SCENE V
Ddmourier, les Précédées, au fond dià
théâtre,
Düjmourier écoutant et appellant.
Je ne me trompe point : l’Egalité, Freling.
F R E L I N G cadette.
Mais je crois que c'est la voix de notre général.
Egalité.
Quoi î notre général , vous allés aussi eü escarmouche f
( lio ) ,
Dumourier.'
Pourquoi pas ^ tout comme un autre , med p.iTiis y et je lie suis ,pas mailieui eux.
Frelino aînée.
Oh / ne vous plaignes point , général , nous n’avons pas iaksé un autrichien , ils sont tous étendus pai’ terre.
DumoüRier. avec gaieté.
En ce cas , mes braves , je suis plus heureux que vous. Je n’ai pas tué un homme, et j’ai lait deux iiiiile prisonniers.
F R É L I N O. Cadette.
Ah/ vous avez raison , Général, vous êtes aussi intréjûcle qu’heureux, et si nous avons lait rougir la terre du sang de nos ennemis ^ ce n’est pas notre faute.
J’en suis persuadé.
Mon Général , je gage qne vous n’avez pas fait une conquête aussi agréable que la notre.
Dpmourier*
Cela se pourroit liien , rien ne m’étonne de votre courage , ainsi que de celui de ces deux aimables guerrières.
Egalité.
Vous en compterez trois actuellement.
D U M ou R I E R. ■
Eadincz-vous ? ■ ^ *
' tÉ g a l I t é
Je ])arle sérleiisenient.“ Trenant Charlotte par la main, E-egarciez cette aimable enfant.
D ü M ou R I E R , la regardant de près.
EUe est ma fol jolie ! Autant que j’en peu;jç
juger à travers le crépuscule.
' Egalité.
Vous ne vous trompez pas, mon Général ^ TOUS avez le Xact des jolies feinmes.
3D ü M ou R I E R , la regardant de plus près. Cette phisionomie ne m’est pas inconnue.
Charlotte.
Mon Général^ je suis la fille de Madame Cil ar lot.
Oui , vraiment , mon enfant, je vous reconnois , et par quelle aventure ?
Le Chevalier.
Homme valeureux , permeUez-moi d’eu faire le détail.
1) ü M O U R I E R , C arr'êtant.
Vous êtes amant, je devine le reste ^ je in’interresserai à vous j vous n’avez pas oublié, mes amis', que je vous donne à déjeuner à Bruxelles, et j’espère que les Bral)an- ^ons nous défrayeront à leur tour de nos fatigues. Venez ^ suiv^i5-moi : vous me racon-
terez cela en cliemiii ; ne* perdons pas dér teins, cette gtierre est aussi glorieuse (j^uéton* nante.
Égalité.
Vous ayez raison, mon General^ je com* inence à croire que le merveilleux se joint au réel pour rendre les Français invincildes; on pourra vous surnommer à juste titre , le génie de la République.
iDüMOÜRlÉRé
Partons , partons , mes amis , le courage, et le bon droit de la cause que nous défendons , voilà le génie qui combat pour nous , et croyez, jeune homme, qu’un vieux soldat ne voit pas avec le même enthousiasme que vous ce triomphe guerrier. Je sais faire la guerre , il est vrai 5 je n’ai jamais combattu les tyrans avec plus de courage; c’est la gloire des nations que je défends , et non rorgueil humilié d’un despote , mais j’abhorre la guerre ; mon œil se détourné quand mon bras frappe , et je n’aspire qu’au moment de voir la terre délivrée, des tyrans , pour finir paisiblement mes jours sous le toit d’une chaumière, accrocher au cloud qui tient suspendu les droits de^ l’homme , cette , épée qui les défendit. Voilà, voila, mon unique ambition. La conquête du monde est faite ; les tyrans sont vainçus, c’est l’ouvrage de tous les Français. O/i entend des coups de fusils y et des coups de^ canons^ Camarades , il paroît qu’on nous suit de près.
îè croîs que nous sommes aux jûecls des Jiiauteurs d’Aiideiiecli.
Egalité.
Mon ‘general , vous ne vous trompés pas > et je pense que toutes les forces sont de ce coté.
LeChevàlier.
Oui , vous avez raison , ils sont en force; le corps de l’armée est porté sur les hauteurs , et , si le général veut m’en croire, il laissera quelques détacliemens de volontaires pour • tenir en suspens l’ennemi.
D U M O ü RI E R.
Bravo , jeune homme , je suis enchanté que nous nous soyons rencontrés. Une se- •conde bordée de canon fait rouler des boule ts sur la scène \ un feu allume sur les ■hauteurs,
Dümoùrier ramassant un boulet qui est tombé à ses pieds.
Cette dragée n’est pas mince , mes amis.’ En regardant la montagne , ah / ces messieurs s’éclairent.
Le Chevalier.
• Je vous assure, mon général , qu’ils n’y voyent goutte , ils ont perdu la tête. ,, ,
F R E L I N G aînée.
J’eri conviens , anais ils n’en tirent pas moins au hasard sur nous, et, sans rien diminuer de notre courage , je crois que nous
(ii4)
■ijouvons l’employer ailletirs ; qù’en pense lô céliéral ?
Du MOU R 1ER.
En yérité , les sledesA venir auront bien de la .peine à croire cette guerre. Des eiifans des femmes , tous coinliattent en ncros ; que ie suis heureux / mes ainis.^ je m’attendris de plaisir, malgré mol. Allons , mes braves camarades, mettons-nous en lace de l emieiiii , -et , quand nous l’aurons detait , je m’accjuitterai de ma promesse. Le cunon tire. Mes braves compagnons^ cette derniere caiiOTiade nous apprend ce qui nous reste a faire. General Egalité > faites avaiicei iai-'. liiée ' il faut gravir cette montagne et fondre sur l’ennemi à l’arme blanche; je monie le neiuler à l’assaut; le fanal des tyrans edaire
les soldats de la liberté. ^ ^ ^
Ils montent avec précipitation et toute i armée le suit y on entend le canon , on en tend des cris lugubres et le cliquetis des armes sur la hauteur, et Von ne se bat qiéà Vanne hlanche.
Dümourier sur la hauteur,
La victoire est à nous; l’ennemi est défait et prend la fuite. Soldats républicains , rien neWut désormais s’opposer a nos succès.
Plantés , sur le sommet de cette montagne , à la place de l’étendard des tvrans , celui de A irons l’ ennemi. ,
lue théâtre représente la grande place de H rux elles sur l^un des côtés est la mai-' son-de-ville f en J^ace de celle du Bour-’ guc?nestre y dans le Jbnd' du théâtre on voit la porte de France. ,