DERMO-EPIDERMITES MICROBIENNES
L'’éosine se révèle vis-à-vis de ces dermatoses comme un anti-infectieux remarquable. Sous son influence, les lésions cessent de s’étendre, les érosions suintantes sèchent et guérissent en quelques jours.
Elle agit avec le même bonheur dans les formes si variées qu’affectent ces dermatoses, dermoépidermites purulentes, érosives, suintantes, eczématiformes, parakératoses strepto, staphylococciques, puisqu’aussi bien sous ces aspects divers on retrouve l’action des mêmes pyogènes, staphylocoque et streptocoque associés souvent à l’entérocoque.
Les lésions inflammatoires résorbent l’éosine en quelques heures beaucoup plus rapidement que la peau saine, les croûtes et les squames s’hypereolorent tandis que l’épiderme sous-
. ; . « re jacent absorbe l’éosine. Au fur et à mesure que la lésion régresse la résorption est moins intense et plus lente.
Les parakératoses infectieuses sèches réagissent particulièrement bien à ce traitement. Nous avons constaté que souvent ces lésions présentent une intolérance au violet de gentiane (solution de Milian) alors qu’elles tolèrent parfaitement l’éosine et régressent rapidement sous son action.
Dans les lésions suintantes, c’est l’inverse qui se produit et
le violet doit alors être préféré à l’éosine.
Dans ces dermo-épidermites, comme dans le psoriasis, la résorption ne correspond pas seulement au placard visible, mais le dépasse et forme une marge blanche qui l’entoure, il y a donc à la périphérie une absorption accélérée à mesure que la lésion guérit, l’auréole devient elle aussi de moins en moins nette.
Nous avons vu l'interprétation qu’il faut donner à ce phénomène, lésions en activité histologiquement invisibles ? C’est probable. Aussi est-il prudent de continuer le traitement, aussi longtemps qu’une couche mince de colorant ne cesse d’être résorbée par la lésion ou sa périphérie.
Nous donnons quelques observations du service DEcos, de l'Hôpital Broca :
OBSERVATION VI Eczéma aigu sur Dermite artificielle
M" A... Mireille, 17 ans, présente une gale infectée, traitée il y a 1 mois par le Sarcoptol, application suivie de disparition du prurit.
Depuis 8 jours, sans autre médication préalable, apparition d’une large bulle au pli du coude gauche. Puis extension progressive de lésions très polymorphes aux deux bras. Sur lavant-bras gauche, larges taches mauves un peu saillantes à limites irrégulières. Sur le bras droit et surtout l’avant-bras, éruption vésiculo-pustuleuse disséminée.
Aux cuisses et aux jambes, très larges placards ayant plutôt l’aspect d’érythème polymorphe — vésiculation diffuse.
A l’abdomen, érythème semblable, très vésiculé avec lésions de grattage.
Traitement : Aloplastine — Eosine.
ST CS, RUE 1, 18.4.1945 — Amélioration, surtout sur l’abdomen, mais nouvelles poussées sur faces internes des cuisses. ñ
2,5.1945 — Grosse amélioration, sous l’influence de l’éosine les placards sèchent ; on continue l’éosine,