‹ L'envers du journalismeChapitre 4 sur 20 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

En

mission

L ne se bénit pas une église, on n'inaugure pas un pont, on ne dévoile pas le moindre petit monument sans que les membres de la presse ne soient là. Rien ne se fait sans eux ; on les invite partout, à toutes les cérémonies et à toutes les manifestations. Quand, d'aventure, on veut les exclure, ils enfoncent les portes ou entrent par les fenêtres.

Martin ne savait pas encore à quel point les journalistes sont mêlés à tous les événements politiques, religieux ou sociaux. Il croyait qu'il ferait indéfiniment son service de la cour du recorder, sans qu'on vînt l'y déranger.

Grande fut donc sa surprise quand Dorion lui dit, quelques jours seulement après son entrée au journal : "Martin, vous partez ce soir pour X... ville. Il y a là des fêtes qui durent trois jours, à l'occasion de la bénédiction de la nouvelle église. Vous nous enverrez des rapports."

îl fallait être à la gare à cinq heures et demie, et il était déjà quatre heures.

Muni d'un bon pour le caissier, Martin courut prendre l'argent nécessaire ; il se rendit chez lui, jeta quelques faux-cols et quelques mouchoirs dans son sac de voyage et monta dans le tramway qui conduisait à la gare. Quelques minutes plus tard, il était dans le train, songeant anxieusement à la mission qu'on venait de lui confier, pendant que défilaient par la fenêtre les poteaux de télégraphe et les piquets de clôture, qui couraient en sens inverse du train.

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