CINQUANTE-HUITIÈME FAMILLE
LES ARATSÉIDES OU ACERES. PL Ç).J/g. 3.
Cararf. Pas d'anîcnnes ; lete confondue avec le corselet; abdomen sans pattes; liuit pattes , des mâchoires ou des mandibules disîinctes.
Genres. Araignée, mygale, phryne , scorpion , pince, galéode, faucheur, îrombidie.
Les aranéldes ont été séparés des insectes par presque tous les auteurs modernes; ils en diff'rent en effet non seulement par des caractères très distincts, mais encore par des
formes particulières qui ne permellent point de les confondre.
La plupart des aranéides se nourrissent d'insectes dont ils s'emparent, soit en les enveloppant dans des fdets qu'ils leur tendent, soit en les attrapant à la course , ou en sautant sur eux lorsqu'ils s'approchent de leurs retraites.
Ces animaux persévèrent consfammeni dans la forme qu'ils avaient en naissant; dans quelques uns néanmoins, les pieds postérieurs ne se développent qu'au bout d'un certain temps. Dans aucun d'eux on ne remarque de métamorphose, ce qui ies sépare essentiellement des véritables insectes.
Malgré le mépris et l'espèce d'horreur que les aranéides font éprouver à beaucoup de personnes, ces êtres sont intéressans sous plus d'un rapport, et offrent aux naturalistes, un vaste champ d'observation.
Les araignées sont très communes et très répandues, elles habllenl toutes les narties de nos maisons, les bois, les champs, partout enfin , elles fabriquent avec un art admirable des toiles qu'elles attachent aux embrasures des fenêtres, des plafonds, des arbres, etc. « Lorsqu'une aragnée fait cet ouvrage dans quelque coin d'une chambre , et qu'elle peut aller aisément en tous les endroits où elle veut
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attacher ses fils , elle écarte les quatre mamelons dont nous venons de parler, et, en même temps, il paraît à l'ouverture de la filière une très petite goutte de cette liqueur gluante qui est la matière de ces fils; elle presse avec effort celte petite goutte contre le mur, qui s'y attache par son gluten naturel, et l'araignée, en s'éloignant de cet endroit , laisse échapper par le trou de sa filière le premier fil de la toile qu'elle veut faire. Etant arrivée à l'endroit du mur où elle veut terminer la grandeur de la toile, elle y presse, avec son anus, l'autre bout de ce fil, qui s'y colle de même comme elle avait attaché le premier bout; puis elle s'éloigne environ l'espace d'une demi-ligne de ce premier fil tiré; elle y attache un second fil quelle tire parallèlement au premier. Etant arrivée à l'autre bout du premier fil, elle achève d'attacher le second contre le mur, ce qu'elle continue de même pendant toute la largeur qu'elle veut donner à sa toile ( l'on pourrait appeler tous ces fils parallèles la chaîne de cette toile ) : après quoi, elle traverse en croix ces rangs de fils parallèles , attachant de même l'un des deux bouts contre le mur, et l'autre bout perpendiculairement sur le premier fil qu'elle avait tiré , laissant ainsi tout-à-fait ouvert l'un des côtés de sa toile , pour y donner une entrée libre aux mouches qu'elle y veut attraper ( l'on
pourrait appeler la trame «ie la loile ces fils qui traversent en croix les premiers fils parallèles que nous avons appelés la chaîne); et comme ces fils, fraîchement filés, se collent contre tout ce qu'ils touchent, ils se collent en croix les uns sur les autres , ce qui fait la fermeté de celte toile, etc. » ( liombeig, mémoire de l'acu' demie des sciences, armée 1707 , pag. Sag).
