‹ L'Eosine en DermatologieChapitre 9 sur 18 · HET · texte numérisé non relu

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l’acide non résorbé par la peau plus éloignée, l’irrite et donne le halo rouge bien connu. Ils ont d’ailleurs pu constater que le liseré de résorption de l’éosine se superposait exactement au liseré chrysophanique, autour des lésions de psoriasis, Dans les deux cas, on constate l’absence de liseré autour des placards anciens, et un liseré large autour des lésions récentes.

3° En marge de ces conclusions, il y a dans le phénomène de résorption un moyen intéressant pour extérioriser une éruption qui vient dé disparaître ou pour révéler une dermatose invisible.

Et, en effet, GoucEroT et Decos signalent qu’en badigeonnant d’éosine une large région psoriasique chez deux malades ils virent se décolorer des zones arrondies où l’on ne voyait pas de médaillons psoriasiques et où le grattage ne révélait rien.

Nous avons observé, à Saint-Louis, le cas d’un jeune enfant d’une douzaine d’années, venu consulter, dans le service Decos, pour un prurit léger, mais diffus; il fut badigeonné d’éosine sur une partie du corps. La peau, d'apparence saine, résorba le colorant par plaques. Ce jeune garçon fut revu par la suite, il commençait une poussée de psoriasis sur les surfaces mêmes où s’était produite la résorption, son prurit avait disparu. Ce cas est intéressant et nous regrettons de n’avoir pu retrouver l’observation détaillée, le service ayant depuis lors été transféré de Saint-Louis à Broca.

e) Erythème brun séquelle.

Lorsque le psoriasis décapé est guéri, le colorant n’étant plus absorbé même au niveau de la périphérie des plaques, les anciennes taches présentent une teinte brune qui persiste encore quelques semaines, créant ainsi une légère marque inesthétique sur les régions découvertes.

GoucERoT et Decos ont signalé ce fait en 1938.

« Ces taches brunes, malgré leur apparence, ne sont pas pigmentées, elles sont dues à une vasodilatation, conséquence d’une congestion locale et relèvent du même mécanisme que les érythèmes actifs.

En effet :

Cliniquement — elles s’effacent complètement à la vitro

pression alors que les taches pigmentées, non seulement ne s’effacent pas, maïs paraissent plus sombres qu’à la lumière solaire.

Histologiquement — elles ne contiennent pas de pigment dans l’épiderme et seulement de très rares chromatophores et graines de pigment ocre, dans les couches dermiques.

La teinte brune disparaît à la friction énergique et au froid (badigeon d’éther), elle reparaît quand la pression cesse, quand l’éther s’évapore. »

Etudiant plus à fond ces taches, GOUGEROT et DeEcos y distinguent quatre types histologiques.

1° Les premières visibles à la lumière solaire et brun noir à la lumière de Wood. Elles s’effacent incomplètement à la vitro-pression qui laisse subsister une teinte rouge brun. Au grattage elles donnent un trait blanc desmaquatif, prouvant l’épaississement de l’épiderme.

Histologiquement on constate encore des lésions de psoria-

sis et la basale, par places, est riche en pigment.

C’est un psoriasis avec pigmentation.

2° Les secondes, visibles à la lumière solaire, s’effacent complètement à la vitro-pression sous cet éclairage.

Sous la lumière de Wood, par contre, elles s’effacent incomplètement et partiellement sur le centre seulement.

— à la vitropression les lésions restent brun noir ou devien-

nent jaune clair.

— Aucun signe de psoriasis au grattage.

— histologiquement on constate des lésions très discrètes de psoriasis, un œdème papillaire important et des lésions capillaires témoignant d’une congestion locale.

— la basale est riche en pigment.

C’est un psoriasis cliniquement guéri mais avec quelques lésions résiduelles microscopiques et pigmentation inappréciable à la lumière solaire, nette à la lumière de Wood et indubitable à l'examen histologique.

3° Les troisièmes visibles à la lumière solaire, et d’un brun noir à la lumière de Wood, s’effacent à la vitropression sous ces deux éclairages.

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— histologiquement les lésions de psoriasis sont réduites au minimum.

— les cellules basales sont dépourvues de pigment. — c’est l’érythème brun par vasodilatation.

4° Les quatrièmes, enfin, ne sont révélées qu’à la lumière -de Wood. Ce sont des taches invisibles au soleil, apparaissant à la lumière de Wood sous l’aspect de taches café au lait clair.

Ces taches s’effacent pour la plupart à la vitropression, quelques-unes cependant persistent légèrement.

— histologiquement, il n’existe aucune lésion de psoriasis, ni de parakératose.

Il n’y a pas de pigment et en dehors d’un œdème papillaire et d’une dilatation vasculaire, la peau est normale.

La lumière de Wood constitue done un moyen intéressant, pour dépister un psoriasis latent et c’est là un second critère dé guérison à envisager, plus sensibe que celui de la non résorption, signalé plus haut.

Tout érythème brun détecté à la lumière de Wood mais s’effaçant à la vitropression sous cet éclairage est dû à une vasodilatation seule et ne procède pas d’un psoriasis imparfaitement blanchi. Les lésions antérieures sont donc complètement guéries. Dans le cas contraire, si l’érythème ne s’efface pas, il faudrait persister dans le traitement.

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