ACTE TROISIExME C
EDITH
Quoi?
NANCY
Celte chambre n'était-elle pas le passage par lequel Sa Majesté devait fuir en cas d'alerte?
EDITH
Oui; après?
NANCY
Eh bien, mais c'est qu'ils y sont installés.
EDITH
Où?
NANCY
Dans cette chambre. Voici la malle du maître et très- probablement la valise du domestique.
EDITH
Mon Dieu! que dis-tu là?
NANCY
Voyez plutôt.
EDITH
Voilà qui se complique de plus en plus.
NANCY
Qu'en dites-vous?
EDITH
Je dis que si, par bonheur, ce jeune homme appartenait à la bonne cause, il n'y aurait que demi-mal; mais ce n'est pas probable. Un royaliste ne serait pas si bon ami de mon frère.
NANCY
11 y aurait encore quelque chose de pis que de le trouver royaliste.
EDITH
Qu'y aurait-il de pis?
NANCY
Ce serait de le trouver amoureux.
EDITH
Eh bien, après?
NANCY
Oii ! c'est que, s'il ne l'iîtait pas, et que mademoiselle voulût se donner la peine de lui faire tourner la tête...
EDITH
Taisez-vous.
NANCY
Pardon, mademoiselle.
Comment voulez-vous qu'un jeune homme de cet âge-là ail le cœur libre ?
Mademoiselle l'a bien.
EDITH
Je suis une femme, moi.
NANCY
Ce n'est pas une raison.
EDITH
Je voudrais seulement savoir qui il est... et quant à l'état de son cœur...
NANCY
lih bien?
EDITH
Cela ne me regarde pas.
NANCY, après avoir regardé la malle.
Vous voudriez savoir qui il est?
EDITH
Oui.
NANCY, psussanl la malle du pied.
C'est bien facile, ce me semble.