QUARANTE TROISIÈME FAMILLE
LES COI.LÎROSTRES OU AUCIIÉNORINQUES.
fû Pl'J.fig.l.
Carnet. Ailes de consistance semblable , non croisées , mais en toit; trois articles à tous les tarses; bec paraissant naître du front; antennes courtes.
Genres. Flate , cigale, membrace, fulgore,. lystre , cercope , anotie , otiocère, delphace, cent rote.
Tous les insectes qui composent cette famille intéressante vivent des sucs des végétaux,. les femelles sont pourvues d'une tarière pour déposer leurs œufs dans les tiges des plantes. j.
quelques uns sont munis d'un inslrunieut particulier arec lequel ils produisent un bruit très remarquable, connu ordinairement sous le nom de chant.
Les flales sont des insectes exotiques qui se trouvent particulièrement en Asie et en Amérique. Les femelles recouvrent leurs œufs avec une matière coloneuse, très blanche et qui forme souvent un paquet à l'estremité de leur abdomen.
Les cigales sont remarquables pour, leur cbant aigu et fatigant; les organes de ce chant paraissent être situe's dans la grande cavité du ventre , ils sont recouverts par deux phques écailleuses de figure arrondie , placées en dessous du corselet , à l'origne de l'abdomen. Sous ces deux plaques est une cavité divisée en deux cellules, dont le fond de chacune est occupée par deux petites lames minces transparentes et tendues.
Réaumur a comparé ces pièces à deux petits miroirs, mais plusieurs auteurs les ont assimilées à deux petits tambours ,. parcequ'ils ont cru qu'elles rendaient des sons. Cependant aucune de ces parties n'est essentiellement propre au chant , et le véritable appareil existe ailleurs. Dans la grande cavité dont nous avons parlé on en trouve une autre de chaque côté qui est iormée par une cloison solide et écail-
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leuse. C'est dans ces deux cavités que sont les organes sonores en ouvrant l'une d'elles, on trouve une membrane plissée en forme de limbale, et, au-dessus, deux muscles composés d'un nombre prodigieux de fibres droites : ces fibres se terminent à une plaque presque circulaire d'où parlent plusieurs filets ou tendons qui s'attachent à la surface concave de la timbale ; par ce moyen les muscles en se contractant ou en se relâchant allernativemcnt avec vitesse , rendent convexe la partie concave de la timbale , et lui laissent ensuite reprendre sa convexité ce qui, suivant Réaumur , «lonne lieu au chant de la cigale.
Les femelles sont dépourvues des organes que nous venons de décrire , elle sont par conséquent privées de voix ; mais elles possèdent un autre instrument que n'ont point les maies, c'est une tarière composée de deux pièces dentées sur les côtés; pointues à leur extrémité. C'est à l'aide de cet appareil qu'elles font des entailles dans les branches des arbres et y déposent leurs œufs ordinairement en très grand nombre : ces œufs sont blancs , oblongs , pointus par les deux bouts; il en naît des larves blanches, hexapodes, qui abandonnent bientôt leur nid pour s'enfoncer dans la terre où elles croissent, en se nourrissant des racines des plantes, et subissent ensuite leurs méiamor-
phoses en nymphes. Ces nymphes sont principalement remarquables par leurs jambes antérieures très courtes, très renflées, dentées et en pinces, et qui leur servent à pénétrer dans la terre. Elles vivent environ un an dans cet état : lorsque la saison devient chaude , elles sortent de terre , grimpent sur les arbres , leur peau se durcit, se fend sur la ligne moyenne du dos et de la tête , et il en sort l'insecte parfait. Les cigales se trouvent sur différens arbres , elles en sucent la sève à l'aide de leurs becs.On en connaît un grand nombre d'exotiques; mais sept ou huit seulement sont européennes. La cigale plébéienne est la plus commune et celle dont le chant est le plus aigu; on la trouve très fréquemment dans le midi de la France. La cigale hémalode est presqu' aussi commune; son cri est moins aigu. Enfin il y a une troisième espèce , la cigale de l'orme , dont le chant est comme enroué et moins étendu que les deux précédentes ; elle est plus rare.
Les memb races à l'état de larves ne diffèrent presque pas de l'insecte parfait , elles vivent sur les plantes dont elles sucent la sève.
Les fulgores sont de grands et beaux insectes revêtus de couleurs très vives et très variées. Us sont singulièrement remarquables par une protubérance de leur tête qui semble être un prolongement du front. Cette protubérance
qui varie de grandeur répand souvent une lumière phosphorique très vive.
L'espèce la plus remarquable est le fulgore porle-lanterh(!r'yi saternaria^ Lin. La tête de cet insecte rc'pand à certaines époques de l'année une lumière tellement vive qu'on pourrait lire à sa clarté. Cette espèce est commune à la (Guadeloupe et à Caycnne , où on la nomme mouche luisante ou mouche à feu. Elle vole très bien, et habite ordinairement les sommets des grands arbres.
Une autre espèce , le fulgore porte-chandelle , se trouve en Chine. On en trouve une d^ns le midi de la France, connue sous le nom de fulgore d'Europe.
Du reste on ne connaît point les mœurs de ces irvSectes.
Les lystres, qui ont beaucoup de rapports avec les fulgores, sont toutes exotique» et assez peu connues.
Le genre cercope est nombreux en espèces. Les larves emploient un singulier moyen de conservation , elles sécrètent par l'anus et par les pores de leur corps une matière écumeuse jaunâtre ou verdâtre dans laquelle elles se renferment , ce qui les protège à la fois et contre leurs ennemis et contre l'ardeur du soleil. Ce liquide mousseux est très commun sur les plantes qui servent de nourriture à l'insecte. La cer-
aSG ENTOMOLOGIE,
cope écumeuse ^ cercopis spumariu^ est Irès commune dans toute la France. Ce nom ne lui convient pas mieux qu'à toutes ses congénères, qui présentent le même phénomène dans leur mode de conservation. L'espèce la plus remarquable est \3rlcerc0pe sanguînolente ^ belle espèce qu'on trouve assez fréquemment en France.
Les anolies et les otiocères sont des genres encore très peu connus , ils se rapprochent des fulgores, Kerby a décrit deux anolies et un otiocère dans les transactions de la société Lnnéenne de Londres. Ces insectes sont exotiques.
Les delphaces se trouvent en France , on en connaît peii la manière de vivre.
Les cenirotes sont nombreux, mais ils diffèrent à peine des membraces avec lesquelles Latreille les a réunis : il est difficile en effet de les en séparer par des caractères bien tranchés,