CENE XIX ET DERNIERE
Les Précédens^ le général Dmnourier en-^ trant , le Bourguemestre s’avance ^ lui présente les clejs y il s’ incline ^ Pyiimou^ rier s’empresse de le relever, - ‘ -J
Arrêtez , Magistrats du peuple , épar- y gnons ces honteuses céréxapnies, ceç usaga.^
îeodal , que îes-tyrarîs appelloîent lenr pou^ voir suprême, et qu’ils ont conserve tant qu’ils furent vainqueurs. Un peuple triomphant vient en frere briser les liens honteux d’un peuple encore dans les fers. Citoyens de la Belgique , les Français doivent à i’iinivers un grand exemple : ils veulent se sacrifier pour le bonheur du monde.
Soyez nos émules pour une si belle conquête ; l’époque de la révolution universelle est enfin arrivée ; dans les siècles de l’ignorance les révolutions n’ont éclaté que loin en loin chez les peuples divisés. La même cause doit aujourd’hui les réunir tous. Malgré les factieux nos ennemis sont vaincus ^ et quand les peuples deviennent gages, les rois n’ont plus raison.
Le Bourguemestrë.
La philosophie a opéré cette auguste révolution. La France va l’étendre dans les \
quatre parties du monde. C’est vous qu’elle a choisi pour cette entreprise , héros de la république française , magnanime guerrier ^ soldat intrépide, illustre défenseur des droits naturels de l’homme, brave et généreux Dmnourier, acceptez nos vœux et notre reconnoissance.
Le Général Dümourier, allant au-devant des trois héroïnes,
Vene^;, sexe charmant, et devenez encore' plus- redoutable sous d^ nouveaux rapports.- Je n’avois que deux jeunes guer-*
’î’îeres 5, j^en ai trois actuellement à présen-* ter à nos freres les Belges,
Charlot et sa Femme, s* écriante
Ma fille ( volant dans ses bras,
Elle en est aussi la friponne.
Charlotte.
O mon pere ! ô ma rnere ! me pardonnejs-^ vous?
Parbleu il le faut bien.
LeChevalier,
“*Ahî M. Chariot, serez- vous moins geïiéreux envers moi? devenez mon pere.
Charlot , lui faisant signe de se taire.
Chut ! r ,
Toutes les Brabançonnes s^empressent au*
^tour des demoiselles Ferniing,
Qu’elles sont bien sous cet habit; mais <ju’ elles sont jeunes ! ^ .
Une Dlle F e r n i n g.
"Nous sommes jeunes il est vrai ; mais Ici valeur, n’à^, point cl’ âge ni de sexe.
La b r b a n g o n n e, v-
■ Quel air m'dlè et fier ! Çelà me ‘donne atj$'sî envie d’aller à' là guerre.;' ";
• «««N# Aivi ' V' Lt '>
La seconde Dlle. F b b. n i k 0.'
Imitez-nous ; faisons plus aujourd’hui que les hoinmes 5 combattons pour défendre leurs droits^ et vengeons en meme-tems notre sexe d’un tyrannique préjugé. Forçons la fierté, l’orgueil de ces superbes à rendre hommage à notre valeur^ et qu’ils apprennent enfin que les femmes j^euvent mourir à leurs côtés pour la cause commune de la patrie , et la des ruction des tj^rans. *
Le Général Dumoürier, les montrant:
Femmes, vous venez de l’entendre. Les sages d’Athènes et de Rome eussent reconnu dans ces deux jeunes personnes deux vaillans guerriers ; les hommes de. la république française ne seront pas moins équitables envers votre sexe dans une révolution naturelle qui doit s’étendre sur tous indistinctement. Allons, Égalité, jemie Acliiles, aussi aiiniible qu’intrépide , conduisez à la> tête de l’armée ces trois héroïnes , et qu’on s’empare de tous les postes de la ville.
Le général l* Egalité place les trois, guerrières à la tête de E armée , qui dé- Jile sur le théâtre au son de Eair: Où peut-on être mieux qu’au sein de" sa famille ? On plante V arbre de la liberté ; un grouppe de femmes , de jeunes filles "' 'vêtues de ^ blanc , ceintures tricolores, portent des guirlandes et' des carbeilles de fleurs dont elles entourent l arbre f
des
(Hsy ^
des maisons sont garnies d^hahitans et,
d’habitantes qui crient: vive la -liberté*
vive l’égalité ! vivent nos libérateurs !
Le Gén. Dümoürieb. cojitinue,
J’ai promis de faire un mariage civique Si monsieur et madame Chariot rj veulent consentir ; un comte, du Saint-Empire abandonne de vaines prérogatives pour épouser cet aimable enfant 5 il ne perd pas au change j ^ consentez-vous , mes amis ?
