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CHAPITRE IV

La fondation de Germinal : Maujan, Paschal Grousset, Gérault-Richard, Gonzague Privat. — La fête de l'inauguration. — L'’Indépendance Belge et Gaston Bérardi. — La fondation du Journal : Fernand Xau et les Letellier. — Une soirée chez Léon Letellier. — Auguste Marin. — Alexis Lauze. — D'Esparbès. — Coppée. — Arène. — Allais. -— Bergerat. — Mendès. — Le bar du Journal. — La succession de Magnard au Figaro : Rodays et Périvier. — Gaston Calmette. — Le procès Lebaudy. — La fin de Jacques Saint-Cère.

J'ai débuté dans le journalisme au Figaro de Francis Magnard, et je vous ai conté ces débuts. Cette forme de l’activité littéraire m'a toujours vivement attiré. Dans la bataille des idées, le journal quotidien représente l’artillerie. Si son tir est dirigé efficacement, il doit rendre intenables les positions ennemies. Je parle ici du journal de doctrine. Car le jour-

nal d'information amuse et distrait la masse, mais n’agit pas sur elle. Étant facilement vulnérables, ces mastodontes sont peu redoutables. |

Aussi, quand notre vieil ami Gonzague Privat vint m'annoncer qu'il prenait le secrétariat de la rédaction de Germinal, nouvellement fondé par le député radical Maujan, et qu'il me demandait deux articles par semaine, je fus enchanté. Songez donc : j'avais vingtcinq ans, je venais de me marier; j'avais déjà été morigéné par M"° Séverine pour m'être battu avec les sergents de ville, traité par d’autres d'incapable et de fils à papa, parce que J'étais entré dans la famille de Victor Hugo, accusé d’avoir fait écrire mes deux premiers livres, Germe et Poussière et Hoerès, par mon père et ma mère, et Je me rendais compte que si l'on me croyait un bon petit jeune homme inoffensif, on prendrait la douce habitude de s'essuyer les pieds sur moi. En outre, la polémique m'attirait. Je le dis à Maujan, un bon gros homme, d'allures militaires, pas très malin, mais très loyal. Il m'affirma qu'il me laisserait m'exprimer librement, et il tint parole. Des troubles au quartier Latin, le

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