HENRI, GUSTAVE
(Guklave tirni toujours N la main le papier. Tous
lieux sont assis en face l'un de Pautrc , el se regardent «l’un air d('scsplrc^)
URNRi. Gustave...
GU8TAVP.. Noire (leslinrc... elle rstlà... il malgré nous... bientôt... trop tôt, il faudra la couniiaitrc.
HRMil , /wi montiant la lettre (fue Gustatfe tient toujo urs à la tnutu y et t^u'il examine comme s'il roulait l'ouvrir, £st-ee toi qui te aenliias la force...
GUSTAVE, moment ti'hésilation. Non...
oh ! non... et toi, Henri?
(Il s’est lève , et lui a remis le papier.)
HRNni , se levant aussi. IVloi ! ( Même hésitation.) Eli! quesaisoje ?... N^est-onpas toujours entraîné malgré soi à vouloir pénétrer même le secret qui doit vous perdre, vous briser le cœur?... {Il fait un mouve^ ment comme pour ouvrir la lettre , //u/5 5 orré/e.) Mais... mais ce n’est pas à nous que sont adressés ces papiers , et, quand nous venons de demander à notre mère de ne pas les lire encore , ce n’est pas nous qui devous avoir plus d’impatience qu’ellcméme ( // ouvre un seerrtairey et y serre le //o///er.) Tu l’as dit, mon fierc, trop tôt l’instant viendra.
GUSTAVE. Une detni-Leure , c’est tout le temps que notre mère a demande à ce M. Tbomassin.
IIEKRI. Oui, une demi-heure! et déjà!
( Il regarde une pendule. ) L’aiguille de cette pendule marche avec une rapidité!
GUSTAVE. Maudit homme ! il avait bien affaire de venir avec ses révélations!., n’étions-nous pas heureux d’étre frères ?
nF.Vfii. bésoimais, nous ne le serons plus !
GUSTAVE. Et pour l'un de nous, qued’espcraiici^ à jamais détruites!
iiEMii. Oue d'ali'ections peut- être auxquelles il faudra dire nn adieu éternel!
GUSTAVE. Une mère!
HENNI. Un frère!... et puis, cet autre espoir, ce rêve que je voyais enfin se réaliser, Laurence!
GUSTAVE. Laurence! {A part , } Que dit-
il?
UKNni. C'étiit au milieu de mon étoiir-
dnie, ma seule pensée sérieuse la
preuve, c’est que je n’en di>ais rien à personne, même à loi, mon freiv ; je n’en disais rien, moi le plus indiscret de ions le.siiomliies) mais je ne voyais qiiVlle, jeiieson-
TH^ATRAL.
geais qu’à elle... de moi, elle aurait fait un homme raisonnable , un bon sujet comme toi, Gustave. .. son père venait luimême me demander d’étre son gendre...
cette promesse faite au comte de&rvières, ce mariage...
GUSTAVE. Ce mariage?
DENBi.Oui, n’as-tupasentenduM. Tbomassin? sa fille doit épouser le fils du général... et juge de mon désespoir, si mes craintes se réalisent, Laurence ne pourra jamais être ma femme, et pourtant je suis sûr d’étre aimé.
GUSTAVE. Ah! tu es aimé, Henri!
UENRi. Oh ! je ne m’abuse pas, et c’est de cela que je voulais te parler en secret.. . ne l’as-iu pas remarqué depuis long-temps?
à ton approche, elle s’enfuit toujours par modestie, par timidité... mais moi... jenc sais pourquoi... je ne lui ai jamais fait peur... elle aime à causer avec moi, elle me sourit avec une grâce!..
GUSTAVE. En effet...
HENRI. Et tantôt... quelle joie naïve elle éprouvait à entendre les projets de son père... pauvre enfant! oL! si tu l’avais vue comme moi, tu aurais deviné qu’elle m’aimait de toute son aine... {Se tournant vers le fond.)W\\ mon Dieu! regarde doue...
la voilà!
GUSTAVE. Elle sort de l’appartement de la comtesse.
HENRI. Elle aussi, vois comme elle est triste ; elle partage toutes nos inquié tudes.
GUSTAVE, Les tiennes, Henri?
HENRI. Et moi, lorsque dans un instant peut-être, jevais |x>rter un nom déshonoré, oli ! je n’ai plus le courage de lui parler de rester auprès d’elle... je sors.
(U fait «leux pas (K>ur sortir au moment mémo où entre Laurence. H s'arrête un instant en la voyant.)
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