Avec plaisir , mon général 5 qui pourroît vous résister ? La ville se rend , il faut bien me rendre aussi.
Mad. C H A R L O T.
Ce mariage sera heureux , puisqu’il serâj formé sous vos auspices.
Dumourier.^
Allons; et que l’arbre de la liberté leur* serve d’autel. ^ l’espion. Et toi^ heureux mortel dont l’esprit inventif et subtil a réuni les belges aux français ; tu auras aussi ta ré-, compense , elle est dans le cœur de tes concitoj'ens ; et l’exemple que tu viens de donner de ton courage fera cne.gr tous les peuples des prosélytes; tu suivras toujouss ’armé© de Dumourièr. ' ^ J
^ ' L’Espio'x.
Grand merci ^ mon* general j la sentinelle de Mars ne peut plus mourir.
Vendj 27 it 'cettc scene plusieurs citoyens s'approchent de BaJza , et se retirent tous ' aii^f^oiid du théâtre,
-B A L Z A cc lyumonrier. '
Brave Dumourler y vois rjuel estrascenJant du génénil d’un peuple libre ; dès cet instant nous nous constituons assemblée des repeèsenlans provisoires du peu]'>le belge y nous jurons de mourir en défendant les.
droits de la liberté et de l’égalité.
. ‘ Tous 'les Be
N duf lê" j tirons'.
DuMOüRiEn à Balza.,
^ges d la fois»
Je jure à’mon tour d’ètré fidel à la cause d-O la 'liberté , de l’égalité ^ de défendre de tout mon pouvoir les droits du peuple sou»
verain beige , et de mourir s’il le faut à mon poste en les les défendant;
Et toi ^ citoyen Balza, reçois le baiser de J)’aix au nom de la républitpie française , rpii- te promet, par mon entremise ,• do défendre de toutes ses forces et de tous $es trésors les re])résentans librement élus de la société des amis de la liberté. Freres èt concitoyens ne 'soyez plus Hamands , îienninyers , tournaisiens , naiimrois , ni brabammris ; ([ne toùt ces noms disparoLssent à Jamais 3 cpie celui de -belge soit dé-^
sonnais le seul connu dans, ccs provinces ^ et ne forme ]iliis qu’un jieuple de frères sous une même dénomination.
triomphai de Diunourier. ha rcjimnmée descend acco7iipagnée diiiTi génie- , qui
inscription : Je vais puldier ses victoires ^ et elle se perd dans la nue,
Dümourier chaîite.
Air \ Allons , enfans do la patrlfr^
Allons , er.fans de la Belgique,
^Allons , braves soldats franrais,
Il faut, pour notre république y Voler à de nouveaux succès 5 . {IXis.y
Il faut du despote de Liège Visiter les petits états 5 1 J)es trônes de tous potentats ,
11 faut m entreprencUe ,1e siège.
lui pose acné couronne de myrthe et de lauriers sur la tête. La renominée sonne de la trompette , de laquelle pend une espece de drapeau sur lequel on Ut cette
Aux armes , etc.
C il A R L O T. , .JSÆdiiic air<
Tremblez , tyrans et vous perAdes, L’opprobre de tous les partis ; ^
Tremblez , vos projets. par icides .
Vont enfin recevoir leur prix. ( )
Tout est soldat pour y<his combattre j S’ils tombent, nos jeunes héros ,
La France eu produit de nouveaux Contre vous tout prêt à se battre.
Aux armes. . . . .
Svïtle. CHARtoT à Durno'urlef.
‘ ' * Même air.
Nos triomplies sont ton ouvrage ,
Brave.et généreux Duraoiirier ,
La république à ton courage Décerne aujourd’hui ce laurier.
Ce n’est point une récompense ‘ Donnée à tes heureux travaux.
Il est de tè s -succès nouveaux •
Pour nous le gage et l’assüraace.
Retourne > Dumourier ,
. Retourne aïix champs d’honneur ;
Poursuis, pçursuis ,
‘ , . Le belge aux fers '
■' Attend ton bras vengeur. * ''
Air \ Vous qui d’amôüreuse aventure*
Veillons au salut de Pempire ,
Veillons au maintien de nos droits}
Si le despotisme conspire y Conspirons là perte aes rois.
^ Liberté , liberté , que tout mortel te rende hommage $ tyrans, tremblez, vous allez expier vos forfaits. Plutôt la mort que l’esclavage,
^’est la devise des français.
Tape a i/ oë i l*
Même air.
Du salut de notre patrie Dépend celui de l’univers ;
Si jamais elle est asservie ,
Tous les peuples sont dans les fers.
Liberté^ liberté, etc.
( his.y