SCENE XI I I
LES PRÉCÉDENS ; le général CLERFAIT ; le chevalier ; le prince de WIR-
TEMBERG; GRISBOURDON.
M O N prince , quinze cents hommes du quartier-général viennent de .déserter ; et voilà le traître qui les a débauchés ( Montrant Vcs^ pion, )
G RT S B O U RD O N , has , à V aide -de- camp,
' N’oubliez pas que Chariot est son complice.
L’aide- 'DE - c*a m p.
Ce n’est pas le moment.. .. Celui-ci demande de la réflexion : M. Chariot est le meilleur cuisinier de l’armée.
L’espion.
Monseigneur , moi innocent , bon allemand.
Le prince de WiRTEMBERG, avec colère,
Scélérat ! je ne me bornerai pas à te faire donner la mort , tu périras, dans des tourmens
affreux. Qu’on l’enchaîne et qu’on le garde à vue.. .. Mettons -nous à table.... Comment, jé ' ne suis pas encore servi ? ( On emmène. V espion, )
GRISB0UHÎ)0N,<^ part.
Et l’on n’emmênera pas ce frippon de Chariot? Après le dîner nous verrons.
Madame C H A R L O T , effrayée.
Miséricorde ! il n’y a plus rien.
Monseigneur , j’étois à mettre en bouteille , pour votre excellence , d’exçellent vin de Bory deaux ; la table étoit servie , et quand je suis rentré, j’ai cru que votre excellence. avoir déjà dîné ; mais quelques plats dispersés m’ont fait ' appercevoir que c’étoient les déserteurs qui avoient balayé le dîner. Monseigneur , le dégât est pour mon compte ; j’ai ’de quoi vdus fournir sur4e-Ghamp un second service. .
Le prince W IRTEMBERG, avec dépit.
Dépêchez-vous donc , monsieur. ( A part, ) Si tout autre que le père Grisbourdon m’eut dénoncé cet homme , je m’en déherois davantage ; cependant je veux l’observer.
Vous allez être obéi dans la minute. Allons , ma femme , et CharlQtte , allons , regarnissez la table.
Madame C H A R L o T.
Mon Dieu ! mon Dieu! quelle journe'e'terriblc ! Elle nous ruine , mon cher Chariot.
Vas toujours , et ne crains rien. ( Ils se di--
pêchent tous trois de regarnir la table. )
Le prince de WiRTEMBERG.
Messieurs , avez-^^us rempli mes ordres ?
les hauteurs d’Anderlech sont-elles bien garnies > le seul moyen de les occuper avec avantage , c’est d’envoyer une avant-garde de deux, mille hommes au-devant de l’ennemi, et de lui faire donner une fausse attaque ; je ne suis pas fâché qu’il s’avance , tout l’avantage est pour nous. '
( Le chevalier se détourne , pour regarder Charlotte. )