L^AIDE-DE-CAMP
M. le chevalier, que regardez-vous donc?
Ah ! je vois , la fille de notre hôte vous a donné dans la visière. Elle est ma foi jolie; mais la mère est encore plus belle'.
Le général ClerFAIT.
Madame Chariot ? c’est la plus belle femme de l’armée.
Le prince de W I R T E M B E R G.
Et dites aussi de l’Allemagne. Savez -vous qu’elle est plus que belle , madame Chariot ? elle. a un esprit d’ange; j’en fais beaucoup de cas !
. GhARLOT, bas ^ à sa fannvc,
Fcoutez, écoutez , ma femme, ceci demande toute votre attention ; on parle de vous , on , fait l’apologie de vos charmes. ( Ah dam ! il y a de quoi dire ). Approchez-vous donc , justifiez les éloges que l’on fait de. votre personne \ tachez de me dérider le prince de'Wirtemberg , cela dépend de vous.
Madame CharloT.
Ah ! finissez vos plaisanteries , M. Chariot je suis fâchez contre, vous plus que vous né pensez. .
C H -A R L O T , arrangeant là ^tahU.
Fâchez contre moi, mon ange, c’est du nouveau , vive les femmes , pour ressusciter leurs maris ; il ne me falloir qu’une bonne querelle d’allemand pour me rendre le plus fou des hommes , et le plus amoureux des^ maris. Une femme d’esprit entend si bien cela.
Madame C H A R l. o T , riant avec exlat^
Ah! ah! ahi qu’il est aimable^ mon Chariot!
il ne m’est pas possible de me fâcher contre lui; ahî si tous les Français te ressemblent!
r Charlot.
Ah ! si toutes les femmes te ressémbloient.
Le chevalier,'^ part.
Ils sont heureux. Mais moi, mais leur aima** ble enfant....
Le prince de WiRTEMBERG, appelant. Madame Chariot? ■
Madame CharlOT , s’approchant avec préci-
- pitaùon,
Qu’est-ce qu’il y a pour votre service , monseigneur >
Le prince, de W IRT,EMBERG.
Vous êtes toujours obligeante. {-A pan, ) Qiiestionnons-là.
Madame. C H A R L' O T.
Je^ne fais que mon devoir, monseigneur.
Le prince de WiRTEMBERG.
'Vous avez plusieurs cnlans? '
Madame C H A R L O T.
Trois , monseigneur ; deux garçons et ma , fille.
Le général G L E R EA I Tl i
Elle esc jolie, votre fille ; elle vous ressemble, madame Chariot.
L E ’ C H E V A L I ER , regardant Charlotte,
Ah! oui, mon père, elle est’ jolie, douce, aimable c’est le portrait de sa mère, f ^
Le . général CLE R FAIT, ^ part.
Je crois que mon fils en est amoureux \ on le seroit à moins. ( En examinant Charlotte, )
Madame C H A R L o T.
Eh î messieurs , de grâce cessez vos éloges ; les femmes de notre état s’occupent-elles de la beauté ? Quelques vertus roturières font tout notre ornement.
C’est répondre J messieurs; une femme de cour ne s’en tireroit pas mieux.
Le prince de \V i R T E M B E R G.
On distingue madame Chariot, et sa réputation est faite. ( A part.) J’aurpis bien de la peine à me ^persuader qu’ils sont coupables. •
Chariot.
' Ah! si le sort l’avoit voulu, monseigneur, elle auroit été bien loin , mais elle s’est arrêtée ,avec moi .en son chemin.
Madame Chariot.
Monseigneur , ne l’écoutez pas , il se ‘moque toujours de mo;i ^ mais je le lui rends bien.
Chariot.
Eh ! vive ma femme ! quand elle setoir fran - ' caise elle ne vous traiteroit pas mieux.
Chariotte.
Maman ?
■■ •' " Madame C H a R l *0 T.
'Eh bien ! mademoiselle ? Sortez.
l’aide - DE-CAMP,
Vous êtes trop sévère , madame Chariot , pour une femme d’esprit.
Madame .ChaRLOT.
Cette sévérité ne se trouve pas toujours dans la morale des hommes ; et je sais très-bien , messieurs , que pour seduire les filles , on fait des complimens aux mères ; mais je n’en suis pas la dupe.
Charlot,^ part.
Attrapes. ( Haut, ) Monseigneur , vous êtes servi. ( lU vont pour se mettre à table, on entend la trompette et des coups de fusils dans le lointain. )
Le prince de W irtemberg.
Voila le signal' de l’attaque , messieurs, à vos postes ; nous n’en souperons que mieux ce soir, après la victoire. ( On entend la generale
et le canon, )
( A Vàfficier. )
Faites défiler les troupes.
L’aide-de-camp.
Tentes à bas , aux armes , officiers à la tête
de vos troupes.
( Un grand nombre de soldats ployent les
tentes. Lés tambours traversent la scène, en b at‘
tant la générale ; le camp disparoît , et vide la scène. )
Le prince de WiRTÉmberg , au père Gris-
bourdon.
Aumônier, donnez la bénédiction alarmée.
Je vais livrer la bataille.
GriSBOURDON j monte sur un hanc , et aspergeant V armée autrichienne , dit : ) Soldats , que Dieu bénisse vos armes et sanctifie vos âmes.
Charlot,^ part,
Frippon , tu leur en donne pour leur argent.
Il étoit décidé qu’ils ne dîneroient pas ; je l’aurois juré.
Le chevalier.
: Que vais-je devenir? Allons à la découverte
et choisissons le chemin le pourra me conduire , avec ma dans l’armée française. t
Ma femme, ne bougez pas d’ici , je reviens pour tout ployer ( Il sort, )
plus court qui chère Charlotte,