Les araignées sont très carnassières; elles ne vivent que de rapines, et elles font une guerre conlinuelle à presque tous les autres insectes; les unes sucent simplement ceux qui se trouvent embarrassés dans leurs filets, les autres, les dévorent presqu' entièrement , ne laissant que les parties les plus dures, les ailes, les pattes , etc. Elles poussent la cruauté jusqu'à se dévorer entre elles. Lorsqu'elles s'attaquent le combat ne finit que par la mort de l'une d'elles, qui est sucée ou dévorée par le vainqueur. Lorsqu'on jette une araignée sur la toile d'une autre , la propriétaire l'attaque à l'instant, s'en empare, la lue et la mange lorsqu'elle est beaucoup plus forte , ou prend la fuite lorsqu'elle est beaucoup plus petite ; souvent elles se livrent un combat opiniâtre qui finit quelquefois par la mort des deux.
Toutes les araignées ne tendent pas des filets pour attraper leur proie , mais tou[es cependant filent plus ou moins, et sont pourvues d'or-
ganes propres à cel usage. La structure extérieure de ces organe" auxquels on a donné le nom de mamelons et de filières, est très curieuse et très singulière. Les mamelons ainsi nommés à cause de leur forme , sont au nombre de quatre, et placés à l'anus de P insecte; ils se montrent plus ou moins au-dehors dans les différentes espèces, et ont un mouvement fort libre en tout sens; ils sont beaucoup plus gros et plus saillans dans les araignées fileuses que dans les cbasseuses. Leur exlrémiîé est arrondie, et vue au microscope, elle paraît criblée de petits trous, telle à peu près que la télé d'un arrosoir. Leuwenboek et De Géer, disent qu'elle est hérissée dans les araignées de la première famille , d'une infinité de parties alongées, de ligure conique, percées chacune, à leur exiremité, d'un très petit trou. Ce sont là hs filières d'où sort cette piodigieuse quantité de fils très fins el très déliés , dont l'ensemble , qui va quelquefois au-delà de mille , ne forme cependant qu'un fil encore très mince et très fin. Les filières ne sont pas visibles dans toutes les araignées, mais en pressant un peu ie mamelon , on les oblige à se montrer au dehors.
Les réservoirs de la matière à soie qui se Irouveul dans 1 intérieur du corps sont au nomhiQ Je six grands et deux petits à la base des six
grands réservoirs, il y en a deux autres un peu plus pptils ot de la figure d'une larme de verre, placés de chaque côlé sur une ligne oblicjue. Il paraît que c'est là que se ramasse cl se prépare d abord la matière visqueuse qui doit fournir la soie; les six autres ne sont peut-être destinés qu'à la conlenir.ou à lui faire subir un dernier degré de perfection. Voici ce que dit Réauniur à ce sujet : « les lames sont les premiers réservoirs où on trouve assemblée la matière visqueuse qui doit former les fils de soie , et ceux où celte malière a le moins de consistance ; elle en a beauconj) davantage dans les six grands réservoirs où les canaux des précédens la portent; elle en acquiert en chemin faisant ; uiie partie de 1 huuu*iité ou de la liqueur aqueuse qui y était aièlée , s'en dissipe pendant sa route , ou en est séparée par i\i's parlies destinées à cet usage. Enfin cette rujueur, en allant aux mamelons par des tuyaux particuliers, se sèche encore davantage, elle devient fd. Au sortir de la fdière , ces fils sont cependant encore gluans; ceux qui sont sortis de differens trous se collent ensemble à qu'^lque distance de là. Celte matière n'est parfaitement sèche que lorsque le reste de 1 humidité s'est évaporée. Tout cela se prouve parfaiiement si l'on fait sécher près du feu , ou si l'on fait bouillir dans l'eau une grosse araignée. Lors-
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qu'on ne l'a pas fail cuire pendant long-temps^ ou qu'on ne la pas beaucoup fait sécher, on trouve que les larmes ont plus de consislance, elles se tirent en fils, et la matière des grands réservoirs ne peut plus s'y tirer. Le même degré de chaleur qui a suffi pour sécher la première matière ne suffit pas pour sécher la seconde. Enfin si on fait cuire Varaignce jusques à un certain point, la matière «les larmes ne peut plus se retirer en fils, elle paraît une espèce de colle dure ; d'où il est clair que c'est précisément en séchant, ou parceque llmmidilé inutile s'évapore, que la matière de la soie devient soie. »
