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TRENTIÈME FAMILLE

LES LIBELLES OU ODONATES. PL 4-. Jig. 4^-

Caract. A bouche très distincte , couverte par la lèvre inférieure comme par un masque ; antennes très courtes en soie.

La proportion de la tête , le port des ailes , ont servi pour distinguer les genres.

Genres. Libellule , agrion.

Les libelles sont vulgairement connues sous le nom de demoiselle , qu'ils doivent à l'élégance de leur forme, à leur vivacité et à la beauté de leurs ailes qui sont transparentes comme de la gaze, et qui réfléchissent différentes couleurs.

Ces insectes sont carnassiers et font conti-

LEÇON X. igi

nuellcment !a guerre aux autres insectes. Ils se trouvent parliculièremcnt sur le Lord des eaux , où ils trouvent une proie plus abondante.

Les libellules mâles présentent une exception singulière par rapport à la situation de leurs organes sexuels, cbez eux il est situé vers la base de l'abdomen tandis que les autres l'ont à l'extrémité.

Les larves vivent dans l'eau, elles y restent environ dix à onze mois avant que de subir leur dernière métamorphose. Dès que ces insectes ont acquis des ailes , ils vont à la recherche de leur proie ; les mâles ont encore un autre but auquel ils tendent avec non moins d'ardeur, c'est celui de rencontrer une femelle avec laquelle ils puissent s'unir. La manière dont s'opère leur jonction est très curieuse à observer.Dès que le mâle aperçoit une femelle, il se dirige de son côté et tâche de se placer au-dessus d'elle , afin de l'atteindre à la tête , car c'est d'abord à cette partie qu'il en veut , dès qu'il le peut, il la saisit avec ses pattes, contourne son corps de manière à en amener l'extrémité sur le cou de la femelle, où dans l'instant il se cramponne au moyen des deux crochets qui le terminent. Quand cette jonction se fait en l'air, le couple ne tarde pas à se poser sur une branche, le mâle étant toujours audessus de la femelle. Ces préludes durent quel-

iga ENTOMOLOGIE,

quefois plus d'une heure , mais quand la femelle se décide à répondre aux caresses du niàie , elle contourne son corps, le porte sous le ventre du maie, afin que la partie sexuelle qui est placée au-dessous de son abdomen , près de l'extrémité , se trouve vis-à-vis de l'organe du mâle , qui part du dessous du deuxième anneau, près l'origine du ventre. Pendant l'accouplement le mâle tient toujours sa femelle par le cou: si un mâle vient les troubler avant que l'accouplement soit achevé, ou il force le premier à abandonner sa femelle et à prendre la fuite, ou le couple lui cède la place ; dans ce dernier cas , le mâle charge du poids de la femelle, s'envole avec elle sans changer de position , et ils vont se poser dans un autre endroit.

Les nymphes des agrions ont à l'extrémité du corps une ouverture qui donne entrée à l'eau , et par où elle est ensuite rejetée. Cette ouverture est entourée de cinq pièces qui forment une espèce de queue, qu'elles écartent ou approchent à volonté , lorsqu'elles veulent aspirer ou rejeter l'eau, ou lorsqu'elles veulent rendre leurs excrémens. C'est en faisant jouer ces pièces et plusieurs autres placées dans l'intérieur du corps, dont les unes bouchent l'ouverture et font l'office de soupape , et les autres l'office de piston , qu'elles aspirent et rejet-

tent l'eau , et qu'elles absorbent l'air qu'elle contient.

Du reste les mœurs des agrions sont entièrement conformes à celles des libellules , nous renvoyons pour l'histoire entière de ces insectes aux mémoires de Réaumur,

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