VINGT- QUATRIÈME FAMILLE
LES FORFICULES OU LABIDOURES. PL ?u fg. IG.
Caract. Antennes de même grosseur de la base à la pointe; pattes égales entre elles, 1er-
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minées par trois articles, dont l' avant-dernier <.'Sl à deux lobes ; abdomen termine par deux crochets en pince mobile.
Genre. Perce-oreille ou forfscule.
Ce genre forme à lui seul cette famille. Ces insectes ont le corps alongé, terminé par deux longues appendices arquées, en forme de pointe, plus grosses à leur origine qu'à leur extrémité, et garnies intérieurement de petites dentelures. Dans les mâles ces appendices sont plus longues et plus arquées. Ces insectes vivent sous les pierres, dans les murs, sous les écorces des arbres et dans les calices et les corolles des (leurs; ils se nourrissent de fruits mûrs, et font de grands ravage» dans les jardins.
Suivant De Géer, le mâle , dans l'accoupleîiient, s'approche de la femelle à reculons ; avec sa pince, il taie l'endroit par lequel il doit s'unir à elle ; ensuite il applique l'exîrémité de son ventre en dessous du corps de la femelle , et se joint à elle après avoir fait sortir d'entre le pénultième et dernier anneau de l'abdomen, l'organe qui caractérise son sexe. Pendant l'accouplement, le mâle et la femelle sont placés sur une même ligne , ayant la tête opposée l'une à l'autre , et leurs pinces appliquées respectivement sur leur ventre. Les femelles ont très grand soin de leurs œufs et les couvent à la manière des poules. On trouve ces œufs
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dès le commencemrnt d'avril sous les pierres; ils sont assez grands, lisses , de forme ovale ; les pelifs qui en sortent vers le milieu de mal sont proportionnellement beaucoup plus grands que ces œufs, ce qui indique que toutes leurs parties y sont très comprimées. Les petits ne diffèrent de leur mère que parcequ'ils n'ont n'y ailes ni élytres, et que leur pince est droite au lieu d'être arquée. A l'état de nymphe, ils ont des ailes et des élytres, mais renfermés dans des fourreaux plats, qui sont comme collés sur leur dos. Après le dépouillement de la nymphe, les ailes se déploient; 1 insecte peut alors se reproduire.
Les petits témoignent beaucoup d'attachement pour leur mère et celle-ci pour eux. De Géer a vu de jeunes forficules se placer sous le ventre et entre les pattes de leur mère et y rester des heures entières.
Ces insectes, à ce qu'il paraît, deviennent carnassiers dans certaines circonstances. De Géer en a enfermé quelques individus qui se sont dévorés les uns les autres.
VINGT-CIINQUIÈME FAMILLE.
LES BLATTES OU OMALOPODES. PI. 3. Jig. II.
Caract. Antennes en soie , souvent très longues ; corps très déprimé , corselet arrondi en
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Loucller, cachant la Icle et Torigine des élylics; abdomen lerniinc par deux appendices; pâlies très comprimées , surlout dans les hanches , les cuisses , les jambes , qui sont épineuses ; tarses à cinq articles.
Genre. Blatte.
Les blattes sont des insectes ordinairerment assez gros; quelques espèces ont plus d'un pouce de longueur; les anciens les ont désignés sous le nom de Incifugœ , qui fuient la lumière. Les blattes vivent dans les maisons où elles sont très incommodes, mangeant et rongeanttoul ce qu'elles trouvent, principalement le pain, la farine, le cuir, le sucre, le fromage et autres provisions. Elles se cachent pendant le jour dans les trous et les fentes des murs, derrière les tapisseries, dans les angles des armoires, etc., elles sortent la nuit et se répandent partout , mais la clarté d'une lampe suffit pour les écarter et les faire fuir.
« L'histoire de la propagation et des métamorphoses de cet insecte, autant qu'on a pu la suivre , est une chose extrêmement remarquable. L'instinct a pourvu aus.V d'une manière bien merveilleuse à la conservation' dé leur couvée. Nos lecteurs se seront diflicilement doutés, en considérant les trois pïititè coffres arrondis et s' aplatissant vers les bords^, représentés au bas de notre planche en a, 'b'.
