PARTICULARITÉS DE L'ÉPIDÉMIE DES LANDES
Il nous faut maintenant essayer de mettre en valeur les particularités de l’épidémie des Landes par rapport aux données classiques ou considérées comme telles par DEPA- RIS dans son «Etude sur l’épidémiologie de la poliomyélite ». À
Du point de vue clinique, l’étude de la période d’incubation n’apporte rien de nouveau. Le mode de contamination reste toujours difficile à déterminer. La durée de cette phase cachée de la maladie n’est pas constante et, de plus, un simple porteur de germes peut, sous l’influence de conditions extérieures, devenir malade.
La période d’invasion s’est caractérisée par la quasiconstance d’un syndrome méningé, le plus souvent des plus nets. C’est là un des caractères que nous avons déjà souli- gné et qui a permis d'attirer l’attention des médecins, par conséquent de commander la ponction lombaire, donc de porter un diagnostic précoce et d’instituer le traitement avec le moins de pèrtes de temps possible.
Le tableau classique « d'infection avec note dominante douloureuse » s’est vérifié, mais les signes méningés sont assez souvent restés isolés.
Nous n’avons pas relevé de formes atypiques à symptomatologie abdominale pouvant orienter vers une affection chirurgicale, mais les troubles urinaires isolés, en s’intriquant dans le cadre de la méningite poliomyélitique, se sont révélés assez fréquents.
DEA ee
Les syndromes à type d’asthénie, précédant le début constaté de la maladie —— chez l’enfant les troubles du comportement, les troubles intestinaux; chez l'adulte jeune, une inaptitude au travail —, ont été constants.
Le mode d'installation des paralysies a été des plus classiques : pas toujours d'emblée à leur maximum, il s’est quelquefois écoulé quelques jours, deux fois plus d’une semaine avec persistance des signes infectieux, avant leur apparition.
Leur topographie fut des plus variables, mais peut-être plus étendue chez l’adulte que chez le jeune enfant.
Les formes mortelles ont frappé des garçonnets ou des adultes jeunes du sexe masculin (en tout 7 sur 9 décès), le syndrome de LaNDprRy n’a pas été exceptionnel. Par contre, nous n’avons noté qu’une seule forme bulbaire pure.
Donc, en résumé, l'épidémie des Landes s’est individualisée par la très grande fréquence d’un syndrome méningé au cours de la période d’invasion de la maladie, par la fréquence des formes graves, en particulier à type de syndrome ascendant de LANDRY, et par conséquent sa forte mortalité (15 %).
L’épidémie fut estivo-automnale, mais se prolongea cependant pendant la première moitié de l'hiver
Elle frappa davantage les enfants de trois à huit ans, surtout les garçons, et les adultes jeunes, entre quinze et trente-cinq ans, du sexe masculin également.