RÉSOLUTION COMPLÈTE A LIEU
Achille Tav...., 29 ans, garçon d'hôtel, né à Milan, demeurant à Lyon, entre le 27 juillet 1895, à l'Hôtel-Dieu de Lyon, salle St-Joseph, service du professeur Letiévant, dont j'étais l'interne.
Bonne santé habituelle. Chaudepisse, il y a six ans, sans inflammation orchi-épididymaire. Elle dura {4 mois.
En 1870, vérole, dont les accidents secondaires, de gravité moyenne, cédèrent en un an au traitement mercuriel. Nouvelle blennorrhagie en 1873, guérie en deux mois. Pas de troubles urinaires. Il y a dix jours, Tav.... s’est aperçu d’une tumeur située dans la bourse gauche: elle s'accompagne de vagues douleurs le soir, quand le malade a marché toute la journée. Il entre à l'hôpital moins pour cette affection que pour une légère bronchite.
Du côté gauche le testicule a son volume, sa consistance et sa sensibilité ordinaires. L'épididyme, dans sa moitié inférieure, est dur et bosselé, du volume d’une grosse noix. IL est sain dans le reste de son étendue, indolore à la pression. Pas d'épanchement dans la tunique vaginale qui paraît un peu épaissie et présente quelques frottements. Sur la partie inférieure du canal déférent sont échelonnées trois nodosités du volume d'une noisette.
Pas d'autres accidents syphilitiques. Le testicule et l'épididyme droits sont sains.
Tisane salsepareille. 2 gr. de KI. Pommade iodurée.
30 juillet. — La tumeur épididymaire a sensiblement diminué de volume.
10 août. — La diminution du volume continue à se produire.
Le malade quitte l'hôpital, où il reviendra à la consultation gratuite.
20 septembre. — Avec le Dr Garin, nous constatons la dis-
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parition presque complète de la tumeur de l’épididyme et de ses nodules funiculaires.
Note de M. Tedenat. — Les lésions ressemblent ici plus à la forme gommeuse qu’à la forme diffuse. La distinction est d’ailleurs difficile dans beaucoup de cas.
OBSERVATION XVII Observation IX de Tédenat. Montpellier médical, 188r.
ÉPIDIDYMITE GAUCHE. — FORME SUBAIGUË. — ORCHITE DIFFUSE A DROITE, SANS LÉSION DE L'ÉPIDIDYME. — PAS DE BLENNORRHAGIE. — ÉPANCHEMENT DANS LA VAGINALE. — GUÉRISON PAR L’IODURE. Pierre Mich..., 27 ans, cordonnier, habitant la Guillotière.
Lymphatique. Bonne santé habituelle.
Blennorrhagie à l’âge de 22 ans; passée à l’état chronique, elle dura 8 ou 10 mois; depuis ‘lors, poussées fréquentes d'herpès génital. Il y a 4 ans (mai 1895), chancre induré, suivi, deux mois après, d'accidents secondaires graves. Périostite du frontal. Ecthyma des membres inférieurs. Ils ont persisté pendant plus d’un an, malgré le traitement mercuriel régulier et une hygiène très satisfaisante.
Au commencement de février 1879, le malade éprouve des douleurs vagues dans le testicule gauche, avec tiraillements inguino-lombaires. Il consiata un peu de tuméfaction. Il attribuait ces accidents à une contusion de l'organe pendant le coîït.
Le 4 mars, je constatai chez cet homme, qui faisait ses 28 jours dans la même section que moi, à l’hôpital militaire de Lyon : Tuméfaction de tout l’épididyme, au moins doublé en volume, dur, indolore à la pression ; épanchement de 80 grammes environ dans la tunique, vaginale. Testicule mou, petit, encapuchonné en haut et en bas par l’épididyme gonflé. Mon ami le Dr Debord, aide-major attaché à cet hôpital, fit les mêmes observations et crut (comme moi) à une épididy-
mite syphilitique. Le malade mit un suspensoir et continua son service, sans souffrances notables. Il fut soumis au traitement par KI (3 gr. par jour). La tumeur épididymaire diminua progressivement, el, au commencement du mois de juin, il n'en restait pas de traces.
Cet homme présentait, en outre, à droite, une orchite diffuse sans lésions de l'épididyme ou du cordon.
OBSERVATION XVIII Observation VIII de Tedenat. Montpellier médical, 1881
SYPHILOME DIFFUS UNIQUEMENT ÉPIDIDYMAIRE. — ÉPIDIDYMITE DROITE. — FoRME SUBAIGUË. — BLENNORRHAGIE ET ORCHITE DROITE ANTÉ- RIEURE. — CANAL DÉFÉRENT ENVAHI. — VAGINALITE. — GUÉRISON COMPLÈTE PAR LE TRAITEMENT IODURÉ.
Paul Feuch., ouvrier typographe, 34 ans, né à Paris, entre dans le service du professeur Valette (Hôtel-Dieu de Lyon, salle St-Philippe), le 8 janvier 1876.
