‹ L'envers d'une sainte, comédie en trois actesChapitre 58 sur 66 · ACTE TnOiSlKM · texte numérisé non relu

ACTE TnOiSlKM

mont son tleniiep ciUrelien... Car, à partir de ce jour-iri, il était si faible ; à peine s'il pouvait nous sourire... Mon Dieu, ce sont d'affreuses idées!... Lui, vous maudire .'...Mais la lettre que je vous ai écrite, qui vous a tant touchée... oii je vous annonçais sa mort... J'y avais mis toute mon âme... C'était ma façon d'exécuter au plus tôt sa volonté... 11 n'était pas encore enseveli...

JULIE, toujours à genoux.

Ah ! j'ai besoin de vous entendre... 11 n'y a ni désespoir ni honte qui tienne... je bois vos paroles ! (Elle se lève d'un bond et va rapidement à son panier à ouvrage où elle fouille parmi ses laines. Elle en retire un objet qu'elle présente à Christine.) Ce portrait que j'avais donné à votre père dans un temps, il faut bien que vous le sachiez, dans un temps oii je me croyais certaine de son cœur ; pourquoi, s'il ne me méprisait pas, l'avoir jeté ainsi?...

JEANNE, se penche et d'un coup d'œil reconnaît le portrait.

Julie c'est moi!... J'étais inquiète, je souffrais... Un jour ce portrait m'est tombé sous la main... Il était chez Henri, au fond d'un secrétaire... Je l'ai fait disparaître...

CHRISTINE, se jetant dans les bras de Jeanne.

Maman ! je devine, je comprends tout !.. . Et c'est moi qui ai retrouvé ce portrait! Vous l'aviez écarté dans un moment de chagrin et je l'ai rapporté. J'ai fait revivre quelque chose de très pénible... On m'a faitjouerunrôle... (Avec un regard de reproche.) 0 Julie!

Votre mère a raison : il vous reste beaucoup h apprendre au point de vue de la peL^fidie humaine et de la méfiance...

gîîl I/KNVERS D L-NE SAINTE

CHRISTINT.

Pourquoi me méfier?... J'obéissais h mon père... Lui qui vous connaissait, il m'envoyait vers vous...

JULIE

Il me connaissait heureuse : je devais l'épouser... A peine s'il m'a vue aprèvsson mariage... Pouvait-il se douter h quel point le désespoir m'exaspérait?... 11 vous livrait à une misérable .. Pour frapper mon ennemie, je détruisais sans pitié votre bonheur... Je sais comment on s'y prend avec les jeunes filles... Tout ce qu'il y a de noble dans votre âme, je l'ai faus^^ement exalté !... Pauvre enfant!... Je prétendais qu'une honnête femme n'accepte pas un cœur qui s'est déjJi donné... je soulenais que c'est une abomination... je disais cela, n'est-ce pas?... et voyez, je mendie les miettes du cœur de votre père, d'un cœur qui se détournait de moi et me laissait vieillir dans l'abandon...

Christine se caclie la figure sur la poitrine de sa mère.

JEAN.N'E, montrant sa fille.

Elle n'est plus en état de vous entendre...

JULIE

Emmenez-la, je la crois sauvée...

CHRISTINE, entraînant sa mère.

Partons, ma'nan... ^Dun petit ton sec.) Sauvée... Que veut-elle dire ?...

Que rion, dans votre avenir, ne portera la trace de mon passairo... Promettoz-le-inoi pourlercDos de ma conscience...

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