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che et à travers d'innombrables luttes ont remporté la victoire. Plus de cent-soixante artistes ont arboré nos couleurs. Cette petite troupe rangée en carré s'est constamment avancée d'abord lentement, rapidement ensuite refoulant sans cesse les charges furieuses, démasquant à propos ses batteries, assaillant les redoutes, escaladant les cimes. Les détracteurs du mouvement Rosi-Crucien ont aujourd'hui disparu ; on a presque perdu le souvenir, des plaisanteries et des injures sous lesquelles on essaya jadis de nous étouffer ; ceux qui ne s'enthousiasment pas en parlant de notre effort le traitent avec estime, respect. On sent qu'une grande œuvre a été accomplie, qu'une délivrance a été opérée, qu'un amas de brouillards qui obscurcissaient l'azur esthétique se sont à jamais dissipés. C'est pour cela^dut-elle demeurer en sommeil long^ temps encore, dut-elle ne plus se manifester sur le terrain de Tart, c'est pour cela que la Rose -j* Croix peut se glorifier d'avoir rempli sa mission et fait tout le possible, ce que Dieu demande à ses serviteurs.
Pour l'art architectural, le plus haut certes de tous les arts> nous n'avons pu qu'émettre
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des vœux et formuler des principes, n'étant certes point capables de réformer par un coup de baguette magique l'esprit et les mœurs de notre temps. Car Tarchitecture n'est pas un art individuel mais collectif : un beau monument n'est pas le résultat du travail et de la méditation d'un artiste, si grand que soit son génie, il ne peut être issu que de la foi d'une époque, des croyances de tout un peuple. La Grèce esthétique imagina des colonnes étincelantes de grâce et de majesté, Rome à la main lourde et puissante créa le plein cintre solide, imposant et brutal. Il a fallu le christianisme au Moyen-Age pleinement épanoui pour nous donner le gothique, l'ogive céleste, l'inimitable et incomparable splendeur. Les xiii*^, xiv% et XV® siècles ont réalisé les plus merveilleux édifices qu'il ait été donné à l'humanité d'élever et de contempler. La Renaissance, résurrection du paganisme, constitua sans hésitation possible une déchéance : Le dix-septième siècle inaugura ces chefs d'œuvre de platitude, non exempts toutefois d'une certaine allure Louis quatorzième : le dix-huitième fut laid, mesquin, privé d'âme comme une grimace de Voltaire. Quant au dix-neu^