Les araignées filent leurs toiles de Lien des manières différentes , les unes font une espèce de filet très lâche, d'une figure spirale régulière ; quelques autres ne les composent que de fils tendus dans tous les sens et sans aucun ordre apparent, d autres enfin leur donnent la forme d'un lapis d'un tissu serré , étendu sur un plan vertical. Lister, pour expliquer comment les araignées pouvaient attacher leurs fils d'un arbre à un autre, souvent à une grande distance , a prétendu qu'elles éjaculaient et qu'elles lançaient leurs fils de la même façon , dil-il , que les porcs -épies lancent leurs piquans; cette opinion n'a pas besoin d'être réfutée. Voici comment l'araignée fait sa toile
enire deux arbres sépards l'un de l'autre par un fossé ou un ruisseau qu'elle ne peut franchir. Dans un temps calme, placée au bout de quelques brandies, elles s'y lient ferme sur ses pattes de devant , et avec ses deux paHes postérieures , elle tire de ses mamelons un fil assez long, qu'elle laisse flotter en l'air. Ce fil est poussé par le vent contre quelque corps solide, et il s'y colle promptenient par son gluten naturel. L'araignée le tire à elle de temps en temps pour reconnaître s'il est attaché; lorsqu'elle en est assurée par la résistance qu'elle éprouve , elle le bande et le colle à l'endroit où elle se trouve. Ce premier fil lui sert de point de communication pour placer les auires. Elle lui donne de la solidité; ensuite elle en file d'autres perpendiculaires et obliques , qu'elle attache à difiérentes branches , et dont les bouts viennent se rendre à un centre commun. Quand ce travail est fini, elle en file d'auues qu'elle colle dessus ; elle les écarte les uns des auires, et les place circulairemcnt autour du centre, La toile achevée , l'araignée construit à une des extrémités supérieures, entre deux feuilles rapprochées, une petite loge qui lui sert de retraite; elle s'y lient ordinairement toute la journée , et n'en sort que le mi.lin et le soir.
Dans les beaux jours de l'automne , on voit souvent voltiger dans l'air une quantité assez
considérable de fils de sole , que le vent cmporie quelquefois à une très grande hau'eur» Ces fils sont l'ouvrage des jeunes araignées de la famille des tendeuses. Il est aisé de s'en convaincre en examinant de près ces fils; on ne manquera pas de trouver à l'un ou à l'autre bout les peiiles arai^^nées occupées à produire de nouveaux fils ou à alougor ceux qui ont déjà cle filés , jusqu'à ce qu'ils soient fixés.
Les araignées sonl ovipares : la femelle, peu de leuips après sa fécondation par le n)ale , pond une quanliié plusou moinsconsidérabled'œufs, d'où sortent ensuite les petites araignées.
Les parties qui servent à la génération de ces insectes sont doubles dans le n*<j!e , e1 simples dans la femelle ; elles sont placées dans le maie au dernier arîiile des anteunules , et vers la base inférieure du ventre dans la femelle. Les deux antennules du suàle sont terminées par une espèce de boulon, d où 1 on voit sortir, au moment <le laccoupiement , un petit corps charnu, blancliàtre , roide. Oi ne dislingue dans la femelle qu'une siujple fente transversale, dont les bords se séparent un peu jjour faciliter l'introduction du petit corps charnu du mâle. L'introduction de ce membre est si prompte et si courte, qu'elle ne paraît être qu un simple attouchement.
L'accouplement parmi des animaux aussi
cruels doit nécessairement se faire avec une sorle de méfiance. Le mâle , obligé à faire les avances , court le risque de perdre la vie lorsqu'il approche de la femelle , et si celle-ci n'élail pas soumise elle-même à une loi impérieuse , si les agaceries du maie ne Texcilaient à l'amour; celui-ci serait iniailiibloment dévoré. La femelle est en effet plus grosse que le mâle, ses pinces sont plus forles et plus grandes, et ses muscles plus vigoureux. Cet accouplement a lieu , en Em ope , depuis la fin de juin jusqu'à la fin de septembre.
