ACTE DFA'XIEME
Dire que j'ai pour toute espérance, pour tout appui à Londres, le crédit et le bon vouloir d'un seul homme auquel je suis recommandé; que cet homme, on a oublié de me donner son adresse; que j'aurais pu le chercher pendant quinze jours, pendant un mois sans le découvrir, et que, à peine débarqué depuis une heure, avant même d'être installé dans un logis quelconque, je le trouve là devant moi.
CUDDY
Et que vous lui donnez un coup d'épée... Vous avez une chance !
HAMILTON
Et de qui cette lettre?
EVAN
De mon père, qui combattait côte à côte avec vous pour la bonne cause à Worcester.
HAMILTON
Qui donc êtes-vous?
EVAN
Je suis le fils de Donald le Noir.
HAMILTON
Eh bien, jeune homme, vous paraissez plus embarrassé que tout à l'heure; ci'oyez-vous que votre lettre sera moins bien accueillie en ce moment qu'elle ne l'etit été dans quinze jours, par exemple '?
EVAN
Franchement, je le crains un peu.
HAMILTON
Pourquoi?
A cause de l'apostille que j'y ai mise.
HAMILTON
Vous vous trompez, mon jeune gentilhomme. Cette apostille n'a rien que d'honorable pour vous. Et, puisque vous n'êtes
encore installé nulle part, permettez-moi de vous choisir un logis.
EVAN
Lequel?
HAMILTON
Le mien.
EVAN
Oh! non! ohl non! par exemple!
HAMILTON
Prenez garde!,., il ne serait pas généreux de vouloir que je fusse en reste de courtoisie avec vous.
C'est très-gentil, ce que vous faites là. Vrai, la! c'est trèsgentil.
HAMILTON
Mon hôtel est à deux pas. Je vous montre le chemin.
EVAN
Appuyez-vous sur mon bras, je vous prie.
HAMILTON, à Cuddy.
Suivez-nous, mon ami.
(II9 s'éloigocDt.) C U D D Y.
Avec plaisir. Votre Honneur, avec plaisir... (a pan.) Une lettre de recommandation est rarement utile, mais elle peut le devenir quand elle est bien présentée.