OBSERVATION XXXV
Observation VII d’Allen
ÉPIDIDYMITE GAUCHE. — FORME SUBAIGUË. — BLENNORRHAGIE ANTÉ- RIEURE. — ORCHITE CONCOMITANTE. — LE TRAITEMENT IODURÉ A D'ABORD RAISON DE L'ORCHITE, PUIS DE L'ÉPIDIDYMITE,
H. B..., âgé de 43 ans, vu pour la première fois le 25 février. Sa dernière blennorrhagie remonte à dix ans, et depuis il n’a eu aucune affection du côté de l’urèthre. Il contracta la syphilis il y a dix ans. IL y a six semaines, le testicule gauche commença à augmenter graduellement de volume; ce gonflement fut d’abord indolent; il devint douloureux dans la suite, parce que le malade avait marché beaucoup. A l'examen, on trouve le testicule lisse, ferme, insensible à la pression. L'épididyme est distinct et peu augmenté de volume. | |
Traitement: Iodure de potassium à doses progressives.
10 mars. — Le malade qui prenait 2 drachmes d'iodure par jour, a eu une éruption toxique sur la face et sur le dos des mains, ressemblant beaucoup à de l’urticaire. J’ordonne qu’on diminue la dose, et je l’associe à la belladone.
24 mars. — À la dose de 4o grains, une éruption a reparu; j'ordonne de diminuer rapidement la dose.
1e" avril. — L'épididyme est nettement augmenté de volume,
le testicule, au contraire, est souple, mou et a considérablement diminué.
Le 15 avril. — L'’épididyme est considérablement réduit.
Cette observation convient à merveille pour faire ressortir les cas dans lesqels une orchite peut laisser, comme ici, après elle, un gonflement de l’épididyme, qui pourrait être pris comme l'affection primitive et unique, si l’on ne connaissait le début de la maladie. L'observation suivante se rapporte à un cas, presque semblable d’orchiépididymite. |
OBSERVATION XXXVI Observation VIII d'Allen
ÉPIDIDYMITE GAUCHE. — FORME CHRONIQUE. , — ORCHITE, CONCOMITANTE. — TRAITEMENT IODURÉ ET, GUÉRISON. (6
A. J..., 28 ans, admis le 22 septembre 1891.
Il avait eu un chancre sept ans auparavant, suivi d'accidents secondaires, et lors de son entrée, il avait encore des marques de syphilis. Onze semaines auparavant le testicule gauche avait augmenté de volume, et lorsque je le vis pour la première fois le re janvier 1892, l’épididyme seul était malade; il avait augmenté
de volume, et il était tendu à la palpation.
Il sortit guéri le 7 mars 1892.
LE OBSERVATION XXXVII Observation IX d’Allen
ÉPIDIDYMITE DROITE. — FORME AIGUË, GOMMEUSE, PUIS CHRONIQUE. — VAGINALITE. — BLENNORRHAGIE ANTÉRIEURE. — PAS D'ANTÉCÉDENTS SYPHILITIQUES. — LE TRAITEMENT MIXTE PRODUIT UNE AMÉLIORATION SENSIBLE, MAIS NON LA GUÉRISON.
M. F.., âgé de 24 ans, vint me consulter en octobre 1890. Il me raconta que son testicule gauche l'avait inquiété pendant cinq ans. Il avait d'abord eu un abcès dans l'aine gauche, qui, dit-il, était descendu, formant un abcès dans le testicule gauche, abcès qui s'était ouvert à travers le scrotum. Peu de temps après il eut un abcès périnéal. L'affection du testicule avait laissé à sa suite une fistule, qui donnait encore issue à du liquide, lorsque je le vis pour la première fois. Le malade avait eu une blennorrhagie, il y à cinq ou six ans, et il affirmait qu’elle avait com-
rie
menté avant l’abcès ;scrotal et.inguinal. Il considérait qu'il RY. avait aucun. rapport entre. ces. affections, et le. trouble uréthral. IE n'avait: jamais eu de maladie. vénérienne grave sauf cette blennorrhagie, et:jamais!.la. moindre. manifestation, de syphilis, : dont: l’idée, fut, d'après. son. dire, rejetée, par le médecin «qui: le soigna alors, comme le fut d’ailleurs le diagnostic de tuberculose, On chercha même les: bacilles, et on n’en. trouva pas: Cette affection fut considérée, dit-il, comme: une; inflammation simple.
