SCÈNE IX
Les Mêmes, EDITH.
LA REINE
Sire, j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté miss Edith Ilamilton.
Sœur du colonel George Hamilton, un de mes ennemis les plus acharnés?
EDITH, passant devant la Reine et allant au Boi*
C'est vrai, sire... Mais fille de sir Robert Hamilton, qui, au risque de sa tête, vous a donné l'hospitalité, le surlendemain de la bataille de Worcesler, et de lady Lane Hamilton.
Excusez-moi, mademoiselle ; il n'est plus besoin de me rappeler tout ee que je dois à votre famille.
Vous ne lui devez pas encore assez à mon avis, sire; voilà pourquoi j'étais dans celte chambre, voilà pourquoi je vous écoutais.
ACTK PREMIER 25
CIIARLT.S II, tis'.cmenl.
Alors, VOUS avez entendu d'assez tristes nouvelles, miss Edith.
Tant mieux, sire; les miennes ne vous en sembleront que meilleures.
CHARLES ir.
Conmient?
Sire, par le commandement 'le la reine, j'ai vu et réuni tout ce que vous avez à Londres d'amis éprouvés.
Vous? (Souriant avec tristesse.) Kt la réunion a-t-cUc été nombreuse?
LA REINE
Si nombreuse, sire, que dès demain, si vous étiez à Londres, l'enthousiasme universel vous proclamerait roi.
EDITH
Je vous le garantis, sire.
Par malheur, il faut y arriver, à Londres; et comment voulez-vous que j'y arrive seul, quand je n'ai pas pu y arriver avec dix mille Écossais?
LA REINE
C'est que -vous avez rencontré M. Cromwell sur votre chemin, sire.
Mais il me faudrait un bâtiment quelconque, fût-ce une tartane, fût-ce un chasse-marée, fût-ce un canot!
Sire, une felouque est à Tancrc, à deux milles d'ici; dites un mot, et dans un quart d'iiourc vous serez à bord.
Mais, si je suis forcé, pour attendre ou préparer les événements, de séjourner quelque temps cà Londres avant d'y faire connaître ma présence, où me cacherai-je?
EDITH
Chez mon frère, sire; on n'ira point vous chercher dans la maison du plus fanatique officier du général Lambert.
Votre frère m'offre un asile dans sa maison?
EDITH
Non, sire; mais moi...
Vous?... comment cela?
EDITH
C'est bien simple; écoutez-moi, sire.
Je ne perds pas un mot de ce que vous allez dire... Parlez...
LA REIKE.
Oui, parle, mon enfant, parle.
La maison de mon frère est située rue de Villiers. Nous avons acheté, sous le nom de ma vieille nourrice, une maison attenante à une partie inhabitée de celle de mon frère. Cette maison achetée par moi donne sur la Tamise, et l'on y aborde à la fois par une rue transversale et par la rivière. Pendant que mon frère, qui me croit à Preston, était à l'armée du général Lambert, où il est encore, du reste, j'ai fait percer une porte de ma maison dans la sienne. Cette porte est invisible du côté de la maison de Ccorge, elle est cachée par une armoire saillante qui tourne avec elle. — Si vous êtes inquiété danslaniaison de mon frère, vousrepasscz dans lamienne. Cellelà, comme je l'ai dit à Votre Majesté; a deux sorties: l'une sur