‹ L'entrevue de Bayonne de 1565 et la question de la Saint-Barthélemy d'après les archives de SimancasChapitre 4 sur 7 · L'ENTREVUE DE RAYONNE DE · texte numérisé non relu

L'ENTREVUE DE RAYONNE DE

moi, iinnti qiit- jx'stiiiio, coinnie de raison, pour le sei-vice <lo Dieu, la conservation et 11' développement delà religion dans ces Etats. Aussi von.s baiserez les pieds de Sa Sainteté, de ma part, à ce sujet, et vous lui rendrez les grâces qui lui sont dues à cet égard, on lui remettant ma lettre que je vous envoie à cet efi'et et dont vous verrez la teneur pour la copie

A la marge de 1 i lettre, le Roi dit ce qui suit :

« C'est ce «pie je veux, et ce qui est écrit est bien parce que ce n'est pas là une affaire qui me soit particulière, mais qui regarde le service de Notre-Seigneur poiu- lequel je suis obligé de faire ce que je peux. y>

(juant à ce qui regarde la réformation des moines cloîtrés, j'ai vu la dilHculté qu'on y avait apportée et le moyen qu'on avait pris pour que 1 affaire fut remise au légat, ce qui m'a paru bien, parce qu'on sera ainsi informé de la nécessité qu'il y a et après l'avoir comprise, il est à croire qu'on en airivera bien au remède dans une chose si importante pour le service de Dieu notre Seigneur, jjour le bien et l'iionneur des religions. Quanta vous, je vous suis très -reconnaissant de la peine qtie vous y avez prise.

.T'ai vu ce que vous avez écrit au vice- roi de Naples au sujet de jwj^^^ue,fU> liano, ({uand la maladie de Marc-Antoine Colona fut si grave. C'était fort

à propos de l'infonner et d'avoir avec lui une correspondance si bonne, mais puisque Marc-Antoine est revenu à la santé et que ce danger cesse, il ne reste plus rien à dire qu'à vous témoigner la reconnaissance pour ce que vous nous avez accordé à cet égard.

Quanta ce qui touche à la dépêche des Morisques de Valence, il sera bien de continuer, dans l'instance que vous introduirez, conformément à ce qui vous a été écrit, puisque de toute autre manière on y satisfeiait plus longuement.

Ces jours passés, je vous ai écrit les entrevues de la li^inc, ma fenunc, avec la Heine Très-Chrétienne; elles avaient pour but de satisj'airc au désir qu'éprouvaient toutes deux de se voir et de jouir de l'af-

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f ectueuse tendresse qu'il doit y avoir et qu'il 3' a d'ordinaire entre une fille et une inère. De plus, eomuie elles se trouvaient ainsi réuni^ et /fiLpour retirer quelque fruit de ces entrevues, on se proposa deux points principaux, savoir : le remède aux choses de la religion dans ce royaume, l'acceptation et l'exécution du concile de Trente. Sur le premier point la reine-mère répondit qu'on y avisait déjà, qu'on avait déjà fait beaucoup de progrès par le voyage qu'avaient fait, elle et le roi, son fils ; que peu à peu ils donnaient des ordres pour le remède et qu'on gagnait toujours du terrain. A cela, il fut répondu que par la lenteur qu'on y apportait maintenant, on voyait, au contraire, qu'on perdait du terrain plutôt qu'on n'en gagnait, et sur le fait de savoir s'il en était ainsi ou non, il y eut beaucoup de questions et de réponses. On craignait toujours que tout ce qui se faisait sur ce point ne fut pour leur faire prendre les armes, mesure qu'on regardait comme la destruction et la ruine de ce royaume. On leur fit toucher de la main, au point de ne pouvoir le nier, que par le chemin qu'on prenait, on perdait toujours du terrain et qu'il était nécessaire d'en prendre un autre. On leur démontra clairement que mon intention et mon désir étaient de voir les choses de la religion réglées dans ce royaume et le roi y jouissant d'une entière obéissance. La dessus la reine mère fut persuadée et elle se détermina à vouloir trèssincèrement porter remède à ces choses de la religion, et devant quelques-uns de ses conseillers catholiques, devant le duc d'Albe et Don Juan Manrique qu'elle voulut avoir présents, elle offrit à la Reine, ma femme, de porter remède à tout cela le plus brièvement; qu'elle n'apporterait plus de retards pour le faire, une fois terminé le voyage qu'elle avait maintenant commencé, et qu'elle voulait le dire là, devant tant de personnes, pour donner plus de gages de sa sincérité. La Reine.