Les œufs des araignées éclosent ordinairement vers la fin de 1 été , deux ou trois semaines après qu'ils ont élé pondus. Quelques uns cependant passent Thiver et n'éclosent qu'au printemps suivant. Dès que les peiils des araignées fileuses sont éclos ils se njettent à fder, et construisent bientôt une petite toile. Ils grossissent promplement quoique souvent ils ne mangent point , n'ayant point encore assez de force pour attraper des mouches. Dans les premiers jours ils vivent en société, mais ils se séparent bientôt pour vivre"isolément, car des animaux aussi féroces ne pourraient vivre ensemble sans s'enlre-détruire.
Lorsque les œufs des araignées-loups sont éclos, la mère déchire la coque qui les enfermait, et en fait sortir les petits ; ceux-ci mon-
lent sur son dos , et elle les emporte avec elle, les premiers jours de leur vie. C'est u'i spectacle singulier que de voir courir dans les champs une pareille araignée , le dos chargé d'un millier de pelils, qui la font paraître d'une grosseur démesurée et comme hérissée. Lorsqu'elle saisit quelque insecte , elle le dépèce, pour ainsi dire , et le partage à ses petits. Ceuxci restent avec elle jusqu'à ce qu'ils puissent suffire à leur suhsistanre. Les araignées prennent le plus grand soin de leurs œufs et de leurs peiiis, elles s'exposent pour les défendre à tous les dangers. Elles sont très craintives et fuient avec précipitation dans les temps ordinaires , mais lorsqu'elles portent leurs petits sur leur dos, si on les leur fait tomber, elles aiment mieux périr que de les abandonner ; elle les replacent sur leur dos, lorsque le danger est passé. Mais dès que la société et rompue , cette tendresse maternelle se change en une haine irréconciliable.La mère ne reconnaît plus ses petits, et toute cette famille une fois désunie chercha à s'entre-dévorer à la première rencontre.
On a beaucoup exagéré le danger qu'on attribue à la morsure des araignées; il n'est pas même prouvé qu'il y en ait véritablement, surtout dans les pays froids ou tempérés. Cependant plusieurs voyageurs ont fait mention de quelques espèces venimeuses; selon eux
l'araignée aviculaire de Surinam est 1res redautable pour l'hom.nc. Sa morsure est toujours suivie d'accidens fàcheu'c ; mais elle l'est bien davantage pour les colibris et les- oiseauxmouches ; la moindre blessure qu'elle leur fait en les saisissant, les fait périr en un instant. Baglivj, médecin italien a écrit fort au long sur la tarentule., espèce qui se trouve dans le midi de l'Europe. Suivant lui , la piqûre de celte araignée n'est dangereuse qu'en été , et surtout pendant le temps de la copulation. Elle produit une maladie grave qu'on a nommée tarentlsme. Ses sympllSmes consistent en une douleur très considérable à la partie mordue, ea spasme et sueur froide universelle, vomissement, gonflement du ventre et de la poitrine, etc. Souvent même ces symptômes prennent le caractère d'une fièvre maligne. Enfin le malade meurt, ou si le mal se calme, il tombe dsns une mélancolie d'un genre particulier. La plupart recherchent les tombeaux et les lieux solitaires, quelques uns se placent dans des cercueils comme s'ils étaient morts, d'autres désespérés se précipitent dans des puits , se traînent dans la boue, etc.: les uns désirent qu'on leur donne des coups de fouet, quelques autres trouvent du plaisir à courir; ils sont agréablement ou désagréablement affectés de différentes couleurs , etc. ; celte maladie , suivant cet
auteur ne peut elre guérie que par la musique.
Le tarentisnie était coinaïun en Italie du temps de Baglivi , niais il a disparu depuis qu on n'y croit plus, et personne maintenant n'est mordu de \i tarentule.
