‹ L'envers des feuillesChapitre 18 sur 18 · LA BONNE ÉTOILE · texte numérisé non relu

LA BONNE ÉTOILE

Ce soir-là, — oh ! que cette heure est lointaine, qu^elle est lointaine ! — ce soir-là, une étoile tomba dans le ruisseau. Elle me dit : (( Tu crois peut-être que je suis descendue sans raison du merveilleux azur sur votre obscure terre ? Quelle erreur est la tienne ! Je savais très bien que tu passerais dans la rue, au moment même de ma chute; et, si tu le veux, agitant mes rayons comme des plumes d'aile, je t'emporterai vers les divins séjours de la paix et de la clarté. Là-haut, là-haut, plus haut encore, les réalités humaines n'existent pas : ce que vous appelez le vrai n'a jamais attristé les 3^eux des astres

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clairs ; mais les songes sont les passants familiers des routes lumineuses. » Je n'hésitai pas, je répondis : « Ouvre tes ailes de flammes, emporte-moi, oiseau fait de lueur ! » L'étoile, alors, m'enleva vers le pays de la chimère et des rêves, et, depuis ce temps-là, je n'en suis jamais revenu!

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