LES PRÉCÉDENS, CHARIOT
au fond du théâtre et levant les bras au ciel,
Que vois-je ! Ma femme qui trinque avec -le général Dumourier > ( Se précipitant dans les bras de Dumourier. ) O ! notre libérateur , dieu des armes , héros magnanime , permettez-moi de vous embrasser bien amicalement , bien fraternellement, et vous aussi mes chers concitoyens , que ]e vous serre dans mes bras ; je sens que je pleure malgré moi ; mais ce sont des larmes de plaisir ! Ma femme leur a tu donné tout ce qu’il leur falloir ? Que voulez vous ? Que désirez-vous ? Mon argent, ma fortune , tout est à vous. O mes concitoyens ! me pardonnezvous ? Je n’ai accepté la place de cantinier de l’armée ennemie, que pour mieux servir mon pays. Mais ne vous hasardez pas dans la plaine, vous êtes attendus aux portes de Bruxelles , et l’on pourroit vous engloutir. Toutes les avenues, l’entrée des forêts , les colines,soht environnées d’embûches; par-tout la mort vous attend. La guerre des tyrans n’est pas la guerre franche des peuples.
Dumourier.
Je le sais ; mais partout la victoire nous attend :
nous étions un peu fatigués, voilà un acompte que nous avons pris. Mon ami , nous nous reverrons , je l’espère; il faut rejoindre l’armée. Allons , camarades , allons chercher notre lit au milieu des champs, nous n’aurons pas la peine de nous déshabiller. Je vous donne, mes amis , demain, à déjeûner à Bruxelles. La bonne nuit que nous allons passer î
Je veux reconnoitre la place où vous allez vous poster, pour pouvoir y porter quelques renforts. . . .
Madame C H A R L O T.
Et moi ]è veux voir ces jeunes guerrières.
Char l o t t e.
. Moi aussi, maman.
Madame C H A R L O T,
Non, mademoiselle ; allez joindre les chariots de la cantine , nous ne serons pas long-temps.
- Dumourier.
Les bonnes gens î L’aimable enfant ! Citoyens guerriers, à l’ordre. Faites marcher la troupe.
( Ils marchent tous en file, au son de. la car-~ magnole. Chariot prend sa femme et sa fille ^ et -ils sortent en sautant, )
Fin du second acte.