I ya 5 mois, son testicule droit commença à l’inquiéter ; une petite grosseur de même volume que celle qui avait apparu 5 ; ans auparavant du ‘côté gauche, avant l'abcès, se remarquait sur le testicule droit. Cette grosseur avait été indolente jusqu'aux. 3 jours qui précédèrent sa première visite. Une tuméfaction aiguë commença alors, accompagnée d'adhérences de la peau du scrotum avec les parties qu’elle recouvrait, et d’une induration des tissus.
À l'examen, l'épididyme gauche est augmenté de volume, dur, bosselé, insensible à la pression, et au niveau de la queue de l'organe, une fistule communique avec les parties voisines du scrotum, Autour de la fistule, les tissus sont indurés, surtout autour de son orifice externe. Le testicule est petit, atrophié, sclérosé.
L'épididyme droit présente trois fois son volume normal. Il est épais, noueux et irrégulier. La tunique vaginale est pleine de liquide qui, d’après le malade, a paru rapidement et pour la première fois. Le liquide dont le poids égale environ 8 onces (240 or.) fut ponctionné, sans injection consécutive. — Iodure de potassium. — Onguent mercuriel belladoné.
Je ne revis le malade qu'au bout d'un mois. Pendant ce temps, il n’a plus souffert, et l’'épanchement dans la vaginale est à peu près le tiers de ce qu'il était la première fois,
L'iodure à la dose de 10 grains (0 gr. 50) a produit la salivation, des douleurs de gorge. On diminue d’un grain, et on continue à diminuer graduellement la dose dans la suite. La santé générale est meilleure, et l'épididyme est en meilleur état. — 10 jours après, ponction, 5 onces de liquide (150 gr.) : continuation du traitement. En moins d’un mois, la fistule du côté gauche est fermée. La tumeur de l’épididyme est diminuée, mais devenue beaucoup plus dure. Du côté droit, l’épanchement réapparaît.
6 janvier 1891. — En essayant de retirer le liquide, on ponctionne accidentellement l'épididyme. Une petite quantité de
liquide sanguinolent s'écoule. Le malade a une syncope et l’opération est suspendue. Ge fut la dernière tentative du frattement chirurgical de l'hydrocèle, et quoique une très petite quantité de liquide ait été enlevée, le reste se résorba, et ne s’est pas reproduit. On met alorsle malade au tannate de mercure : 3 grains par jour (0 gr. 15).
20 janvier. — Le testicule gauche semble $’atrophier de plus en plus. La seconde fistule a cessé de couler. La fistule antérieure reste fermée. Le malade reconnaît qu'il y a eu une amélioration considérable des deux côtés.
Du côté droit, à l'endroit où existaient des adhérences de la peau aux parties voisines, lorsque le malade commença son traitement il y a 3 mois, s’est ouvert une fistule donnant issue à
un pus jaune.
12 mars. — L'épididyme droit est nettement plus petit. (Les fistuies continuent à couler).
22 octobre. — Le malade dit qu'il a pris pendant l'été 2 onces
d'iodure (60 grammes). Je lui ordonne des pilules de tannate de 1/2 grain (o gr. 0025); 3 par jour.
29 novembre. — L'amélioration continue. Pas de liquide dans la vaginale ; aucune douleur. La sensation de pesanteur a disparu. Les tumeurs ont beaucoup diminué. Le testicule est souple et petit. L'épididyme entier est plus gros qu’à l’état normal, et le globus major est tout à fait dur. Les deux fistules coulent peu: continuation du tannate. Je ne revois plus le malade depuis cette époque, pendant une année, et il néglige son traitement.
13 novembre 1892. — Le malade raconte que ses fistules se sont fermées, n'ont pas coulé pendant longtemps. Le serotum se contracte bien autour des testicules, rendant l'usage d’un suspensoir inutile. Le malade se considère lui-même comme guéri.
En décembre 1892. — Le malade contracte une blennorrhagie. Gonflement du testicule droit. Les fistules se rouvrent et peu de temps après une nouÿelle fistule apparaît du côté gauche. Traitement: Solution concentrée d'iodure, qui doit être augmentée progressivement.
1er février 1893. — L'examen permet de reconnaître que lépididyme des deux côtés,quoique toujours ferme et irrégulier, est augmenté de volume. La fistule la plus récente donne issue à un liquide aqueux. Le malade considère sa situation comme satisfaisante.
Je ne l’ai pas revu depuis ; je lui avais ordonné de continuer l'iodure. |