Tous les naturalistes qui ont cherché à découvrir si les araignées avaient réellement du venin, n'ont jamais pu en découvrir; les poules et les oiseaux mangent ces insectes et n'en sont point incommodes; plusieurs personnes meaie en ont mangé iuipunément, et tout le monde a entendu parler du goût bizarre de l'aslronome lialande , qui mangeait les araignées avec plaisir. Il est certain , malgré tout, qu'elles ont une espèce de venin , car les insectes qu'elles piquent meurent presque surle-champ. Il sérail donc prudent de se méfier des grosses espèces , surtout dans les pays chauds; car si leurs morsures ne sont pas mortelles, elles pourraient du moins incommoder beaucoup.
Les araignées sont très nombreuses, on en connaît plus de deux cents espèces qu on à divisées en huit familles. D'après la manière dont elles disposent leurs toiles. Savoir: les tendeus?s f l^ifilandières , les tapissières , les araigiisesloups f les phalanges, les araignées crahes ^ les araignées aquatiques, et les araignées mineuses.
Les mygales ont de grands rapports avec les
araignées-loups et les araignées tapissières. Ces insectes sont ordinairement très gros et passent; en général pour être venimeux. La mygale circulaire de Surinam est assez forte pour se saisir de petits oiseaux ; on les redoute beau- Coup dans les Antilles.
11 y a des mygales mineuses , c'est à dire qui se pratiquent en terre des nids souterrains de plusieurs pieds de profondeur ; elles ont le soin de les tapisser d'une toile qui est tendue jusqu'à l'entrée du nid , afin de regrimper plus facilement et pour cire ainsi avertie de ce qui se passe à l'entrée. Leur industrie brille particulièrement dans la manière dont elles construisent la fermeture , qui sert à la fois de porte et de couverture. Cette porte est fermée de plusieurs couches de terre détrempées et liées entre elles par des fils. Son contour est rond, le dessus qui est à lleur de terre est plat et raboteux, le dessous convexe et uni est recouvert d'une toile, dont les fils sont très forts et le tissu très serré. Ces fils prolongés d'un côté du trou y attachent fortement la porte , et forment une espèce de penture , au moyen de laquelle elle s'ouvre et se ferme. Cette penture ou charnière est toujours fixée au bord le plus élevé de l'entrée, afin que la porte re-' tombe et se ferme par sa propre pesanteur. L'entrée forme par son évasement une espèce
de feuillure contre laquelle la porte vient Laitre, et n'a que le jeu nécessaire pour y entrer et s'y appliquer exacJemenl. Retirée dans son habitation, la mygale reste tranquille tant qu'où ne touche point à sa porte, mais dès qu'elle sent le moindre mouvement, elle quitte le fond de sa retraite , et accourt à l'entrée. Là le corps renversé, accrochée par les pattes, d'un côté aux parois de l'ouverture , de l'autre à la toile qui tapisse le dessous de l'opercule, elle le tire fortement à elle; si on essaie de la soulever, elle opère une résistance assez forte , pour produire un mouvement alternatif de pulsion et de répulsion; enfin obligée de céder, elle se précipite au fond de son terrier. Si on la fait sortir de son fort , on ne trouve plus en elle le courage qu'elle a fait voir, elle chancelle au grand jour, on la croirait dans un élément étranger.
On connaît trois espèces qui se construisent de semblables nids, l'une habite l'Amérique méridionale, l'autre se trouve en Corse , et la troisième dans le midi de la France, aux en-^ virons de Montpellier et ailleurs.
Les phrynes appartiennent toutes à l'Amérique méridionale , on n'en connaît point les habitudes.
Les s'corpions ont le corps alongé ; et terminé par une queue fourchue dé six nœuds, dont le
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dernier prolongé en dessus en pointe leur sert d'aiguillon.
