CHAPITRE
Pierre Martin devient reporter
©] EDACTION !”
| avec l’importa sait seul tout entra dans la ec
Sarçon, blasé sur les intonations diverses des cen
Martin jeta ce mot nce d’un homme qui ce qu'il signifie et il
un étranger et que occupé.
quand ils sont intel- , des philosophes au
cet étranger semblait plutôt pré Les garçons d’ascenseur, ligents, sont des observateurs petit pied. Iis voient tant de monde, ils ont tant d'occasions d'étudier la nature humaine qu’ils ne Peuvent s'empêcher de se livre de. Ils y sont même forcés re le “patron”
tera pas de déplaisir si le garçon attend quelques secondes pour permettre à une personne de plus d'y prendre place ; tel autre enfin s’amusera même à causer avec lui, comme £g’il importait peu qu’on partit jamais. Et puis, il y a les habitués, et il y a les étrangers : il ne faut pas faire attendre ces derniers, si on ne veut pas leur donner une mauvaise idée du journal et de l’administration. Grégoire savait tout cela — et d’autres choses encore.
Il mit la main à la manivelle. En quelques secondes, on était rendu, et l’ascenseur stoppait au quatrième étage.
“Rédaction !” dit-il.
Martin coupa court aux pensées qui bouillonnaient dans son crâne. Les yeux brillants et l’allure décidée, quoiqu'il fût fort intimidé, il pénétra dans la salle de la rédaction.
Son ami Théophile Bernier, reporter et même assistant-city editor, — ce qui n’est pas un mince honneur dans le :10nde des journalistes, — devait se trouver là et l’attendre pour le présenter au city editor en qualité d’aspirant reporter.
Le pupitre de Bernier était un des premiers en entrant. Martin vit tout de suite l’assistant-city éditor, qui lisait paisiblement le journal, tout frais sorti des presses.
T1 était trois heures.
C’est un moment psycholgique dans une salle de rédaction.
Le journal commence à s’imprimer, en bas, au sous-sol, dans la chambre des presses, et on envoit ! À la hâte les premiers numéros à la rédaction. L'activité fiévreuse de la journée a cessé. Les 4
OP Sens: dc série rs méinnshes 517: grtit es NE Gsei sous: toi it RS Ds
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les machines plus entendre leur “‘tapotement”’
regarde si elles n titre approprié n constate si elles — Car on les a rédi- ‘en rendre compte. Le eux et absorbé, passe Son œil exercé va de l’un à si quelque coquille fâcheuse n’a pas été faite dans la précipitation de la dernière heure : une transposition de titres est toujours à craindre et il faudrait Y remédier au plus tôt, s’il s'en était produit. I] ne faut pas livrer le journal au public avec quelque erreur ridicule dont on rirait et dont les ‘‘confrères” ne manqueraient pas de faire des gorges-chaudes.
Les premières salutations échangées, Martin demanda à Bernier gi c'était le bon moment pour se faire présenter.
—Oui, répondit-il, attends un peu ; je vais aller parler au city editor.
Martin demeura debout, à côté du pupitre de Bernier, et il se mit à regarder autour de lui, avec sité. Il avait peine à croire que cette salle, qui ressemblait ‘actuellement à un cabinet de lecture,
4 avec tout le personnel lisant le journal, fût ’en-
droit d’où sortaient toutes leg nouvelles extraordi-
naires, intéressantes ou insignifiantes qu'il avait vues dans les gazettes.
On était en novembre. 1] n’y avait pas encore de neige, mais il faisait déjà froid et on tenait les fenêtres fermées dans la rédaction. Les vitres, peu souvent lavées et encrassées par la fumée des pipes, ne laissaient passer qu’un jour terne, qui éclairait vaguement les physionomies fermées des reporters. Ils fumaient et lisaient, en échangeant des monosyllabes, de courtes exclamations que leur arrachait tel ou tel article.
Désespérant de découvrir quoi que ce soit dans cette étude des figures qui l’entouraient et. dont aucune ne le regardait, Martin s’assit, prit le journal laissé par Bernier et se mit à lire lui aussi.
Au fond de la pièce, où le jour était encore plus maussade et plus douteux, Bernier, après avoir attendu que le city editor eût fini son travail, causait maintenant avec lui. Le city editor, tout en répondant, jetait de temps en temps un coup d’œil sur Martin, qui ne s’en apercevait pas, et examinait un peu de quoi avait l’air le nouveau venu.
Il vint trouver Martin et l’emmena à l'écart.
‘ Comme ça”, lui dit-il, ‘“‘vous voulez entrer dans le “reportage” ?”’
—Oui, monsieur, répondit Martin. Je suis sans situation ; je voudrais gagner ma vie, et on m'a dit que je pourrais peut-être y réussir ici.
—C’est dur, vous savez, le travail dans un journal.
—Ça ne fait rien. Je suis prêt à travailler.
—Combhien demanderiez-vous par semaine ?