‹ L'Eosine en DermatologieChapitre 5 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de ces dernières années, GOUGEROT et DEGos ont attiré l’attention sur les colorations d’intensités différentes, que prennent après badigeonnages par des colorants, certaines lésions inflammatoires et la peau saine environnante.

Ils font les remarques suivantes :

Les lésions inflammatoires en activité résorbent le colorant en quelques heures beaucoup plus rapidement que la peau saine et dès la fin des premières 24 heures apparaissent plus claires sur la peau colorée.

La résorption du colorant est un phénomène sans aucune spécificité. Toutes les lésions inflammatoires se comportent de la même manière, à degré évolutif égal.

La résorption est par contre un phénomène d’activité visible ou invisible.

Elle est d’autant plus rapide que la lésion est plus jeune et plus inflammatoire.

La périphérie de la lésion absorbe elle aussi le colorant. En effet la zone claire de résorption ne correspond pas seulement à la lésion visible, elle la dépasse souvent et forme un liseré blanc de 1 à 2 mm. de même teinte que la peau normale non colorée. Ce liseré s’étale pendant quelques jours puis se stabilise. Ce halo est très fréquent mais non constant. En particulier il n’a pas été observé

autour des bulles de la maladie de Broce-DunRine et autour de certaines plaques de tricophyties.

C’est en poursuivant leurs recherches sur le pouvoir d’absorption des lésions que GouceroT et DEcos constatent l’influence locale heureuse des colorants sur l’évolution de certaines dermatoses.

Ces résorptions de colorants amènent alors ces auteurs à des déductions thérapeutiques. -

1) Elles font prévoir que les colorants appliqués sur ces lésions seront absorbés.

2) Elles laissent supposer l’activité du corps absorbé sur le processus lésionnel pathologique.

Parmi les nombreux colorants utilisés (violet de gentiane, solution violette de Milian, bleu de méthylène, fuchsine, gonacrine) l’éosine, par ses effets, retient particulièrement leur attention.

GoucEroT et DEcos emploient alors systématiquement ce colorant dans de nombreuses affections et peu à peu une discrimination se fait. Ils éliminent les échecs pour ne retenir que les dermatoses où l’intervention de l’éosine se manifeste | plus efficace; notamment dans le traitement du psoriasis, des dermo-épidermites microbiennes, des parakératoses et des mycoses.

Nous parlerons enfin, dans un chapitre spécial, des recher-

ches faites par des médecins coloniaux sur l’action de l’éosine

dans le traitement de la lèpre.

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