Jules Voisin. Idiotie, Voir Éducation
(eau-de-vie, absinthe, cassis, chartreuse, madère, bitter, etc.), doivent être bannis. Il en est de même des viandes noires, des sauces épicées et pimentées. Une nourriture légère, facilement assimilable et substantielle, doit au contraire être prescrite. Les viandes trop jeunes et les viandes faisandées doivent être bannies comme étant indigestes. Une grande sobriété surtout doit être la règle de conduite de l'épileptique, car les excès de table provoquent des accès. Les jours de sortie, nos malades sont presque toujours pris d'accès, soit chez eux, soit en rentrant à l'hospice, et cela tient assurément soit à ces excès de table dont je parle, soit à des excès génésiques. MM. Delasiauve et Féré attirent l'attention aussi sur ce fait. Doit-on proscrire complètement le vin et le remplacer par l'eau ou le lait? Je crois que de l'eau rougie avec une petite quantité de bon vin naturel n'est pas nuisible, mais je préfère l'eau pure ou le lait coupé à ces mauvais vins du commerce que l'on boit dans Paris. Il faut tenir compte en cela de la prédisposition de chacun. Certains malades ne peuvent digérer facilement avec une boisson fcrmentée; d'autres, au contraire, ont besoin de cet excitant pour digérer. D'autres ont besoin d'une alimentation froide, d'autres ne digèrent bien qu'avec une alimentation chaude. Celte idiosyncrasie doit être connue du médecin et celui-ci appliquera le régime approprié à son malade.
Ilughlings Jackson recommande une nourriture variée
et substantielle. Croyant que l'épilepsie résulte de modifications de nutrition de la substance nerveuse, et sachant d'autre part que les épileptiques, dans leurs accès, éliminent par leurs urines un excès d'acide phosphorique uni aux terres, il préconise l'usage d'huile phosphorée pour suppléer à cet excès d'élimination de phosphore. Pour lui le phosphore serait considéré à juste titre comme un principe tempérant du système nerveux et, dans l'épilepsie, il serait remplacé par des substances azotées.
Nous avons employé ce moyen chez plusieurs malades et nous n'avons pas retiré de cette médication tout le bien que nous en espérions. Cela tient sans doute à ce que le phosphore ainsi introduit dans l'économie n'est pas absorbé.
Je donne souvent à mes sujets débilités du sirop de lacto- phosphate de chaux, une cuillerée à soupe à chaque repas, et je m'en trouve très bien. Les glycérophosphates nouvellement mis dans le commerce me donnent aussi dans quelques cas de bons résultats pour le relèvement des forces du malade, mais ces préparations ne sont pas toujours bien digérées. Elles produisent quelquefois des embarras g-astriques, et on est obligé de suspendre la médication. Mon ancien interne, M. Oliviero, frappé de ce fait, pensa à substituer à ce médicament un produit nouveau qu'il inventa et qui est un produit organique, c'est-à-dire parfaitement assimi-
lablc, au lieu d'être un produit minéral. Ce produit a reçu le nom d'osséoneurone, et voici les notes et résultats des expériences entreprises dans mon service par lui-môme et par M. Pinard, actuellement interne titulaire en pharmacie.
Sous le nom d' 'osséoneurone on a introduit tout récemment dans la thérapeutique un phosphate organique nouveau dont la différenciation chimique avec les autres phosphates connus est résumée par le tableau suivant, dressé par M. Oliviero.
DIFFERENCIATION CHIMIQUE ENTRE L OSSEONEURONE, LES GLYCÉROPHOSPHATES DE CHAUX, LES PHOSPHATES CALCIQ1 ES
PHOSPB va:
GLYCÉROPHOSPHATE