ACTE TROISIÈME
EVANj poussant un cri d étonr.oment.
Ah!
CUDDY
Vous aussi ?
Non, au contraire.
CUDDY
Comment! au contraire?
EVAN
Oui. Outre mon argent, auquel on n'a point touché, je trouve dans ma bourse une bague qui n'y était pas.
CUDDY
Votre Honneur, il y en a deux?
EVAN
Deux quoi?
CUDDY
Deux lutins : un qui en remet, et l'autre qui en retire.
EVAN, tout à coup.
Cette bague...
Eh bien?
Je la connais.
Bah!
CUDDY
CUDDY
Je l'ai vue à la main de la femme pour laquelle je me suis battu, au moment où elle passait son bras sous le mien.
CUDDY
Monsieur, comment voulez-vous que cette femme, qui se sauvait de lord Hamilton comme du diable, vienne vous retrouver justement chez lui? Impossible! à moins que...
- EVAN
A moins que?...
CUDDY
Ah! Votre Honneur, c'est Ijien pis alors!
EVAN
Pis que quoi?
CUDDY
Pis qu'un lutin.
EVAN
Qu'est-ce donc?
C'est une fée!... Vous vous rappelez la dame de Lochiel, qui attirait les voyageurs en chantant sur le haut de la falaise, et qui les précipitait dans le torrent?..-, (se cramponnaut à la tïbie.) Nous sommes attirés, Votre Honneur! nous sommes attirés !
EVAN
Tais-toi !
CUDDY
Vous avez entendu quelque chose?
EVAN
Quelqu'un vient par le corridor; c'est sans doute notre hôte. Ramasse mes effets, et porte tout ça par là.
CUDDY
Monsieur, à votre place, je dirais tout à lord Hamilton, et, si c'est un chrétien...
EVAN
Je te dis de te taire !
(CudJy sert quelques inslanls après l'arrivée d'HamiltOD.)