SCÈNE PREMIÈRE PITTER BACH, MADAME BACH
(Au lerer du rideau, ils sont à table et schèvent de souper. Piller avale un peiil verre d'eau-de-vie, se renverse sur le dossier de sa chaise et fait claquer sa langue d'un air salisfail, puis il prend une pipe et la hourre de lahac qui se trouve dans un pot placé sur la table. — Madame Bach commence à enlever le couvert.)
La, maintenant que Dieu nous a fait la grâce de nous donner un bon souper, un morceau de fromage pour dessert, et un verre de schiedam par-dessus, je crois, madame Bach, que ce que nous avons de mieux à faire, sauf meilleur avis, c'est de le remercier de ses bontés, et de nous mettre au lit ; qu'en dites-vous ?
MADAME BACH, continuant à débarrasser la table.
Vous savez, Pilter, que je vous suis soumise en tout point; qu'il soit donc fait selon votre volontt!'.
PITTER.
Oui, oui, oui ! Je sais que vous êtes une bonne femme, un peu bavarde, un peu... (on frappe à la pnnc.) Bon! qui frappe à pareille heure ?
Madame DACH, regardant le coucoi, à droite.
En elfet, neuf heures et demie.
s L'ENVERS D'UNE CONSPIRATION
PITTER.
Ne serait-ce point ce cavalier qui nous donne dix souverains par mois pour disposer de temps en temps, pendant une nuit, de notre maison?
MADAME BACH
Vous n'avez aucune mémoire, Pitter; rappelez-vous que, fatigué, la dernière fois qu'il est venu, d'avoir frappé une heure avant de parvenir à nous réveiller, il vous a demandé une clef, que vous lui avez donnée.
C'est vrai ; peut-être aussi est-ce quelqu'un qui se trompe.
(On frappe de nouveau.) Ah! ah !
MADAME BACH
Demande qui cela est... Veux-tu que je demande, moi?
PITTER, (l'un ton pou rassure.
Non; si ce sont de mauvais coquins, comme il en rôde la nuit sur notre plage de Scheveningen, ou des matelots ivres, mieux vaut que ce soit moi qui leur parle ; une voix d'homme
impose plus qu"une voix de femme. (On frapi.e une troisièaie fois.)
Que voulez-vous?