LES APIAIRES OU MELLITES
Caract. A abdomen pédicule ; lèvre inférieure et mâchoires plus longues que les mandibules, formant une trompe.
Genres, Abeille , bourdon , phyllotome , xylocope , euglosse, eucère, nomade, andrène , hylée , bembèce.
« Sous le rapport de l'industrie , dit M. Latreille , les abeilles sont le chef-d'œuvre du créateur, et l'homme lui-même , si fier de ses dons naturels , est en quelque sorte humilié à la yvLG de l'intérieur d'une ruche. Comment ne pas céder aux transports de l'admiration , en contemplant l'abeille , un insecte si faible en apparence, travailler sans relâche pour rassembler les matériaux de son habitation, les pétrir, les façonner avec tant d'art, élever ces étonnans édifices dont l'architecture a été le sujet des méditations des grands géomètres;
igG ENTOMOLOGIE,
rassembler surtout, avec tant de pénibles efforts, et goulteletle par goutlelelle, cette liqueur si agréable , ce nectar connu sous le nom de miel ! Et votre cœur ne serait-il pas ému en pensant que cette abeille travaille moins pour la conservation de sa propre existence, que pour celle de ses semblables , pour la prospérité de l'état! Elle reçut de la nature la qualité de tutrice , de nourricière , et tous ses vœux ne tendent qu'à remplir une tâche si pénible et si honorable. Une famille au berceau est confiée à la tendre sollicitude de l'abeille; la garde de ce précieux dépôt est tout ce qui l'occupe , tout ce qui fait ses plaisirs. Phénomène encore plus étrange ! Ce peuple entier n'a qu'une mère, cette mère, ou plutôt cette espèce de reine , pourra choisir, dans quelques centaines de mâles , celui qui doit coopérer avec elle à la propagation de la race ; le reste du peuple ne connaîtra point les jouissances de l'amour ; la nature leur en refuse les moyens, en arrêtant le développement de leuri. organes de la génétion. Les abeilles ouvrières ne sont que des femelles dont le sexe est avorté, elles ne pourront être animées d'une autre passion que celle qu'inspire le soin de sa prospérité publique. Mais quoi .' L'empire n'^st-il pas sans cesse menacé d'une ruine totale? Son sort pe dépend-il pas d'une seule têle, de l'existencç
tîe celle souveraine, de celle mère abeille? rassurez-vous; la prévoyance de l'auleur de tous les cires ne peut cire surprise. Il a statue que ces abeilles ouvrières pourraient convertir, dans de certaines circonstances , une larve qui serait devenue abeille ouvrière, mulet comme elles, en une reine, en une mère. Ainsi l'histoire des abeilles n'est qu'une suite de prodiges. »
Nous allons donner ici le résumé des observations de Swammerdam, Réaunmr, Huber, etc.
Les abeilles à miel, dansl'élat sauvage , établissent leur habitation, dans des en ux d'arbres, où leur état est aussi bien policé que dans les ruches que l'homme leur a pré pavées.
Un essaim se compose d'une seule reine où ir ère-abeille, pi. ^-fig. \. a, et de deux ordres de citoyens, les mâles ou faux-bourdons,/?/. 5. fig. I. A , et les ouvrières ou neutres, ou mu- Jels, pi. S.Jig. I , les premiers servent à la reproduction de la race, les dernières comme sont dans tous les gouvernemens les artisans et les laboureurs , à nourrir les autres ordres et à construire des édifices.!! ne peut y avoir qu'une seule reine dans une ruche , mais le nombre des mâles s'élève depuis 200 jusqu'à 12 ou iSoo^, et celui des ouvrières depuis i5,ooo jusqu'à 25, ou 3o,ooo.
