prouver que malheureusement on s'était bercé d'un fol espoir.
La larve vit en terre ; elle est lourde , grosse et très molle.