Alexander, The Treatmenl of epilepsy
motrice, arrêtait les accès d’épilepsie chez un chien en expérience. On pourrait employer celte méthode dans les accès en série. Charcot conseillait l’application de glace sur la région précordiale chez les individus qui avaient une aura cardiaque.
M. F éré a obtenu la suspension d’accès en série chez des malades en leur appliquant des hottes de Junod, et il recommande l’usage de bains sinapisés et du drap mouillé sinapisé surtout dans les cas d’excitation maniaque. Pour lui ces moyens thérapeutiques agissent en modiiiant la tension artérielle, en la diminuant.
En présence de l’imminence d’un accès, nous devons protéger le malade autant que possible contre le choc, et éviter la suffocation. Certains malades tombent toujours en avant, d’autres en arrière, d’autres enfin sur le côté, quelques-uns s’affaissent sur eux-mêmes. Ceux qui tombent lourdement en avant, doivent porter un bourrelet autour de la tête pour se préserver d’une fracture du crâne. On ne doit pas les laisser seuls dans les appartements où il y a du feu, car ils peuvent en tombant se brûler atrocement et causer un incendie. On doit aussi leur recommander de ne pas prendre un métier qui les expose à une mort certaine dans la chute, tel le métier de couvreur, de matelot, de laveur, etc.
Enfin on évitera de faire coucher les épileptiques sur des lits élevés, car dans leur chute ils peuvent se blesser grièvement. Certains malades (nous en avons deux
TRAITEMENT
exemples dans le service) se font des luxations à répétition de l’épaule chaque fois qu’ils tombent et même cette luxation à répétition, survenant la nuit, a été pour Trousseau le signe diagnostique d’une épilepsie nocturne méconnue.
Une grande surveillance doit être exercée la nuit dans un service d’épileptiques, car le malade peut mourir étouffé en se tournant la face contre un oreiller. Il peut aussi s’étrangler avec ses vêtements et s’étouffer avec ses couvertures. L’oreiller de plume doit être banni, on doit employer l’oreiller de crin ou de varech. Ces oreillers, plus durs, ne peuvent entourer la face et produire la suffocation. A la période de stertor un épileptique peut encore mourir étouffé par la chute de la langue dans le pharynx par suite de la paralysie des muscles de la langue. Il faut, dans ce cas, mettre le malade dans un décubitus latéral; la langue tombe de son propre poids sur le côté et la suffocation disparaît. Si ce moyen ne suffisait pas, il faudrait faire des tractions sur la langue et employer la respiration artificielle.
Des inhalations d’éther, de chloroforme, de vinaigre aromatique, de nitrite d’amylc, de bromure d’éthyle, de sels anglais ont été employées pour suspendre les attaques d’épilepsie, mais ces moyens sont très aléatoires, très inconstants. Gela dépend du sujet sur lequel on opère. U y a des malades chez lesquels l’odeur de
l’éther produit ou aggrave l'accès au lieu de le faire disparaître. Le chloroforme produit le même effet chez certains sujets prédisposés. Le chlorhydrate de morphine, sous forme d’injections cutanées, amena dans certains cas des résultats heureux. Wallender1 obtint des succès avec l’apomorphine. Les injections de morphine ont un grand inconvénient; répétées elles produisent la morphinomanie, maladie, chez un dégénéré comme l’est l’épileptique, aussi terrible que l’épilepsie ellemême que l’on voulait combattre et que l’on ne fait pas disparaître. Aussi je ne conseillerai jamais cette thérapeutique.
Vous voyez que tous ces moyens employés contre l’accès paroxystique sont très inconstants ; chez certains sujets ils produisent de bons effets, chez d’autres, un résultat tout opposé. Gela tient à la prédisposition de chacun.
Nous avons exposé jusqu’à ce moment les moyens les plus favorables pour empêcher l’accès paroxystique; voyons maintenant ce qu’il faut faire quand le malade est en proie à son accès. Il faut, aussitôt que l’individu est à terre, dégraffer son col et déboutonner ou délacer son vêtement. On le placera sur le côté pour que la salive s’écoule facilement et que la langue ne vienne pas s’appuyer sur le pharynx. La tête sera très légère-