V^Q RENAUDIN
Tout le temps!... Et si résigné à la volonté du bon Dieu!
JULIE
Pauvre papa!... (Elle se dirige vers la porte.) Je voudrais dire une petite prière au pied du lit... (Elle entre dans la chambre voisine. Un silence. Sa mère et sa tante restent à la porte et la regardent en s'essuyant les yeux. Julie, du dehors.) Tout est resté comme autrefois.
NOÉMIE
On n'a touché à rien.
JULIE, reparaissant
Pauvre papa !... Je le vois encore !... (Se retournant vers la porte ouverte.) Là, dans son fauteuil... Toujours si patient! Ah !... les morts...
V^c RENAUDIN.
Quand on y pense !... Tous ceux que tu ne retrouveras plus... Tes deux grand'mères... Tante Mélanie... Tante Louise... Il y a trois mois, ton cousin Henri.
JULIE, 6e contenant.
J'en ai pleuré là-bas... Henri, si jeune, si nécessaire aux siens...
Vve R£x\AUDIN.
Oui... Quand on a un peu vécu, et qu'on se reporte vers le passé, comme il semble animé, et le présent morne. Ne trouves-tu pas ?
JULIE
Non... Pour moi, la vie de loin, cela se résume à
f l'envers dY'ne sainte
quelques souvenirs... presque rien... et un presque rien qui serre le cœur... Enfin! (Elle va vers la fenêtre, ,irobalilement pour s'attendrir à son aise et regarde au denors.) Le jardin n'a pas changé... Ah si, au bout, on a planté du lilas... Il y avait autrefois une charmille,
NOÉMIE
11 a fallu l'arracher après le gros hiver.
JULIE
C'est comme dans le jardin du Sacré-Cœur; on a perdu toute une allée de marronniers. Les poules, toujours à la même place... El dans la niche, plus de chien? Phanor, qu'est-ce qu'il est devenu?