‹ L'entomologieChapitre 62 sur 145 · CINQUANTE-CINQUIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-CINQUIÈME FAMILLE

LES PARASITES OU RHINAPTÈRES. PL S.J/g. 9.

Caract, Un bec ou suçoir, sans mâchoires et sans ailes; tête et corselet distincts.

Genres, Puce, pou, smaridie , tique , lepte , sarcopte.

Tous les insectes de cette famille vivent constamment sur les quadrupèdes ou sur les oiseaux dont ils sucent le san^.

Les puces vivent particulièrement aux dépens de l'espèce humaine , elles préfèrent la peau douce des femmes et des enfans. Elles tourmentent aussi beaucoup les chats, les chiens, les lièvres et mî^me quelques oiseaux, tels que les pigeons, les poules, les hirondelles, etc.

Les muscles de la puce ont une force prodigieuse ; on leur a fait traîner des poids énormes, on a vu par exemple une puce traîner un canon d'argent, soutenu de deux petites roues,

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pesant quatre-vingts fois plus qu'elle, qu'on cliargeait de poudre, el qu'on taisait parlir sans que la pute pariil épouvantée. Un ouvrier anglais avait construit un carrosse en ivoire, à six chevaux, renfermant quatre personnes, ayant deux laquais sur la derrière, un cocher sur le siège, enire les jambes duquel était un chien , le tout traîné par une puce.

Les puces, comme chacun sait, ont le corps recouvert d une peau dure et coriace qui résiste à la pression de nos doigts; Aies ont de plus une i'ormc comprimée, ce qui leur facilite les moyens de pénétrer entre les poils des animaux, el de s'y tenir cachées; mais ce qui contribue le plus à leur conservation c'est la faculié qu'elles ont de sau'er; de quelle force extraordinaire ne sont-elles pas douées! puisqu'elles peuvent s'élever jusqu'à trente fois leur hauteur.

L'accouplement de ces animaux est très singulier. Le mâle est placé en- dessous de la femelle; le ventre de Tun est appuyé contre celui de l'autre par les mêmes faces, et leurs têtes sont en regard.

Les femelles pondent environ une douzaine d'œufs , assez gros ; ils éclosent au bout de cinq -h six jours. La larve qui en sort est alongée , cylindrique et sans pattes; elles est très vive; leur couleur est blanche , transparente el de-

vient ensuîlc rougeàlre. Dans les lieux ou les puces sont c::cessivement communes; il est très dilficile de renconlrer ces larves ; la nature qui vciile avec la même sollicliude à la conservalion de tous les êtres indislinclement , a doue les puces de la sagaciîé et P instinct nécessaires pour mettre leur poslérité à l'abri de tout danger.

Ovingion rapporte que près de Surate , les Banians ont fondé un hôpital pour les puces, Jes poux et autres vermines qui sucent le sang des hommes. Pour nourrir, dil-il , ces animaux de la manière qui leur convient, on loue de temps en temps un pauvre homme pour passer une nuit sur un lit, dans un lieu où ils sont; mais on a la précaution de l'y attacher, de peur que la douleur des piqûres ne l'oblige à se re irer avant le jour, et afm qu il puisse les nourrir à l'aise de son sang.

Quoiqu'on n'ait encore décrit que trois espèces de puces, il est probable que lorsqu'on voudra les étudier, on en découvrira davantage.

La puce irritante pulex irritans , Linn. , ou puce commune, est répandue en Europe et en Amérique. La puce à bande , pulex fusciatus, ljo.ec , se trouve sur le lerot et le rat d'Amérique. J>a puce pénétrante, pulex pénétrons^ chique, bicho ^ au Brésil, est très commune aux Antilles et dans l'Amérique méridionale.

Elle pénètre dans le tissu de la peau de la pLuilo des pieds, s'y nourrit et y dépose ses œufs: son inlroduction a Heu sans aucune sensaiinn douloureuse , et sans que la peau change de couleur. Quelques jours après on éprouve une démangeaison d'abord légère, mais qui fuiit bientôt par devenir insupportable. On ne voit dès le counuenceinent, qu'un petit point noir sur la partie où l'insecte s'est retiré; à ce point succède une petite fumeur rougeâtre, ou de la couleur même de la peau lorsque la chique est entrée très profondément. En peu de temps cette tumeur devient aussi grosse qu'un pois, si l'on ne se hâte d'extraire l'insecte. En perçant la peau qui recouvre la tumeur, on reconnaît une espèce de sac eu de globe, pareil à un kyste, d'taie coalew noirâtre ou brunâtre , et contenant un pussanieux et un nombre infini de globules blancs, ovales oblongs qui ne sont aulre chose que les œufs de l'insecte.

