ACTE PREMIER
MADAMK BACH.
Tu entends, Pitter, les cent florins.
PITTER.
Pardieu! oui, j'entends... seulement, il y a une difficulté-
LA DAME
Laquelle? Dites. Peut-être la lèverons- nous.
PITTER.
>'otre maison n'est pas tout à fait lil)re, mademe.
LA D A M E
Comment cela?
PITTER.
Nous l'avons louée à un gentilhomme.
LA DAME
Qui s'appelle?
PITTER.
Je ne saurais vous dire, madame; quand nous lui avons demandé son nom, il nous a fait la même réponse que vous, quand nous vous avons demandé le vôtre.
LA DAME
Mais si, en effet, comme vous le dites, maître Piller, un gentilhomme a loué votre maison, comment se fait-il que ce soit vous qui l'habitiez et non pas lui?
PITTER.
Excusez-moi, madame, mais il ne l'a pas louée pour Thabiter.
LA DAME
En ce cas, à quoi lui sert-elle?
PlTTEfi.
A y venir de temps en temps passer une nuit.
LA DAME
Ail! ah!
MADAME BACH
En tout bien tout honneur, madame; sans cela, croyez bien que, ni pour or, ni pour argent, il ne l'aurait eue.
LA DAME
Je vous crois, madame Bach.,. Mais qu'appelez-vous de temps en temps?
PITTER.
Dame ! depuis trois mois, et même plus, que nous avons fait marché avec lui, à dix souverains par mois, il n'est encore venu que trois fois.
LA DAME
Ce serait donc un grand hasard qu'il vînt celte nuit?
PITTER.
Dame!...
LA DAME
'Se le pensez-vous pas?
MADAME BACH
En effet, n'est-ce pas. Piller?
PITTER.
Aussi, s'il faut vous le dire, je ne vois pas un énorme inconvénient...
LA DAME
' A ce que, aprùs avoir reçu dix souverains du cavalier inconnu, vous receviez cent florins de la dame voilée?
Si cependant, madame, tandis que vous êtes là, le cavalier ai'rivait...
Est-il jeune?