Constitution forte. Quelques accès alcooliques. Orchite blennorrhagique droite en 1869. Pas d’autres antécédents morbides qu'une syphilis contractée au commencement de l'année 1873. Accidents secondaires bénins, qui, grâce à un traitement mercuriel régulièrement suivi pendant sept mois, ont complètement disparu depuis le mois d'octobre 18973.
Ce malade entre pour une affection du testicule droit. Son attention a été attirée de ce côté par de vagues douleurs s'irradiant vers les lombes et survenant surtout vers la fin du jour, ce qui a contribué à la position verticale qu'il garde pendant le travail.
La bourse droite est tuméfiée. La peau est saine. Dans la tunique vaginale, une mince lame de liquide. Quand elle est déplacée, on obtient quelques frottements très doux. L'épididyme est augmenté de volume dans toute son étendue. Si la tuméfaction ne prédominait à la partie supérieure, il aurait les dimensions et la forme des grosses épididymites blennorrhagi-
ques. Çà et là on constate des nodosités larges et comme aplaties. La dépression n’y détermine pas de douleur.
Le testicule a son volume normal: sa sensibilité spéciale est un peu émoussée. Il est un peu moins mou qu'il ne l’est ordinairement dans l’épididymite blennorrhagique ; lépididyme au moins triplé de volume l’emboîte complètement.
Le canal déférent dans toute sa partie inguinale est épaissi; à sa partie inférieure,deux nodosités, grosses comme une noisette, se mettent en contact avec la partie interne de la tête de l'épididyme.
Emplâtre de Vigo. Suspensoir. 4 grammes de KI.
20 janvier. La tumeur a sensiblement diminué; l’épanchement intra-vaginal ne s’est pas modifié. Suppression des douleurs. Acné iodique.
3 février. Le cordon a repris son volume normal, la queue de l'épididyme aussi. Le globus major et les nodosités du canal déférent sont encore grosses. Le malade ne souffre pas; l'acné iodique n’a duré que huit ou dix jours et s’est limité.
20 février. La résorption du syphilome continue; sensibilité testiculaire revenue. Persistance de l’'épanchement vaginal. Le frottement a disparu. Canal déférent à peu près normal.
Le malade quitte l'hôpital. M. Valette lui conseille de continuer l’iodure de potassium pendant un mois à la dose de 4 gr. par jour.
1 mai. M. Olivier, externe du service, a revu le malade ces jours derniers- La guérison lui a paru complète.
OBSERVATION XIX Observation I, de la Thèse de Pascalis. Paris, 1884.
Communiquée par le Dr Reclus.
ÉPIDIDYMITE GAUCHE. — FORME AIGUË. — PAS DE BLENNORRHAGIE ANTÉRIEURE. — RÉSOLUTION RAPIDE SOUS L'INFLUENCE DU TRAITE- MENT MIXTE.
M. X..., 4o ans, présente comme antécédents pathologiques : Une fièvre typhoïde qui a évolué normalement; un peu plus tard, -une scarlatine et, à la suite, une pleurésie dont il ne reste pas de traces.
SRE
Vers l’âge de 14 ans, deux pneumonies. À l’âge de 16 ans, il fut pris d’une fièvre intermittente, qui dura trois mois et guérit par le sulfate de quinine. Depuis cette époque, Île malade jouit d'une bonne santé habituelle.
Vers le milieu du mois de mai 1880, on constate une érosion linéaire à base indurée, unique, au niveau de la couronne du gland, présentant tout l'aspect du chancre syphilitique. En même temps retentissement ganglionnaire double, indolent, constituant la pléiade de Ricord; les ganglions sous-occipitaux existent,
Quatorze jours après, pendant tout le mois de juin, affaiblissement général, douleurs rhumatoïdes très vives, insomnies et sueurs nocturnes. On institue un traitement local : lotions avec du vin aromatique, pansement avec la poudre de bismuth et calomel. Le traitement général consiste en pilules de fer et vin de quinquina.
La cicatrisation du chancre est complète au bout de trois semaines. L'induration seule persiste à ce niveau.
Vers le milieu du mois de juillet, c’est-à-dire deux mois après l'accident primitif, apparaît une roséole généralisée, plus marquée sur le ventre que sur la poitrine. Dans les premiers jours d'août, mal de gorge, les piliers du voile du palais sont rouges et on distingue deux plaques muqueuses à ce niveau. On ordonne : pilules de protoiodure de Ricord, 2 par jour. Le traitement est interrompu deux fois, à cause d'une diarrhée persistante. Le malade ne peut prendre que vingt pilules ; néanmoins, tous les accidents disparaissent ; la roséole et les plaques muqueuses ne laissent aucune trace, quand, vers le mois de janvier 1881, à la suite de fatigues répétées, on voit apparaître sur le ventre 3 ou 4 pustules d’ecthyma ; une plaque muqueuse se montre au niveau du pilier gauche. Cette poussée est accompagnée de sueurs noctures et d’insomnies.