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c, qu'ils avaient sous les yeux le berceau et la chambre d'enfans d'une famille de blattes. Ils en mettront d'autant plus d'attention à nous suivre, que cet appareil diffère absolument de ce que nous avons observé à cet égard dans les insectes à étuis. La femelle va et vient, portant avec elle assez long-temps un corps ovale saillant hors du corps , qu'on a pris pendant bien du temps pour un œuf; et elle en use yraisemblablement ainsi pour que l'écorce extérieure de ce corps se dessèche et se durcisse un peu à l'air. La couleur de celle écorce est blanche d'abord, et brunit ensuite toujours davantage. Vient-on à examiner de plus près cette singulière écorce ? on y remarque des deux côtés un bord dentelé en forme de scie , dont les dents sont disposées de manière tjue les pointes opposées aux intervalles les remplissent. Une matière gommeuse cimente si fortement cette écorce, à l'endroit de la suture, qu'il est plus mal aisé de l'ouvrir là que partout ailleurs; car la nature aura déjà soin de fournir aux créatures qui s'y trouvent renfermées, une clef pour sortir de prison au temps opportun. Une bouillie liquide qu'ils dégorgent ;ramollit le ciment du rebord dentelé, et ouvre aux jeunes blattes la porte d'une prisoji qui leur fut si salutaire jusq'u'à ce moment, puisqu'ils devaient y acquérir plus de maturité
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avant de paraître sur la scène du monde. Si l'on partage auparavant celle ecorce par moitié , l'on trouve dans chacune huit cellules, et chaque cellule hahilée par une nymphe (larve) chez laquelle on peut reconnaître toutes les parties de l'Insecte. Ainsi dans son principe ce singulier corps a fut formé dans le ventre de la mère , pour devenir un coffre à serrer des œufs , et dans lesquels six enfans commencent à se développer. On volt dans la moitié d'une écorce ^, sept cellules vides, et une où une nymphe /", est encore couchée ; et dans une autre demi- écorce en <?, nous remarquons huit œufs hianchatres qui ont la forme de ce qu'on nomme œufs de fourmis. Peut-être que ce sont précisément les pellicules dont ces œufs sont enveloppés , qui fournissent la houillie qui sert à dissoudre le ciment. Lors donc que les nymphes sont sorties des œufs, et qu'elles ont atteint le point de maturité requis , les seize sœurs abandonnent à lafoisles cellules et ont encore un quadruple changement de peau à subir pour devenir insectes parfaits'. Nous nous abstenons de toutes observations sur cet admirable appareil : par exemple , comment ces seize œufs ont été couchés et rangés chacun à sa place ; de quelle manière ces coffrets sont(rans{)ortés de côté et d autre par la mère; commeul elle découvre que l'écorce a acquis la
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solidité requise, etc. 11 n'y a qu'une chose qu'il faut que nous ajoutions encore, et que l'on prélc'iid avoir observée de la part de cette soigneuse mère : c'est qu'elle colle son coffre d'œufsà des habits, à du cuir, à une paroi, etc. , ci qu'elle les enduit de la même matière dont est composé le corps auquel elle vient de le fixer; en sorte que ni l'homme, ni aucun animal , quelque perçante qu'il puisse avoir la vue, ne saurait l'apercevoir. On assure qu'elle va jusqu'à racler la chaux du mur pour en blanchir le réceptacle de sa couvée; reste à savoir si l'on n'aurait pas, dans ce récit, confondu la blatte avec la teigne, vu qu'ordinairement la blatte femelle ne colle pas sa couvée, se contentant de la laisser tomber ; mais c'est sur quoi nous nous garderons bien de porter un jugement définitif, ( Rrcréalluns tirées de l'histoire naturelle des insectes ).
Les larves des blattes ne diffèrent de l'insecte parfait que par le défaut d'ailes. La nymphe n'en difiére non plus que parcequ'on lui voit le commencement des ailes et des élytres qui croissent et se développent peu à peu. Celle-ci d'ailleurs court avec la même agilité, et fait usage des mêmes alimens que la larve et l'insecte parfait.
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