‹ L'envers d'une sainte, comédie en trois actesChapitre 17 sur 66 · JULIE, JEANNE · texte numérisé non relu

JULIE, JEANNE

JULIE

Toute une vie, Jeanne, depuis que nous ne nous sommes vues !

22 L*ENVp:ns d'une sainte

JEANNE

Ah pour moi, c'est sûr, Texistence est finie!... 11 n'y a pjus que ma fille...

JULIE

Mon existence, à moi, qu'est-ce qu'il en reste ?.., Une conscience douloureuse...

JEANNE

C'est ce qu'il faut eiïacer à tout prix, chère Julie I... Une minute d'égarement est plus que rachetée par des années d'abnégation... Car vous n'étiez pas attirée vers la vie religieuse. Evidemment non !... Ce que vous avez fait est beau. .. Je n'aurais pas eu l'éner^^e de persévérer ainsi contre tous mes goûts!

JULIE, souriant.

Mais je ne persévère pas non plus.

JE.\NNE, bas.

J'ai deviné pourquoi... Si Henri avait vécu, vous seriez restée là-bas... (Elle fonJ en larmes.) Je ne suis pas forte quand on parle de lai.

Ah! je comprends tous les chagrins.

JEANNE, lui prenant la main.

Vous êtes bonne !

JULIE, avec raideur, La bonté n'entre pour rien là-dedans.

JEANNE

Vous voulez dire que c'est rexpérience... Mais je garde mon opinion auand môme.

Elle s'essuie les yeux.

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