I«)«*5 ENTOMGLOGIK,
Dès qu une colonie à pris possession d'une habilafion, elle s'occupe d'abord d'en bien calfieutrer les parois intérieures avec une cire molasse brune, particulière, nommée propolisy que les ouvrières recueillent sur les végétaux un peu résineux. Ces espèces de remparts une fois construits , les ouvrières bâtissent les cellules dont le principal usage est de contenir l'œuf qui été pondu par la femelle ou reine quelque temps après son accouplement avec le mâle. Les alvéoles ou cellules lorsqu'elles sont réunies, portent le nom de gâteaux, p/. 5> /if. I. c, les tubes sont à six côtés parfaitement réguliers, et terminés par une pyramide tricdre à trois plans en lozange ou rbomboïdaux. Ces liexagones,- dont le rebord est fortifié, deviennent l'une des parois de chacun des six hexagones pareils qui l'entourent, et leur fond triangulaire donne aussi des parois à la pyramide triangulaire des cellules qui leur sont adossées. C'est ainsi que le gâteau ou rayon de miel est formé d'une nmllilude de ces alvéoles de cire, si bien jointes, qu'il n'y a point de perte d'espace, et que toute paroi est mince comme du papier. Les abeilles dans leur construction sont surtout, coaiuie on voit étonnantes par l'épargne qu'elles savent faire de la matière et de l'espace; un ancien géomètre, Pappus, en a fait un théorème pouc dcinoutrec
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qu'aucune figure n'était capable de donner tant de place et d'économie dans le même espace limité. Malgré celte légularité ordinaire, il est cependant quelques circonstances dans lesquelles les ouvrières dévient du plan général, mais ces sortes d'écarts semblent calculés, elori en aperçoit facilement les motifs; il est même des événemens qui les obligent à s'en écarter, sans quoi la république entière tonchcrait à sa ruine; d'ailleurs il faut remarquer que ces irrégularités qu'on remarque quelquefois dans certaines cellules, ne vont pas en augmentant, qu'elles disparaissent au contraire insensibleinerU parceque les ouvrières savent prendre ou ajouter à la base d'une cellule voisine, suivant que celles qu'elles ont constiniiles sont ou trop étendues ou trop étroites. A la régularité du travail se joint un fini et une délicatesse dans l'exécution, qu'on a peine à concevoir, et qui portent naturellement à accorder à ces insectes quelque chose d'intellectuel. Lorsque tout nous paraît achevé, on voit d'autres abeilles cirières entrer dans cbaque alvéole pour en polir et raboter en quelque sorte les pjrois; elles s'occupent aussi à encadrer les pans des cellules et leur orifice avec du propolis. L'admiration n'est pas moindre quand on examine la simplicité des instrumens de construction. Munies de quatre ailes et de six pattes, elles vont dès
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le malin butiner sur les fleurs. Au moyen de leurs mâchoires alongées en languettes creuses, elles pompent le nectar miellé des corolles , et avec les brosses ou les râpes carrées de leurs cuisses de derrière , elles ratissent la poussière jaune des étamines, puis mâchant celte poussière , elles en forment deux peliles bouleltes qu'elles attachent dans le creux de leurs cuisses, et ainsi chargées de leur récolte, elles retournent à la ruche ; à peine arrivées, ou même dans le chemin, elles trouvent de leurs compatriotes qui les débarrassent de leur fardeau. Ces autres ouvrières se mettent en devoir de construire les gâteaux d'alvéoles et peuvent en fabriquer près de 4^oo en vingt-quatre heures , ou faire un gâteau d'un pied de long sur six pouces de largeur. Pour cette opération elles se rangent en compagnies à la tile, et travaillent en commun. Elles pétrissent cette poussière de fleurs ou la mâchent de manière à la réduire en celte pâle ductile , connue sous le nom de cire jaune.
Les cellules ordinaires sont remplies do miel pur et couvertes d'une plaque de cire qui l'empêche de s'écouler; c'est la provision nationale pour l'hiver; lorsque les abeilles en ont beaucoup, elles deviennent moins actives , mais si on leur en enlève la plus grande partie , elles se remelteut au travail avec une nouvelle ardeur
pour réparer celte perle. L'abeille ne crée pas le miel , il est lout formé dans les fleurs ; elle ne fait que tle le recueillir. Aussi le miel participe-l-ll de la nature des diverses plantes qui le fournissent. La cire est moins variable dans ses qualités; Hubera remarqué que les abeilles peuvent la composer avec du miel pur ou du sucre. Cependant elles en retirent aussi du pollen des fleurs, cette cire leur est même très nécessaire, car elles tombent malades de la dyssenterie quand elles en manquent.
