LES BEC-MOUCHES OU UYOROMYES
PI. 8. fig. 8.
Caract. Bouche prolongée en un museau plat, saillant, munie de palpes, sans trompe ni suçoir distincts; balanciers non recouverts par des cuillerons.
Genres. Tipule , limonie , cératoplate , psycodes, scatopse, hiriée.
Les larves des insectes de celte famille ont des formes particulières , et qui diffèrent de celles des autres diptères; leurs nymphes com-
me dans les lépîdoplères laissent apercevoir au dehors les membres de l'insecle parfail. On connaît peu d'ailleurs les mœurs de la plupart de ce? insectes.
Les tipules se distinguent au premier coup d'œil par la longueur de leur corps, qui est mince et filiforme , par l'étendue de leurs ailes, et par leurs pattes excessivement longues ; quelques espèces ressemblent beaucoup aux cousins.
Les larves de quelques espèces de tipules vivent dans la terre humide , le bois pourri , les bouses, etc. , quelques autres dans les champignons, d'autres enfin dans les eaux ; la plupart se renferment dans des coques pour se transformer. Nous conseillons de lire Réaumur et De Géer pour connaître l'histoire entière de ces insectes.
Les tipules multiplient beaucoup, et leurs espèces sont très nombreuses.
La tipule à bandes, tipula r'wosa ^ Linn. est une des plus grandes espèces du genre ; elle se rencontre fréquemment en Europe dans les prés.
Les limonles sont très communes au printemps dans les prairies. Elles resseinblent beaucoup aux tipules : voici quelques détails assez curieux que nous empruntons à De Géer , il s'agit de la limonie à ailes pliées , limonia re-
LEÇON XIV. 3l3
pVicata. Sa larve vil île feuilles de mousse qui se trouven» dans l'eau, ei ressemble à une chenille épineuse : son corps est long d'environ un pouce, et lar^e d'une ligne et demie; 11 est cylindrique et sans pattes, rt composé de onze anneatix ; la tele est très peiife; elle offre deux antennes et deux yeux noirs ou taches qui les repnisenlent. Les mandibules sont dentelées, et la lèvre inférieure porte deux pet ils palpes. Quand on l'inquiète , elle roule son corps en cercle. Elle se fixe sur les plantes au moyen de quatre crochets écailleux placés dans une cavité du dernier anneau du corps; et quand elle veut changer de place , elle s'accroche par les dents et ensuite par ces crochets, et avance ainsi en pliant son corps comme le ferait une chenille serpentante. La nymphe flotte à la surface de leau; elle est alongée , presque cylindrique, d'un brun tirant un peu sur le vert; plii> pâle en dessous, parsemée de petits points noirs avec des bandes plus obscures. Celte nymphe porte au-devant de son corselet deux cornes alongées, tubulalres, qui sont les organes de la respiration ; elle a toujours soin de tenir leurs extrémités hors de l'eau, afin de ficspirer, et si on la retourne, et que ses cornes ne soient plus placées ainsi, elle se démène et se courbe de diverses manières jusqu'à ce qu'elle ait repris sa première position. Le der-
3l4- ENTOaiOLOGIE,
nier anneau de l'abdomen et même plusieurs autres présentent des crochets qui servent à cette nymphe pour s'accrocher aux tiges des mousses et autres plantes aquatiques. L'insecte parfait éclot six jours après que la larve a passé à l'état de nymphe. 11 sort par une fente qui se fait au-devant du corselet sur la tête et sur une portion de la poitrine. »
Les céroplales sont ou exotiques ou très rares ; on les connaît fort peu. Les larves vivent h ce qu'il paraît dans les forêts. Elles se filent des coques comme les tipules.
Les psycodes diffèrent peu des tipules et leur étaient autrefois réunies.
Les scatopses sont très communs dans les latrines à la fin de l'automne. Les larves ressemblent à des petits vers mous , elles sont apodes; elles vivent dans les latrines, d'autres sous la surface intérieure des feuilles de buis , dans des espèces de tumeurs qu'elles occasionent.
La principale espèce est le scatopse noir scatopse nigra^ qui se trouve très fréquemment dans les latrines.
Les hirlées n'offrent rien de particulier, et leurs mœurs sont à peu près les mêmes que celles des tipules.
LES APTERES.
La plupart des naturalistes modernes ont fait des classes particulières avec quelques unes des familles de cet ordre. Lalreille en a formé des groupes plus ou moins naturels qu'il a désignés sous les noms de crustacés, d'arachnides, d'insectes myriapodes, thysanoures, parasites et suceurs. Dans la méthode de ce savant , le mot aptère ne signifie pas une classe , un ordre , oa une famille , mais n'est plus qu'un adjectif qui s'applique à tout insecte privé d'ailes. Il faut avouer que l'organisation , les mœurs et la manière dont se reproduisent ces animaux, les éloignent beaucoup des véritables insectes. Nous en avons fait un huitième ordre , en attendant que quelque observateur en fasse une élude spéciale, et assigne à ces êtres singuliers la véritable place qu'ils doivent occuper.
■ 11 serait impossible de définir les caractères de cet ordre , celui même d'aptère sous lequel
on le désigne, est loin d'être suffisant, puis-.
que , comme on sait, 11 y a dans lousles ordres des insccles qui sont toujours privés d'ailes par avorlement; le nombre de leurs pattes qui sont presque toujours au-delà de six , ne suffit pas non plus, puisque parmi eux, la famille des nématoures ou séllcaudes n'ont que six pattes. Cependant il n'est pas difficile de les distinguer, même au premier coup d'œil.