ACTE TRûISIt:ME
d'autrefois... A mon arrivée, au lieu du message si chèrement souliaité, qu'est-ce que j'apprends de votre bouche ? Que vous avez tout raconté à Henri!... Qu'à ses yeux, j'ai perdu mon auréole de sainte, pour n'être, plus qu'une repentie. Je le hantais... Ma figure sacrifiée lui faisait-elle simplement pitié? En tout cas, elle vous semblait redoutable encore. Vous l'avez transformée en objet d'horreur... D'avoir fait cela, voyez-vous, je vous en veux mortellement... C'était un droit, vous n'aviez rien à céder de votre dignité d'épouse, soit... Mais on ne se fait pas baiser les mains dans un élan de reconnaissance par une créature affolée, on ne l'envoie pas murer sa jeunesse dans un cachot, pour qu'elle découvre ensuite qu'elle s'est pâmée devant une magnanimité de carton, qui n'attendait qu'une occasion pour la trahir... Tàchez\ à présent, de m'apitoyer sur vos soucis maternels!
JEANNE
Ainsi vous vous vengez ?
JULIE
Je me dispense de vous secourir... Lorsque Christine m'a demandé conseil, je l'ai remise dans la bonne voie, avec la rigueur de principes qui existe au couvent. J'apporte dans le monde ma sévérité de recluse. Tant pis pour le monde si j'y suis un fléau ! Monsieur Pierrard prétend que •n'ayant été agréée ni de Dieu ni des hommes, je reste nomade entre ciel et terre... Nuage m.enaçant, alors!... Nuage qui dévaste le printemps sur lequel il passe! E^st-ce qu'une trombe se venge? Vest-ce pas Dieu qui la pousse ?
JEANNE
C'est le démon qui vous mène... Lui seul peut
8'i L'fcNVERS d'une SAINTE
inspirer la vilaine action de perdre une cnlanl qm se conlie à vous, pour torturer sa mère. Mais sa mère la défendra I
JULIE, ironique*
Nous allons lavoir à l'œuvre... Voici Christine...