Les alvéoles qui contiennent le couvain , ceux dans lesquels la reine pond des œufs, soit de mâles, soit d'ouvrières, soit même d'une autre femelle ou reine , sont situées au centre de la rucbe. L'alvéole qui doit contenir l'œuf d'une reine, pi. ^-fig- i. c, est beaucoup plus vaste que les autres , il coûte bien le travail et la quantité de cire de cent alvéoles ordinaires ; autour sont construits d'autres cellules moins spacieuses, mais doubles cependant des ordinaires , ce sont celles destinées à recevoir les œufs mâles et où les faux-bourdons doivent éclore. Enfin les cellules ordinaires sont consacrées aux œufs des ouvrières ou des neutres. En cas de danger c'est dans ce lieu sacré , qui renferme tout l'espoir de la nation, qu'elles se rallient , et où elles viennent chercher une nouvelle reine, s'il leur arrivait de perdre la leur.
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La rcinc-abcille rherche les lieux écarlés pour s'accoupler , ce qui se fait dit-on en volant. Huber assure que les mâles se livrent au plaisir avec tant d'ardeur que leurs organes sexuels se détachent d'eux, et restent dans la femelle, aussi meurent-ils promptement. Cet auteur prétend encore que la reine ne s'accouple qu'une seule fois et demeure fécondée pour deux ans , mais à quoi servirait ce nombre si considérable de mâles?
La ponte a lieu toute l'année , mais particulièrement au printemps et dès le mois de mars, lorsque la température est un peu élevée. La reine parcourt alors les gâteaux , regarde et palpe avec ses antennes les cellules sur lesquelles elle passe, y enfonce profondément son abdomen, lorsqu'elle les trouve vides, et le retire , après y avoir dépose un œuf qu'elle colle par un de ses bouts au fond de l'alvéole. Elle pond d'abord dans les petites cellules des œufs d'ouvrières, ensuite dans les cellules moyennes, des œufs de mâles ; et en dernier lieu des œufs de femelles dans les cellules royales. Tout le monde a entendu parler des hommages rendus à la reine par ses sujets fidèles ; c'est surtout au moment de la ponte que ces égards augmentent. Il est curieux de voir les soins assidus que rendent à leur femelle les abeilles du «ortége , pendant celte importante opération j
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elles la nelloyent, la frottenl avec leur trompe, et lui présentent de temps en temps tîu miel qu'elles dégorgent. Les œufs sont oblongs, un peu courbés et d'un blanc bleuâtre. Une fois pondus ils sont abandonnés aux soins de celte va.iélé d'ouvrières qu'on appelle nourrices; assez semblables pour les caractères extérieurs aux ouvrières cirières, elles en diffèrent surtout par leur genre d'occupation : elles vont à la recherche du miel et du pollen, mais elles déposent toute leur récolte dans les magasins, et sont chargées exclusivement de nourrir la larve. Elles ne commencent leurs fonctions que lorsque les vers sont éclos, c'est à dire trois jours après qu'ils ont été pondus. Alors elles apportent à plusieurs heures du jour une sorte de bouillie , différente suivant l'âge de la larve. D'abord insipide et blanchâtre, puis légèrement sucrée et transparente, d'une couleur jaune verdâlre ; elle devient ensuite très sucrée ; la quantité de cette bouillie est proportionnée d'une manière si exacte aux besoins du ver, qu'il la consomme toujours en entier. La nourriture varie non seulement suivant les âges, mais encore suivant le sexes. Celle des mâles et des ouvrières paraît analogue ; mais celle des larves de reines est une bouillie toute particulière , dont l'influence sur le développement de l'individu est telle , qu'elle rend fécondes
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les ouvrières qui en ont été nourries à l'étaft <le larve. Huber après Riem et Schiracha observé que lorsqu'une ruche se trouve privée de reine, les abeilles agrandissent aux dépens des cellules voisines, les alvéoles de quelques ouvrières, dans lesquelles se trouve une jeune larve , et qu'elles lui apportent en outre , avec abondance, une bouillie semblable à celle dont ils nourrissent les vers royaux, qu'enfin il naît bientôt de ces larves des reines ou abeilles femelles. On doit conclure de ces observations que les ouvrières sont réellement des femelles dont les organes génitaux et quelques autres parties n'ont pas atteint tout leur accroissement. Riem a vu plusieurs ouvrières absolument semblables aux autres , pondre des œufs dans les alvéoles, Huber, qui a fait la même observation, a remarqué que ces ouvrières ne pondaient jamais que des œufs de mâles , et il supposa que cette fécondité était due à une petite portion de gelée royale tombée comme par accident dans leurs étroites demeures toujours situées dans le voisinage des cellules royales. Les reines ont grand soin de détruire ces chétives rivales.
