ACTE DEUXIÈME
EVA>'
Voulez-vous permettre, monsieur?
HAMILTON
Quoi?
EVAN
Laissez-moi vous panser, je vous prie, et dans trois jours il n'y paraîtra plus. Avez-vous tout apprêté, Cuddy?
CUDDY
Oui, monsieur.
EVA>
Venez çà, et appliquez cette compresse le plus doucement possible sur la blessure de monsieur, (pcii.unt que cudjv applique la compresse.) C'est uuc recette de fauiille, un baume souverain pour les entailles. Enchanté de vous en faire part!
CUDDY, sur un cri d'Hamil on.
Ça vous cuira d'abord un peu; mais, ensuite, il vous semblera avoir un velours sur la peau.
Cuddy, ramassez lépée de monsieur, et remettez-la-lui au fourreau.
HAMILTON , souriant.
En vérité, monsieur, vous me surprenez, et vos façons d'agir sont d'une courtoisie qui n'est pas ordinaire.
EVAN
Monsieur, j'espère m'y prendre mieux une autre fois; mais c'est ma première affaire.
HAMILTON
Je no trouve pas que vous vous y soyez pris si maladroitement, et, quant à la manière dont vous réparez le mal que vous causez...
EVAN
Je fais de mon mieux, monsieur. La, maintenant mettez votre main dans votre pourpoint, et, s'il est possible, ne faites aucun mouvement de votre bras droit. (SDiuam.) Monsieur !
CUDDY, prcscnlant à Hamilmn ïon cLapea» el son manteau.
Monsieur !
Oh ! pardon... un mot, je vous prie ; vous ne trouverez point étonnant, je l'espère, que je tienne à savoir quel est le galant gentilhomme auquel j'ai eu affaire. Quant à moi, monsieur, je ne suis pas tout à fait un inconnu, et il y a quelque mérite à m'avoir donné un coup .d'épée : je me nomme George Hamilton.
EVAN, stUiéfail.
Vous dites, monsieur?
HAMILTON
George Hamilton.
EVAN
Comment! le colonel George Hamilton?
HAMILTON, rcpéunt
Le colonel Georae Hamilton de Prestonfîeld.
Ah ! monsieur, imaginez que j'ai justement une lettre de recommandation pour vous.
HAMILTON
Pour moi?
EVAN
C'est-à-dire que c'est le hasard le plus étrange... la rencontre la plus singulière... Te serais-tu jamais attendu à cela, Cuddy?
CUDDY
Ah bien, oui! jamais. Votre Honneur.