ma femme, se contents^ d'une pareille résolution, parce que l'on comprend clairement, sans qu'il y ait le moindre doute, que le jour où l'on voudra apporter le remède, la chose est faite. Cette résolution fut tenue

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si secrète quaiKuno aiitio jH'rsonne ne l'entonilit que les personnes présentes. Si elle avait été enluiKliic par d'autres, il y auiait pour le remède une difficulté aussi f^rande qu'il y a de facilité, avec le secret, on le comprend. Sa Sainteté voudra bien ne le communiquer à personne, pas même aux Rois très-chrétiens eux-mêmes, afin qu'ils ne puissent se plaindre et prendre pour prétexte que, l'affaire étant découverte, on les empêche d'appliquer le remède.

Sur l'autre point, la Reine ma femme pressa terriblement sa mère pour qu'elle fit accepter le concile de Trente et pour qu'on exécutât dans ce royaume les résolutions qui y avaient été prises. Dans cet entretien, elle comprit qu'on avait l'intentiou de réunir un concile national, projet qui troubla grandement la Reine, ma femme ; ©lie se mit à le détruire d'une manière si pressante et par de si bons moyens, que l'on finit par prendre la résolution qu'on ne tiendrait pas de concile, mais qu'on réunirait quelques prélats, personnes sages et éprouvées, avec quelques jurisconsultes de la même qualité, pour voir dans qu'elle forme on ferait ladite acceptation, sans préjudice des prérogatives que possède cette couronne, ainsi que des privilèges de l'Eglise gallicane, et qu'on ne toucherait en rien aux choses de la religion, ni au droit divin et positif ; telles furent les expressions dont on se servit. La Reine, ma femme, ©aroya immédiatement au duc d'Albe de rendre compte de ce fait au cardinal Santa Cruz, a qui ledit duc, avant que cette résolution fut prise, avait communiqué l'état où se trouvait l'affaire et le mécontentement qu'on éprouvait de la

voir en si mauvaise condition. Il lui avait dit qu'il pourrait en causer avec la Reine mère de la même manière et lui représenter le mécontentement qu'il lui avait témoigné, conduite dont le cardinal s'acquitta fort bien à l'égard de la Reine. Mais il faut observer que ledit cardinal n'est pas contraire à l'avis qu'il conviendrait de réunir un plus grand nombre de prélats et de traiter plus à fonds du sujet, et de s'occuper particulièrement de choses de la religion, quoiqu'il dise que tout cela doit

être fait avec sagesse et avec la permission de Sa Sainteté, il lui paraît que l'on pourrait tenir la nuiin à ce que les personnes qui se réuniront, s'avancent jusqu'à une certaine limite sans pouvoir la dépasser. Sa Sainteté doit être avisé qu'en cela ledit cardinal se trompe beaucoup ; que si cette réunion s'opère dans cette occasion, ni sa Sainteté, ni la Roi, ni la Reine, sa mère, ni aucune au;rp personne que la miséricorde de Dieu n'aurait assez de puissance pour la contenir dans ces limites. On proposa d'autres questions particulières, mais on /voulut rien admettre, ni en traiter aucune, avant que ces deux points qui sont les principaux ne fussent terminés. Ainsi, après avoir seulement traité et résolu ces deux points la Reine, ma femme repartit. De tout cela, j'ai voulu rendre compte à Sa Sainteté par votre intermédiaire, afin qu'elle sache ce qui nous occupe continuellement et ce qui nous occupera, tant que Dieu voudra bien nous donner l'existence et la vie. (Du Bois de Ségovie le xxiv août 1565).

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