La larve se nourrit de la bouillie que lui donnent les nourrices et après avoir changé plusieurs fois de peau , elle arrive vers le cinquième jour au dernier terme de son accrois-
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sèment ; pendant ce temps, elle s'est approchée petit à pedt de l'ouverlure de sa loge , et n'en est plus qu'à deux lignes; à celte époque les ouvrières bouchent l'alvéole au moyen d'un petit couvercle de cire plus courbé pour les cellules des mâles que pour celles des ouvrières ; le ver alors file en trenle-six heures une coque de soie complète , lorsqu'il appartient à une ouvrière ou h un mâle, et incomplète s'il est dans une cellule royale. Trois jours après seulement , il se métamorphose en nymphe. Cet état dure sept jours et demi, pendant lesquels on remarque plusieurs changemens dans la couleur et la consistance de la nymphe , elle devient ensuite insecte parfait le vingtième jour après sa ponte. Les femelles ne mettent que seize jours. A peine l'insecte parfait est-il né , que les autres abeilles lui prodiguent mille soins , l'essuient ou le lèchent et lui offrent du miel. La jeune abeille obéit bientôt à son instinct, et se livre au genre d'occupation auquel elle est appelée.
Lorsqu'il naît un si grand nombre d'abeilles que l'habitation ne peut plus les contenir, une émigration devient nécessaire , mais elle ne doit avoir lieu que lorsqu'il éclora une nouvelle reine pour remplacer celle qui va partir en têle de \à colonie. A peine cet événement est-il arrivé qu'un grand nombre d'abeilles,
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avant à leur fête la vieille reine , abandonnent l'habilalion. Celle colonie errante porle le nom à^ essaim; les insectes qui la composent ne lardent pas à s'arrêter dans un lieu quelconque, souvent après une branche d'arbre; il forment là une sorte de grappe ou de cône , en se cramponnant les uns aux autres au moyen de leurs pattes. Au moment où ce groupe se fixe , la femelle reste ordinairement dans le voisinage et ne se réunit à la masse que quelque temps après. Le cultivateur doit choisir ce moment pour placer l'essaim dans une ruche.
Le départ est précédé de phénomènes assez singuliers, et s'annonce par des signes non équivoques. Les mâles qui viennent de naître s'aperçoivent en grand nombre , plusieurs milliers d'habitans, ne trouvant plus de place dans la ruche, se groupent par tas au dehors. Un bourdonnement particulier se fait souvent entendre le soir et la nuil dans l'intérieur de l'habilalion, ou bien on remarque un calme qui n'est pas ordinaire. C'est ordinairement vers le milieu du jour, et par un temps chaud et un ciel pur que l'émigration a lieu. Une ruche fournit ordinairement trois ou quatre essaims pendant le printemps, quelquefois aussi elle n'en founiit aucun, ce qui dépend du trop petit nombre d'habitans. Ce sont toujours les vieilles reines qui se mettent à la tcle de la
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première colonie. Les autres essaims ont lieu lorsqu'il est né une nouvelle reine et que la ruche ne peut plus contenir ses habitans. Ces éisiigralions se succè«lent dans des intervalles pl'js ou moins longs, mais qui ne dépassent jamais neuf jours, et il est curieux de voir que les ouvrières savent retarder la naissance des reines jusqu'à ce qu'il soit éclos un assez grand nombre d'abeilles pour former une nouvelle colonie; pour cela elles les constituent prisonnières dans leurs propres cellules , en renforçant le couvercle qui bouche les alvéoles, et ne leur permettent d'en sortir que successivement et à quelques jours de distance les unes des autres; en vain les femelles se débattent dans leurs cellules , en vain elles font entendre lin son particulier; elles ne les délivrent que lorsque le besoin le réclame; et ce qui est curieux , c'est qu'elles leur rendent la liberté par date d'âge, et que celles qui proviennent d'œufs plus anciens sont aussi délivrées les premières ; elles ne laissent pas pendant celle captivité, de leur prodiguer les soins indispensables à leur existence. Un trou pratiqué dans le couvercle de l'alvéole permet à la femelle d'y passer l'ex- Irémilé de sa trompe; les ouvrières qui s'en' aperçoivent , dégorgent du miel et en répandent sur cet organe.
