‹ L'entrée de Dumourier a Bruxelles, ou, Les vivandiersChapitre 29 sur 58 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Le Chevalier , Charlotte ( descendant de la colline, et arrêtant à moitié chemin pour laisser sortir Grisbourdon ).

Le Chevalier tenant Charlotte par la ' main ).

Il est déjà loin. Dissipés vos craintes ^ belle Charlotte ; amour , fais que je puisse?

triomplier de la tyrannie et décider mon amante. Tout est prêt pour notre fuite , c’est le seul moyen de vaincre tous les obstacles.

Charlotte

Ail ! Clievalier , qu’exigés.- vous de moi ?

que faut-il faire ?

LeChevalier.

Suivre le plus tendre , le plus lidele des amans.

Charlot te.

A mon âge , on peut sentir les premiers traits de l’amour ; mon cœur en vous vo^^ant en fut pénétré ; mais mon devoir mon devoir. ... je dépends d’un père , et d’une mère qui m’aiment tendrement.

Le C h e v a l I e R4

Ils ne vous aimeront pas moins. Cet n’est pas eux que je redoute le plus ; c’est mon père, c’est sa tyrannie.... Il ne consentira jamais 'à nous unir; mais, mâ Charlotte , vous connoisséz mon projet ; j’abandonne ma patrie pour servir la cause de la liberté. Ce projet exécuté m’obtient le consentement de vos pareils ; que m’importe ma nation , et les v^ains titres de ma famille / ils n’ont pour olijet que la tyrannie. Je trouverai du . service dans l’armée de la république française ; j’embrasse l’état dé votre père, il n’y a rien que je n’entreprenne pour vous obtenir. •

Charlotte.

Puis-je résister à* l’art que vous avez de

persuader

persuader un cœur sans défiance , et dès ce inoinent , je me sens enfiaanné du même liéroïsine qui anime ces deux jeunes françaises 5 je veux les imiter, pour désarmer mon ])ère et obtenir mon amant de son aveu, mais fuir avec vous ?... Les vêtemens de

J’ai pourvu à tout 5 je me suis muni d’un habit, et de tout ce qui peut favoriser nioi^. amour, et notre fuite. On a raij^on de dire que d’heureuses intelligences veillent au lionheur des amans 5 le dieu d’amour, plus puissant que tou^ les argus , endort leur vigilance j mais j’entends du bruit.

LesVi'écédens ,un bataillon de soldats fran-

Soldats , préparez vos ^armes , l’ennemi occupe cette coiline. ^

Le Chevalier courant au-devant de lui.

loyens. Je jiasse , avec mon a ma nie , dans votre armée ; je veux répandre tout mou sang pour laver la^ tache de celui que j’ai reçu de mes peres.

mon sexe. . . .

Le Chevalier.

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