CHAPITRE II
SYMPTOMATOLOGIE
Quand on parcourt un service d’épileptiques on est frappé de la variabilité des symptômes que présentent les malades entre eux, et même de la variabilité des symptômes que peut présenter le même malade. Cela tient à ce que l’épilepsie n’est pas une entité morbide, mais bien un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de symptômes nerveux que l’on peut réunir en quatre groupes : le groupe moteur, le groupe sensoriel, le groupe viscéral, le groupe psychique. Un ou deux symptômes de chaque groupe, ou de groupes différents peuvent seuls- apparaître et caractériser cependant l’épilepsie, mais dans ce cas la difficulté est très grande pour le diagnostic; quand les quatre groupes sont réunis chez un même individu, on dit que le malade a des accès complets. Quand au contraire il n’a qu’un ou deux groupes réunis, on dit qu’il a des accès incomplets.
Enfin si un seul groupe, surtout le groupe psychique, ou si un ou deux symptômes d’un de ces groupes, existent seuls, on dit que l’individu est atteint d’épilepsie larvée. Cette manifestation larvée a été parfaitement étudiée par Morel1. Ce nom de larvée est peut-être impropre. On devrait dire plutôt méconnue. Quoi qu’il en soit, l’épilepsie est une maladie essentiellement paroxystique à
accès plus ou moins éloignés et qui se montre dans le jeune âge, dans l’enfance même. Rarement elle se manifeste pour la première fois à l’âge adulte. Quand cela se produit, c’est que le plus souvent elle a été méconnue dans le jeune âge ou bien qu’elle est symptomatique d’une infection soit syphilitique, soit alcoolique, chez une personne prédisposée.
Ce qui caractérise surtout l’épilepsie, c’est rictus avec la convulsion, perte de connaissance, oubli complet de tout ce qui s’est produit pendant l’accès. Cette perte de connaissance avec oubli absolu de tout ce qui s’est produit pendant l’accès nous explique pourquoi cette terrible maladie, dans certains cas, est tout à fait méconnue de celui qui en est porteur. Quand les accès sont nocturnes, la maladie est non seulement méconnue du patient, mais encore de l’entourage, si surtout l’ictus ne s’accompagne d’aucune évacuation alvine. Or sachons (jue l’épilepsie débute presque toujours par des accès