On serait dans l'erreur si Pon [Jcnsait que le
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nombre des reines est toujours proportionné h celui (les colonies. Celles-là sont toujours en plus grand nombre que ces dernières ; aussi n'est -il pas rare d'en trouver deux et même trois dans un seul essaim. Si celui-ci se divise d'abord en autant de légions qu'il y a de reines, il ne tarde pas à se réunir en une seule troupe; les reines, se trouvant abandonnées, prennent bientôt le même parti , il y a donc dans ce cas plusieurs reines dans une même ruche ; mais ce gouvernement ne saurait exister. Les reines toutes les fois qu'elles se rencontrent , se livrent un combat à mort. Les circonstances qui accompagnent ce duel , les ruses qu'emploient les deux champions , le rôle que jouent les ouvrières qui sont spectatrices, mériteraient de longs détails que nous conseillons d'aller chercher dans Réaumur, etHuber. Nousnouscontenterons de rapporter le morceau suivant de Virgile, traduit par l'abbé Dclille , il renferme une description très exacte des combats des abeilles.
Mais lorsqa'entre deux rois (i) l'ardente ambition Allume les flambeaux de la division, Sans peine l'on prévoit leurs discordes naissantes : Un bruit gtierrier s'élève, et lears voix menaçantes
(i) Les anciens attribuaient aux abeilles, des rois au iieu de reines.
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Imitent du clairon les sons entrecoupes : Les combattans épars déjà sont attroupas, Déjà brûlent de vaincre ou de mourir fidèles; Ils aiguisent leurs dards; ils agitent leurs ailes, Et rangés près du roi,*defiint son rival, Par des cris belliqueux demandent le signal. Dans un bean jour d'été soudain la charge sonne; Ils s'élancent du camp , et le combat se donne : L'air au loin retentit du choc des bataillons, Le globe ailé s'agite et roule en tourbillons ; Précipité des cieux , pins d'un héros succombe : Ainsi pleuvent les glands , ainsi la grêle tombe. A leur riche parure, à leurs brillans exploits, Au fort de la mêlée on distingue les rois; Ils pressent le soldat, ils échauffent sa rage; pt dans un faible corps s'allnme un grand courage ; Mais tout ce fier courroux, tout ce grand mouvement, Qn'on jette un peu de sable, il cesse en un moment.
Ce n'est pas toujours contre elles mêmes qu'elles dirigent leurs propres armes, elles s'en servent d'une manière beaucoup plus digne d'elles et des besoins de leur république , lorsqu'elle est menacée de quelqu'cnneml. Ce peuple si indusd'leux, si remarquable par l'union et l'ensemble qui régnent dans ses travaux, ne déploie pas njoins d'énergie lorsqu'il s'agit de défendre sa propriété. Si cet insecte, comme on l'a prétendu, était une simple machine, privé de toute faculté intellectaeile , serait-il susceptible de modifier ses actes , saurail-il
prévoir, calculer révéneinent, le juger lorsqu'il se présenle, proportionner les moyens de défense à ceux de l'allaque , et subsliluer mille ruses différentes à la force, lorsqu'il ne se trouve pas en nombre suffisant pour l'emporter en combattant avec ses armes; voilà cependant ce qui a lieu , lorsque des frelons , des guêpes, des souris, des teignes, des sphinxtele-de-mort , etc., etc., cherchent à s'inlro*^ duire dans leur demeure ; tous les moyens sont mis en usage pour s'opposer à leur entrée , tous les efforts sont dirigés vers ce but; car une fois que ces ennemis redoutables ont pénétré dans la ruche , il est bien difficile aux abeilles de s'opposer à leurs dégâts , et elles n'ont plus d'autre parti à prendre que de fuir et de transporter ailleurs leur industrie. Les ouvrières , comme on le pense bien , sont les seuls combattans ; elles veillent sans cesse à la porte de la ruche, et fout une reconnaissance scrupuleuse de tous les individus qui enirenl dans la ruche , en les louclianl de leurs antennes.
