CHAPITRE VIII
Séjour en Angleterre : Stanley, Henry James, George Meredith, Borthwick, Sherard, Burne Jones, Alma Taddema, Hamilton Aïdé. — Les clubs. — La société anglaise en 1895. — Arthur Balfour et John Morley. — L'amiral Maxse. — Voyages en Écosse, en Hollande, en Allemagne, en Suède. — Byvanck. — Van Hamel. — Heidenstamm. — Le banquet Goncourt. — L'affaire Wilde. — Premier voyage en Espagne. — Premier séjour à Venise. — La Walkyrie à l'Opéra.
J'ai fat de nombreux séjours en Angleterre et à Londres entre 1885 et 1900. Le plus important, pour la durée et l'intérêt, fut celui du printemps de 1895, en compagnie d’Alphonse Daudet. Ma mère en a consigné les principaux épisodes dans un délicieux petit livre, auquel je renvoie le lecteur. Il faisait un temps superbe, allègre et frais. L'immense
Léon, cette antique coutume n’est heureusement pas universellement répandue. Vous êtes tombé jusqu'ici sur des hôtes de méthode œnophile archaïque, oui, terriblement archaïque. »
Nous nous amusions ainsi à relever les différences fondamentales des tempéraments anglais et français, des habitudes de vie anglaises et françaises. Georges Hugo, qui est passionné pour l'Angleterre, soutenait toujours qu'ils avaient raison, que c'était mieux ainsi, et James remettait gentiment les choses au point : « Cher monsieur Georges, tout n'est pas la perfection dans cette ancienne sympathique contradictoire civilisation. Non, certes, tout n’y est pas parfait. Mais je suis heureux de vous voir tenir pour agréable le petit repas du matin, avec ses délices multiples et simples. » C'est-à-dire le poisson bien frais, le jambon, les œufs, la confiture, tout le lest excellent de l’Anglais qui part pour son travail. Ce travail n’est pas accablant. Dans le .monde des affaires, on arrive à son bureau vers les dix heures, on le quitte à une heure de l’après-midi. Même manège de quatre à six, avec l'interruption du sacro-saint tea. La