Si on néglige d'extraire ce kysie, il s'ouvre , et donne lieu à une plaie sur laquelle les œufs se répandent ; d'autres chiques se manifestent dans les parties voisines , causent de nouveaux ulcères , qui deviennent souvent difficiles à guérir, et qui donnent même quelquefois la mort. Tout le traitetnent consiste à extraire la chique de manière à ne laisser aucun de ses œufs. Les nègres sont très habiles à faire

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celte opcrallon , qui demande une certaine dcxlérilé.

Les poux vivent du sang des hommes, des quidrupt-dcs et des oiseaux; il n'est pas d'aiiin al qui n'ait son pou particulier ; trois espèces vivant aux dépens de riiomnie, le /;ou commun qui habite les vOlemens , le pou tic la iêfe, qui ne se trouve que dans les cheveux, et le morpion qui hahite autour des parties sexuelles , et quelquefois les sourcils.

Les poux sont ovipares et multiplient beaucoup ; ils attacltenl leurs œufs ou lentes^ pi. 8. fig, g. fl, sur les cheveux ou sur les habits. liCS petits sortent des œufs au bout de six jours, et dix-huit jours après, ils peuvent pondre à leur tour. On a calculé que deux poux femelles peuvent donner naissance à dix-huit mille petits dans l'espace de deux mois.

La propreté est le meilleur moyen de se préserver de ces animaux parasites; il n'y a guère que les personnes qui restent long-temps sans changer de linge ou qui laissent la crasse séjourner sur leurs tcles qui en soient infectées. On cite cependant des individus , chez lesquels ni une propreté excessive , ni l'emploi de diverses substances efiicaces n'ont pu les détruire ; telles sont les personnes afl^cîées de la maladie nommée pèdicuhiire , maladie aussi cruelle, que dégoûtante, et qui très souvent devient mortelle.

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Les Holtenfots et les singes mangent les poux avec plaisir. Les feimnes des nègres d'Afrique cherchent ceux de leurs maris et paraissent s'en faire un régal.

Les smaridies sont très petites; elles vivent pai ticulièrenient sur les oiseaux. Il y en a sans doute un grand nombre d'espèces. On en trouve aussi sur les plantes et le tronc des arbres. La sniaridie du sureau, smaiidia samLuci, Lat. est commune en France.

Les tiques ou ixodes se tiennent ordinairement dans les bois , les taillis, sur les arbrisseaux et y attendent le passage de quelques animaux pour se fixer sur eux. En Amérique ces insectes attaquent Thomme , ils se irouvejit en quantités innombrables sur les plantes , k-s buissons et surtout les feuilles sèches don» la terre est couverte : si l'on s'assied un instant sur ces feuilles, on ne larde pas à être couvert de ces animaux qui cherchent aussitôt à sucer le sang.

En Europe les tiques s'attachent particulièrement aux chiens, aux cerfs, aux moutons aux bœufs, aux chevaux, etc. Les chasseurs les désignent sous le nom de luuoctte. On a vu des bœufs et des chevaux périr par suite du trop grand nombre de tiques qu'ils étaient obligés de nourrir.

Les leplcs sont errants, ils sont très petits j

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ils se jettent sur les animaux pour s'introduire dans leur peau et leur sucer le sang. Le lepte automnal est assez commun en France , il grimpe aux jambes, s'insinue dans la peau à la racine des poils , et y cause des démangeaisons très vives. Il est de couleur rouge, ce qui l'a fait nommer rouget dans quelques pays.

C'est aux sarcoptes, mittes de la gale de De Géer, qu'est due la maladie connue sous le nom de gale. Long-temps on a ignoré la cause de celte maladie cutanée, mais les observations de De Géer, Latreille et autres naturalistes ne permettent plus de douter qu'elle ne soit due à ces insectes.

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