Nous nous sommes bornés, dans cet article, à rapporter les traits les plus curieux do l'histoire des abeilles ; pour suppléer à ce que nous avons été dans l'obligation de négliger, nous prions le lecteur d'avoir recours aux divers historiens de ces insectes , particulièrement à Rcciumur et à Hubcr.
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Il y a cinq ou six espèces d'abeilles qui habitent diverses parties du monde : elles varient par leur organisation , et offrent par conséquent des différences dans leurs travaux, mais toutes vivent en société et ont à peu près le même degré d'industrie.
Les bourdons diffèrent des abeilles par leur corps très gros, très velu, et dont les poils de diverses couleurs fornient des bandes sur l'abdomen et le corselet. Les parties de leur bouche sont à peu près conformées connue celles de l'abeille. Ces insectes forment, comme les abeilles, des sociétés composées de mâles, de femelles et de neutres ou ouvrières, mais bien moins nombreuses ; la plupart ne contiennent que cinquante à soixante individus , le bourdon terresire cependant en contient jusqu'à trois cents. Comme dans les abeilles les femelles et les ouvrières seulonieut son pourvues d'aiguillons.
Les bourdons font leur nid dans la terre, à un ou deux pieds de profondeur, plus ou moins, liubcr a trouvé de ces nids dont le chomin qui y conduisait, avait un à deux pieds de long, quelquefois il éiait toriueux. Le nid était dans unecavlléconsidérabled'une forme voûîce,plu3 large que haute, tapissée de feuilles dans le fond, et le gâteau était jsosé sur un lit de ceitc matière. Ces nids sont recouverts d'une caloUs."
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(le cire qui s'élève d'abord comme un mur autour des gâteaux , et qui s'arrondit par-dessus à la dislance de quatre ou cinq lignes.
Les nids des bourdons des mousses sont construits par ces insectes dans les prairies ou les champs de sainfoin et de luzerne ; ils ont quatre à cinq pouces de circonférence et s'élèvcn} de cinq à six pouces au-dessus de la surface du sol; les bourdons les recouvrent de mousse qu'ils vont chercher dans les environs. Ils pratiquent au bas de leur nid une ouverture pour y entrer, et un chemin voûté qui a quelquefois plus d'un pied de longueur, et qu'ils couvrent également de mousse. Rien n'est plus amusant que de voir ces insectes conduire à leur nid la mousse dont ils ont besoin ; ils commencent par en couper avec leurs mandibules une certaine quantité dont ils font de petits" tas, ensuite ils tournent leur derrière du côté -^u nid , prennent ce tas de mousse entre leurs mandibules , qui le font passer par-dessus le corps à la première paire de pattes , celles-ci le conduisent à la dernière paire qui le pousse au delà du corps; quelquefois un autre bourdon placé dans la même position que le premier s'empare de la mousse et la fait également passer entre ses pattes, mais souvent un seul la transporte jusqu'au nid en répétant sa manœuvre. D'autres pendant ce temps tressent la
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mousse en tapis, tapissent l'intérieur de cire et couvrent l'édifice en liant la mousse avec la cire, etc. Celle soclclé vil fort unie quoique avec plusieurs femelles , on n'a point remar- . que qu'elles aient cherché i s'enlre-détruire. A la fin de l'automme, la plupart de ces insectes meurent ou se dispersent. Le bourdon des pierres construit son nid dans des tas de piecres , et le recouvre d'une espèce de voûte qu'il construit avec de la terre et de la mousse.
Le genre bourdon est très nombreux, il y en a une assez grande quantité en Europe. I^eur manière de vivre a de grandes analogies avec celle des abeilles.