Les scorpions vivent dans les pays chauds des deux mondes; ils se trouvent en Europe vers le 4-3" degré de latilude et au-delà. Les espèces d'Europe n onl guère plus d un pouce de long, mais celles de l'Inde ont jusqu'à cinq pouces. On croit généralement que les sco"pions sont venimeux , et qu'ils introduisent une liqueur empoisonnée dans la plaie qu'ils font avec leur aiguillon. Il paraît certain qu ils ne sont pas tous venimeux pour les hommes, les paysans de la Toscane les touchent et s'en font niorJre impunément. I es essais de Redi et Mauperluis prouvent néanmoins qu'ils sont quelquefois venimeux.. Ils ont vu aux environ» de Montpellier de jeunes pigeons qu'ils avaient fait piquer mourir dans des convulsions et des vertiges cinq heures après, et quelques autres de ces animaux n'en être nullement incommodés. On a fait les mêmes expériences sur les chiens , quelques uns sunt morts , mais le plus grand noaihre n'en souffraient aucunement.
Les personnes qui en sont piquées peuvent employer les suiiorlfiques et les lemè.ies que 1 on indique contre la morsure des serpens.
Les scorpions sont très carnassiers, ils [îoussenl la craaulé jus<ju à dévorer leurs petits
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à mesure qu'ils naissent. Ils se nourrissent de mouches , de cloporles et surtout d'araignées auxquelles ils font une guerre à outrance. Ils sont vivipares. On ne connaît point leur accouplement, il doit être singulier entre des animaux aussi féroces dont le plus fort ne manque jamais de dévorer le plus faible.
Le scorpion d Europe est très répandu dans le midi de 1 Europe; on le trouve jusque dan» les maisons.
Les pinces sont de petits insectes qu'on ren-. contre dans les vieux livres, la poussière, sous les pierres, etc.; ils vont de côié à la manière des crabes: on connaît d'ailleurs très peu leurs habitudes. La pince cancroïde est très commune en Fraixe.
Les galéodes sont des aranéides des pays chauds, on les rencontre pariiculièremeni en Asie, en Afrique et dans le midi de l'Europe: quoique très répandues, elles soiil très peu connues; elles passent pour veniuieuses , mais Oiivier qui en a vu beaucoup dans son voyage on Perse, n'a jamais pu eu recueillir aucune preuve.
Les faucheurs se distinguent au prenuer aspect des autres aranéides, par leurs pâlies démesurées proportionnellement à la petitesse du corps qu'elles soutiennent. Leur démarche est très remarquable, et le nom qu ils poiteiU
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vîcnl de ce qu'on les a comparés aux ouvriers <Hii, en fauchant les champs, marchen» à grands pas et lentement. Une autre particularité que ces pattes présentent, c'est qu'après s être séparées très facilement du corps , elles conservent la faculté de se mouvoir pendant plusieurs heures; ce qu'on attribue à i action irritante de l'air sur les filets nerveux et imperceplibîes des muscles déliés qui s'insèrent à chaque article.
Les faucheurs sont très communs, on les trouve sur les troncs d'arbres et sur les murailles. A l'aide de leurs grandes pattes, ils se mettent promptemcnt à 1 abri des dangers qui les menacent. Ils se se* vent encore, dans l'état de repos, d'une ruse assez singulière. Leur corps appuie alors sur le soi , mais les pattes auxquelles il donne attache , sont étendues circulairement autour de lui de manière à occuper un espace assez étendu ; si uu animal touche à l'extrémité de l'une d'elles, le faucheur élève aussitôt soi corps et forme avec ses pattes autant d'atcades sous lesquelles 1 aniinal importun passe librement. Si ce moyen ne réussit pas il saule a terre et s'éloigue promptement.
Les Irombidles se trouvent sur les plantes, les murs, les jirdms; la irombitlie satinée est ce petit iiisecœ d'vui beau rouge ecarlale
3^:X ENTOMOLOlilE,
q i pîiaît au premier printemps cl qui ressemble a une 1res pctile araignée. On en pourrait retirer une belle teinture, 11 y a des espèces de l'Amérique méridionale qui sont beaucoup plus grandes , et qui sont également d'un beau rouge de sang.