SCÈNE III
Le Chevalier , Charlotte ( descendant de la colline, et arrêtant à moitié chemin pour laisser sortir Grisbourdon ).
Le Chevalier tenant Charlotte par la ' main ).
Il est déjà loin. Dissipés vos craintes ^ belle Charlotte ; amour , fais que je puisse?
triomplier de la tyrannie et décider mon amante. Tout est prêt pour notre fuite , c’est le seul moyen de vaincre tous les obstacles.
Charlotte
Ail ! Clievalier , qu’exigés.- vous de moi ?
que faut-il faire ?
LeChevalier.
Suivre le plus tendre , le plus lidele des amans.
Charlot te.
A mon âge , on peut sentir les premiers traits de l’amour ; mon cœur en vous vo^^ant en fut pénétré ; mais mon devoir mon devoir. ... je dépends d’un père , et d’une mère qui m’aiment tendrement.
Le C h e v a l I e R4
Ils ne vous aimeront pas moins. Cet n’est pas eux que je redoute le plus ; c’est mon père, c’est sa tyrannie.... Il ne consentira jamais 'à nous unir; mais, mâ Charlotte , vous connoisséz mon projet ; j’abandonne ma patrie pour servir la cause de la liberté. Ce projet exécuté m’obtient le consentement de vos pareils ; que m’importe ma nation , et les v^ains titres de ma famille / ils n’ont pour olijet que la tyrannie. Je trouverai du . service dans l’armée de la république française ; j’embrasse l’état dé votre père, il n’y a rien que je n’entreprenne pour vous obtenir. •
Charlotte.
Puis-je résister à* l’art que vous avez de
persuader
persuader un cœur sans défiance , et dès ce inoinent , je me sens enfiaanné du même liéroïsine qui anime ces deux jeunes françaises 5 je veux les imiter, pour désarmer mon ])ère et obtenir mon amant de son aveu, mais fuir avec vous ?... Les vêtemens de
J’ai pourvu à tout 5 je me suis muni d’un habit, et de tout ce qui peut favoriser nioi^. amour, et notre fuite. On a raij^on de dire que d’heureuses intelligences veillent au lionheur des amans 5 le dieu d’amour, plus puissant que tou^ les argus , endort leur vigilance j mais j’entends du bruit.
LesVi'écédens ,un bataillon de soldats fran-
Soldats , préparez vos ^armes , l’ennemi occupe cette coiline. ^
Le Chevalier courant au-devant de lui.
loyens. Je jiasse , avec mon a ma nie , dans votre armée ; je veux répandre tout mou sang pour laver la^ tache de celui que j’ai reçu de mes peres.
mon sexe. . . .
Le Chevalier.