Les phyllofomes que Lalreille k nommés inégàchèles , gra?ides lèi^res, ^ C3LUSC de leur lèvre supérieure qui est très grande, ont un port particulier, pins facile à saisir qu'à décrire. Us ne vivent point en société comme les abeilles ; les femelles sont chargées de la conshuction des nids et de fournir la nourriture des larves.
Les phyllolomcs tapissent leurs maisons souterraines avec des feuilles ou de jolies Heurs ; elles vont pour cet effet couper avec leurs dents en ciseaux, les pétales d'un coquelicot oi| d'une rose : car la couleur rouge paraît leuf plaire ; elles taillent de cette manière divers morceaux qu'elles é.lendent ensuite sur les murailles de leur chambre , en les collant avec dç
la cire ; elles font incme un joii rebord à rentrée ou à la porte. C'est dans ces charmans berceaux qu'elles déposent leurs œufs avec de la pâtée.
La femelle du phyllotomc conique vole sans cesse autour des nids commencés de quelques abeilles maçonnes , et y entre pendant leur absence , probablement pour y déposer ses œufs. On ne sait pas encore si elle détruit les petits de ces insectes, ou si c'est sa larve; mais lorsque la propriétaire revient , quelle croit avoir placé sûrement sa postérité future et pourvu à ses besoins, elle ferme le nid et laisse avec ses petits un ennemi qui doit les détruire.
Les xylocopesont beaucoup de ressemblance avec les bourdons et les pbyllotomcs ; la seuie espèce qui se trouve en Europe a été appelée abeille perce -bois par Piéaumur. Cet insecte exécute pour déposer ses œufs des travaux qui sont immenses. Après avoir cbarpenté avec ses mâchoires une branche de bois mort, jusqu'à y creuser des Irous d'un pied de profondeur, il y pond un œuf au fond, et y mel auprès suftlsamment de pâlée pour le ver qui en naîtra , puis pratique avec la sciure de bois , une cloison ou pcîite chambre séparée. Il y pond un second œuf, met pareillen;ent de la pâtée à côté , pose une seconde cloison , et ainsi de suite jusqu'à l'entrée du trou , ce qui
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occupe plus d'un ou deux mois cette femelle laborieuse. Par une merveilleuse précauiion de la nature , les vers qui se métamorphoseront en insectes parfaits, seront forcés de faire leur apprentissage à creuser le bois pour en sortir.
Les cuglosses ont de grands rapports avec les phyllotomes et les nomades, elles sont toutes exotiques et on n'en connaît par conséquent presque point les mœurs.
Les cucèrcs ont le corps très velu ainsi que les jambes postérieures; elles volent avec rapidité et ne s'arrêtent que très peu de temps sur les- fleurs. Les femelles creusent en terre un trou cylindrique à quelques pouces de profondeur et en polissent les parois ; elles placent au fond une certaine quantité de pâtée qui a pour base le pollen des fleurs , déposent un œuf auprès, bouchent ensuite l'ouverture du trou, et en font d'autres à côté, jusqu'à ce qu'elles aient terminé leur ponte.
Le genre nomade ne contient que cinq à six espèces, dont on connaît peu les mœurs. H vivent solitaires.
Les andrènes ne vivent point en société, elles établissent leurs nids en terre, y déposent leurs œufs avec une espèce de miol noirâtre narcotique qu'elles ont recueilli surles fleurs, et qui sert de nourriture à la larve lorsqu'elle éclot ; elle a soin de fermer promptemenl son nid avec la
terre qu'elle a relire en le formant, sans quoi les fourmis si friandes de miel n'aurait pas tardé à dévorer celui qui est destiné à sa progéniture.
Les hylées se trouvent sur les fleurs ; on ne connaît point leurs mœurs.
Les bembèces ont un vol rapide , ils font entendre un bourdonnement assez aigu. L'espèce la plus commune en Europe a une odeur de rose; elle prépare pour nourriture à ses petits des cadavres de bombyles, qu'elle enfouit avec ses œufs. Les bembèces vivent sur los fleurs; les femelles déposent leurs œufs dans le sable.