On fait reprendre au malade deux pilules de protoiodure par jour, une le matin, une le soir et 1 gr. de KI. à midi. Tous les accidents disparaissent sous l'influence du traitement, et vers la fin de février, à la place des pustules d'ecthyma, on voit des cicatrices, couleur jambon caractéristique
Pendant l’espace de temps de février à novembre 1881 se succèdent plusieurs poussées caractérisées par des plaques muqueuses dans la gorge et quelques épruptions croûteuses du cuir chevelu. L'adénite sous-occipitale persiste.
MOTS pe
Le traitement du mois de février vers la fin d’août consiste en deux pilules de protoiodure par jour.
Pendant le mois d'août, une cuillerée de sirop de Gibert matin et soir.
Vers le 15 novembre, le malade est pris subitement d'une douleur très vive dans le testicule gauche, s’irradiant dans tout le trajet du cordon.
Les douleurs sont spontanées et augmentées par la plus légère pression. Par la palpation, l’épididyme gauche est augmenté de volume au niveau de la tête : on sent une tuméfaction élastique.
Au bout de 4 à 8 jours, la consistance devient dure et ligneuse et la tête de l’'épididyme fait reconnaître un noyau du volume d'une petite noisette, bosselée et encore un peu douloureuse à la pression. Traitement : une cuillerée de sirop de Gibert matin et soir ; à midi 1 gr. de KI ; repos au lit.
C'est à la fin de novembre 1881, c’est-à-dire 18 mois après le début de l'accident primitif, que l’épididymite aiguë survient et c'est à ce moment-là que le malade vint consulter M. le docteur Reclus.
L'examen montre que l’épididyme gauche a déjà diminué de volume ; on lui fait prendre 4 gr. de KI par jour.
Vers le 10 décembre, quand le malade revient, l’épididyme a repris son aspect normal, le nodule à disparu.
Au mois de janvier 1882, c'est-à-dire presque au même moment où l'affection de l’épididyme disparait, on voit, au niveau de la joue gauche, une tuméfaction apparaître sous la peau, de la grosseur d’un haricot. Le noyau glisse facilement sous la peau, qui ne lui est pas adhérente; il est indolent et à son niveau la peau est saine.
Il présente tous les caractères de la gomme.
Traitement : Sirop de Gibert, 2 cuillerées. KI 4 gr.
Depuis cette époque, aucun accident n’est survenu. Le sirop de Gibert et KI ont été plusieurs fois repris et interrompus.
Cette observation, ajoute Pascalis, démontre l’acuité de la lésion épididymaire et aussi son temps d'évolution prouve que nous avions affaire à un accident tertiaire, puisque la maladie est survenue avec une gomme à la joue.
Jonnart. — 6,
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OBSERVATION XX Observation II de la thèse de Pascalis (1884).
ÉPIDIDYMITE DROITE. — FORME AIGUË. — ORCHITE GAUCHE. — BLENNOR- RHAGIE ANTÉRIEURE. — PAS D'ANTÉCÉDENTS SYPHILITIQUES. — GUÉ- RISON RAPIDE PAR LE TRAITEMENT SPÉCIFIQUE. — NOYAU D’INDURATION DANS LA QUEUE DE L'ÉPIDIDYME.
Le nommé B... (Louis), âgé de 4o ans, terrassier, entre, le 18 décembre 1883, dans le service de M. le professeur Guyon, à Necker.
En 1886, à la suite d’un coup sur le testicule gauche, qui lui a fait perdre connaissance et a déterminé la production d’une hématocèle pariétale, ce malade est resté au lit pendant six semaines, avec de la fièvre, des douleurs vives et des élancements dans le testicule gauche. Au bout de ce temps les douleurs se sont calmées et les bourses ont commencé à diminuer de volume, rendant alors appréciable la tuméfaction du testicule gauche, qui est resté sujet à des exacerbations douloureuses (au moment des changements de temps», dit le malade.
En 1880, il a contracté sa première blennorrthagie, à la suite de laquelle il a gardé, pendant deux ans, une goutte militaire, aujourd'hui disparue. Pendant cette période, ila souffert à plusieurs reprises du testicule gauche, qui est encoreun peu augmenté de volume.
Il y a deux mois, sans cause connue, l'épididyme droit est devenu douloureux spontanément et surtout pendant la marche et à la pression ; il a augmenté assez rapidement de volume et la douleur s’est propagée le long du cordon jusqu'à l’aine ; au bout de quelques jours, ces symptômes allèrent en augmentant et le malade se décida à entrer à l'hôpital, après avoir beaucoup marché jusqu'au dernier jour.
À son entrée on constate une épididymite aignë du côté droit; sensibilité vive à la pression dans l’épididyme, qui est très augmenté de volume et uniformément dur sans bosselures. Cette induration et cette sensibilité se retrouvent sur le trajet du canal déférent, jusqu'à l’aine: le testicule de ce côté est de